Une rupture polyamoureuse

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Je garde un assez mauvais souvenir de mes ruptures d'adolescente et de jeune adulte. Comme beaucoup d'autres à ces âges (et même plus tard), ça m'a mise à terre. J'ai eu l'impression que les larmes et la douleur ne s'arrêteraient jamais, que c'était la fin de tout, que plus rien ne serait possible. Plus jamais ça parce que ça fait trop mal et jamais un autre parce qu'il ne peut en être autrement. Bien sûr, comme beaucoup, j'étais encore bercée par l'idée du grand amour, l'amour idéal, l'amour qui dure jusqu'à ce que la mort nous sépare. Et comme beaucoup, je m'en suis toujours remise et j'ai rencontré quelqu'un d'autre. Puis, il y a eu l'homme avec qui je partage ma vie et, ce, depuis plus de quinze ans mais pas encore tout à fait vingt - j'évite de compter, ça me donne le vertige à chaque fois. L'idée que nous puissions finir nos vieux jours ensemble est aussi bien une sacrée possibilité qu'une incertitude absolue. Je n'ai ainsi plus connu de rupture pendant longtemps et ça n'était pas plus mal. Qui aime souffrir après tout ?

Puis sont arrivés le polyamour et la construction de nouvelles relations amoureuses. Chose que je ne pensais franchement pas revivre de sitôt, que j'appréhendais même un peu au début, car je n'avais pas non plus un bon souvenir des premiers émois et des perturbations qui vont avec (perte de sommeil, perte d'appétit, incapacité à se concentrer, peur de la fin alors que ce n'est que le commencement, etc.). J'ai heureusement redécouvert les papillons dans le ventre, les oiseaux qui chantent, les violons et, surtout, les envies de cul et de tripotage qui accompagnent l'amour-passion avec plus de recul et une certaine maturité. Ma première histoire polyamoureuse a essuyé beaucoup de plâtre, c'est incontestable. J'ai grandi avec elle. J'ai aussi été pas mal malmenée. Non seulement elle m'a permis d'apprendre à concevoir et organiser ma vie sentimentale autrement, mais elle aura aussi été l'occasion de ma première rupture polyamoureuse. Une rupture que je ne croyais pas possible.

Elle est très étrange, cette rupture polyamoureuse. Elle m'a semblé à la fois familière, mais sans comparaison avec ce que j'avais déjà vécu. Dans ce cas, personne ne la souhaitait, mais elle était devenue inévitable. Il y a des incompatibilités qui sont parfois insurmontables et j'essaye de rester fidèle à mon dicton personnel : si tu es plus souvent malheureuse qu'heureuse dans une relation, alors il faut partir. Ce que j'ai fait. Sauf que, cette fois, le monde ne s'est pas arrêté de tourner, car, à ce moment-là, je n'étais pas seulement en couple avec mon partenaire de vie, mais j'avais aussi un second amant depuis plusieurs mois. Au lieu de me recroqueviller sur moi-même pour ne faire qu'un avec ma douleur, ça m'a maintenu la tête hors de l'eau. Je ne me retrouvais pas seule, j'avais encore deux histoires d'amour à nourrir. Malgré ce trou béant dans une partie de mon cœur, j'ai fait mon maximum pour épargner mes deux autres bulles. Pour ça, je m'allouais du temps rien qu'à moi pour pleurer, souffrir, écrire et analyser ma peine. Ça n'a pas été un succès à 100 %, je me suis parfois écroulée dans les bras de l'un ou de l'autre quand le trou se serrait trop fort et que mes yeux débordaient. C'est sans doute ce qui en a aussi fait une rupture comme une autre, qui a pris le temps comme n'importe quelle autre pour cicatriser. Presque deux ans en l'occurrence. Et pendant tout ce temps, j'ai continué à vivre ma vie de couple au long cours et à baiser et à aimer du fond de mon cœur mon seul amant dorénavant. Le trou n'a pas été comblé par mes deux relations restantes, rien n'est venu compenser. Un tiers de moi était en deuil. Les deux tiers restants sont restés fonctionnels. La sensation était vraiment étrange : mon cœur et ma tête sont restés compartimentés.

Ce qu'il y a eu d'encore plus étrange, ça a été la réaction de mon partenaire de vie à qui je n'ai avoué qu'au bout d'un mois que c'était fini avec cet autre. Je me souviendrais toujours de la surprise, à la limite de la sidération, sur son visage. Il a été affecté par la fin de cette histoire qui ne le concernait qu'indirectement. J'ai compris ce jour que mes autres faisaient partie non seulement de ma vie, mais aussi de la sienne, même s'ils ne se sont jamais rencontrés.

Quant à l'amant, il a été là vingt minutes après la rupture, avant que je ne prenne la route pour rentrer pour s'assurer que ça allait. Il a été là pour m'écouter patiemment quand j'avais trop mal, alors même que ce n'était pas vraiment son rôle et que j'avais l'impression d'abuser de sa gentillesse. Il a été bien plus là que ce que la logique suggérait... 

Dans mon malheur, j'ai eu la chance d'être bien entourée. Non seulement par les quelques amis qui connaissent ce versant de ma vie et à qui j'ai pu me confier en boucle, mais aussi par les hommes dans mon cœur. C'est quelque chose de rare et d'inédit que j'ai l'impression d'avoir vécu. On ne sait jamais où une relation amoureuse nous mènera, ce serait trop facile. Avec le temps, j'ai appris à accepter qu'elle puisse se terminer, qu'il puisse y avoir de la souffrance temporaire à la clé, mais que ce ne sera jamais la fin du monde. Aujourd'hui, c'est ce qui me permet de vraiment profiter de chaque relation pour ce qu'elle est et ce qu'elle m'apporte. Je suis aussi sans doute plus vigilante au quotidien  pour m'assurer que mes relations vont bien et je m'investis en me posant moins de questions sur un avenir lointain de toute façon imprévisible. Après tout, on verra bien.
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Éloge du cul (et autres textes) d'Alain Paucard

Manuel pratique complet de l'enculage du sexe dit "faible" par le sexe dit "fort", Éloge du cul, certes fort détaillé dans ses différents articles, ne se limite pas à des recettes pratiques.
Il est parcouru d'un bout à l'autre – certaines lectrices dussent-elles s'en indigner – par une tendresse venue du fond du cœur.
Dans la jouissance en effet, estime Paucard (et il s'efforce de faire partager la sienne à sa partenaire), "Soyez certain que dans ces moments-là [...] se réalise l'incroyable unité des contraires. Aucun d'eux ne se préoccupe tant soit peu de l'autre et pourtant, miracle, les deux jouissent. En quelques minutes, d'esclaves, nous sommes devenus égaux."
Ainsi débarrassés de tout altruisme déplacé, les partenaires peuvent donner libre cours, à loisir, et chacun de leur côté, à leur jouissance personnelle.
Qu'en pensez-vous ?

Ce que je ne pourrai pas reprocher à Alain Paucard, c'est de manquer d'humour, car il me faut l'avouer, j'ai souvent ri en lisant ses écrits. Ce que je pourrai lui reprocher par contre, c'est quand même d'être de la vieille école, misogyne et réac en sus. Bien sûr, il faut remettre ces textes dans leur contexte d'écriture, c'est-à-dire du milieu des années 70 au début des années 90 ; à l'époque, ça passait aussi bien qu'une playmate un soir de 1984 sur TF1, aujourd'hui, certaines considérations, ne serait-ce que sur l'anatomie féminine, sont datées. 

Le personnage, qui ne se cache pas d'être libertin et dominant, aime les femmes, un peu à l'image d'un Wolinski, dont certains dessins passeraient moins bien de nos jours, alors que lui aussi aimait profondément les femmes et visait particulièrement juste. Paucard aime les femmes, donc, mais les préfère néanmoins quand elles vont dans le sens de son plaisir à lui. Ouste ! celles qui rechignent à avaler, à se faire prendre en levrette et à se faire sodomiser. Ouste ! aussi celles qui chipotent trop, sont prises de tête ou féministes. Ce qui ne semble jamais avoir privé l'auteur d'un certain succès.

Heureusement, le bougre se rattrape avec son esprit et son humour. Les textes, qui n'excèdent que rarement les trois pages, s'attaquent aux pratiques, au vocabulaire du sexe, aux relations homme/femme, à des thèmes de société, etc. Ces réflexions sur le bon usage des mots vulgaires au lit, le fétichisme ou les avantages de la levrette mettent dans le mille et semblent intemporelles. À moins qu'elles ne me parlent tout particulièrement peut-être. En tout cas, l'ouvrage fourmille de jolies formulations, parfois très visuelles, comme la suivante :

Le trou du cul ne s'aperçoit pas directement, il faut écarter les globes. Les femmes intelligentes l'offrent d'elles-mêmes. Les hommes intelligents y présentent d'abord la langue.

J'ai envie de dire : balle au centre. Un peu comme mon avis sur ce livre finalement.
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La fessée de Noël


Extraordinaire cadeau de Noël livré en avance et qui, à mon avis, ne pouvait pas tomber entre de meilleures mains. J'adore l'idée.
Mais qu'est-ce donc ? 
Réponse : Une boîte pleine de malice concoctée par La Fesse cachée et véhiculée jusqu'à moi par un père Noël attentionné que mon enthousiasme a dû bien amuser.

J'ai tellement aimé découvrir les surprises et les bonnes idées que j'ai eu envie de les partager. Attention : séquence unboxing pour public averti, féministe et décalé.


Ceci n'est pas un pipe, mais j'ai rajouté un indice.
Hu ! Cocotte en culotte ! 
Parfait pour le prochain strip-tease de celui qui m'a offert cette boîte.
Plus c'est long...
Ça, c'est une idée aussi utile que géniale. Même si c'est un petit rappel à une réalité moins géniale.
Parce qu'il en manquait plein à ma collec :D
Pour cogiter à deux à la rentrée...
...ou effectivement se délier la langue et les doigts...
Un tube à essai
contenant une formule magique.
La petite boîte dans la grosse boîte...
... avec un secret bien gardé à l'intérieur.
Le bouton magique, le seul, l'unique (et son string). 
De la simplicité de l'érotisme polaroïdesque. 
Qui ? Où ? Comment ? Seule ou à deux ? Et la culotte, elle est où ? (Non, pas là, ça se verrait.) 
Un carnet collector...
... avec déjà des dessins (entre autres).
En cas de pénurie de trucs à sucer pendant les vacances ?
Une mante religieuse.
J'ai déjà fait perdre la tête à quelques personnes en effet.
Des conseils de petites choses à regarder seule ou à plusieurs. 
Le mini-album de la comtesse...
qui est en fait l'instant culture et révisions.
My...stère.



The End.

P.S. : Passez de bonnes fesses de fin d'année. 
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Lu ailleurs #32


  • Les 10 chiffres clefs de l'enquête sur la bisexualité réalisée par l'Ined : Bon, l'apocalypse n'est pas pour demain, nous ne serions que 0,9 % de femmes et 0,6 % à être bis. À compléter par un article sur Slate : Les femmes bisexuelles ont plus de partenaires masculins que les hétérosexuelles.
  • Pourquoi certaines soumises crient « Cornichon » : Je n'ai convenu d'un safeword avec un partenaire que lors de ma toute première séance avec lui et toute première séance tout court pour moi. Par la suite, il a été convenu que si je disais "stop", ça voulait vraiment dire "stop". À noter que je ne dis jamais "non", tout simplement parce que je parle peu. C'est sans doute aussi parce qu'on ne m'impose rien que je n'ai plus ou moins vu venir et que j'aurais eu tout loisir d'écarter en amont de la séance si vraiment ça posait problème. Même la douche froide qui m'a été si désagréable. Et je vais aller dans le sens de ces "inconscients" qui sont pointés du doigt dans l'article, mon partenaire actuel avec qui je pratique depuis quelques années a appris à me lire avec le temps, et il sait lire ce qui n'est pas mentionné dans l'article : le changement d'intonation de ma voix. Dans la mesure où nous ne jouons ni avec les limites, ni avec le perpétuel dépassement de soi, ni avec un public, nous considérons actuellement qu'un simple "stop" nous suffit. Je n'exclus cependant pas totalement l'usage d'un mot d'arrêt de nos jeux, mais il faudrait que les circonstances s'y prêtent un peu plus.
  • Insurrection Bêta : rêve érotique sanglant ?
    Pourquoi celles qui assimilent la galanterie à du « chauvinisme mâle » préfèrent-elles sortir avec des hommes plus âgés et plus riches ? Pourquoi aiment-elles regarder Pretty Woman ou lire 50 nuances de Grey alors qu'elles crachent sur la phallocratie ? Les mâles bêta dénoncent ces contradictions comme autant de preuves que les femmes ne méritent aucune pitié.
    Pourquoi les mâles bêta continuent-ils de déverser leur bile aigre parce qu'ils ne sont pas des alphas, donc des Christian Grey, plutôt que de réinventer les codes pour enfin avoir une vie épanouissante ?
  • Polyamorie : Des définitions et nuances que je n'utilise pas vraiment, mais j'ai vu le film par contre. 
  • Pas de sexe sur les réseaux sociaux : c'est officiel, les censeurs de Facebook ont pété un boulon : Après Tumblr, Facebook durcit la censure. Le monde ne remerciera jamais assez les lois SESTA et FOSTA. Surtout que là, il ne s'agit pas de simplement lutter contre le trafic sexuel des humains.
    Du contenu qui offre ou demande d’autres activités pour adultes telles que :
    - De la pornographie à des fins commerciales
    - Des partenaires qui partagent des intérêts fétichistes ou sexuels
    Quid du flou autour de la définition même de la pornographie... de la recherche de modèles pour des photos dénudées ou tendancieuses dans un but purement artistique voire militant... de l'organisation d'atelier de shibari...
    Il serait un peu facile de simplement dire : "Facebook, si on ne l'aime pas, on le quitte" ou "Mais il y a des lieux dédiés pour ça". (Ce qui, avec SESTA et FOSTA, est déjà moins vrai, les lieux dédiés sont emmerdés aussi.) Il n'en est pas seulement du devenir du côté organisationnel des activités entre adultes consentants, mais aussi de l'image du monde tel que des décisions comme celle de jeter un voile de pudeur sur la sexualité et les corps impliquent sur la perception de la réalité. Facebook, c'est 2,27 milliards d'utilisateurs actifs chaque mois et 1,49 milliard d'utilisateurs actifs chaque jour dans le monde. Trop de gens ne sont plus dans une démarche active de regarder le monde autrement que par les filtres de Facebook. Facebook, c'est facile, tout arrive sur son fil sans rien faire. Sauf que Facebook n'est pas neutre, l'est de moins en moins et touche beaucoup beaucoup de monde ; il fait désormais partie de nos vies. Donc, ce que censure ou favorise virtuellement Facebook pose un problème bien réel qui a des conséquences bien réelles aussi.
    C'était également le sujet d'un Instant M cette semaine : Peut-on confier le nu et le sexe à Facebook ? qui fait suite à la tribune de Romy Alizée dans Libération.
  • Un peu de légèreté avec deux conseils podcast. 
    Entre nos lèvres : des témoignages de femmes et d'hommes qui parlent de leur rapport à la sexualité, de leur enfance à maintenant, avec les galères, les accidents de parcours, les drames, les rires, les larmes et moult anecdotes. C'est frais, ça fait du bien.
    - Le Verrou : des extraits de livres, des passages chauds bouillants en quelques minutes. Et ça marche.
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Fragments d'un discours polyamoureux de Magali Croset-Calisto



Présentation de l'éditeur : Comment déjouer les échecs de la vie conjugale ? Comment faire de la vie de couple une relation harmonieuse et durable ? Un témoignage qui propose une nouvelle façon de vivre les échanges amoureux.

Face à l'échec du mariage, il est temps de réfléchir à de nouvelles façons de vivre le couple. 
En plein essor en France et en Europe, le polyamour peut être une solution. 
Le polyamour n'est ni libertinage, ni aventure d'un soir : c'est l'art d'aimer plusieurs personnes à la fois, de manière libre, respectueuse et assumée. 

Comment sait-on que l'on est polyamoureux ? 
Quand et comment le devient-on ? 
Comment fait-on pour gérer la jalousie entre les partenaires ? 
Autant de questions que la sexologue Magali Croset-Calisto aborde à travers un témoignage de vie moderne et audacieux construit tant à partir de son vécu de femme que de son expertise en cabinet de consultations. Car quoi de mieux que l'expérience personnelle et l'approche professionnelle d'une sexologue pour évoquer en toute intimité les différents enjeux de l'amour et de la sexualité dans notre société ?



L'ouvrage porte assez bien son titre, il faut le reconnaitre. Il ne s'agit pas à proprement parler d'un essai sur le sujet du polyamour, mais effectivement plutôt de fragments de pensée noyés dans tout un tas d'autres considérations. Et c'est sans doute là que réside le problème principal de ce livre. Magali Croset-Calisto est sexologue et polyamoureuse, elle a donc accès à la fois la théorie et à la pratique intime pour étayer son propos. Autant dire qu'elle maîtrise son sujet et que certains passages sont percutants de lucidité. Le hic, c'est qu'elle ne savait visiblement pas trop comment présenter les choses. Elle s'est donc embarquée dans la confection hasardeuse d'une soupe à base d'échanges avec ses amants, avec son rédacteur en chef, avec une journaliste, avec des patients dont elle dit ne pas pouvoir s'inspirer pour des raisons éthiques, mais qui sont tout de même présents pour d'autres raisons, et d'une mise en abyme maladroite sur l'écriture même du livre. Planant sur tout ça, il y a en plus un sentiment d'urgence à écrire motivé par le besoin d'être une des premières à en parler et par la mission confiée par l'un de ces amants dominant qui lui impose un silence radio total tant que le livre n'est pas achevé. Broderie et répétitions deviennent rapidement les signes évidents de cette urgence. Son ouvrage sur le bondage, sorti la même année, ne souffre pas des mêmes problèmes, sans doute parce qu'il n'a pas été l'objet d'un quelconque défi ou d'une course contre la montre.

Une fois le tri fait, il reste quand même un peu de matière à réflexion : des choses bien vues et bien dites, des pensées de la sexologue, des pensées de philosophes et des réalités sur la vie de couple qui mériteraient d'être énoncées au journal de 20 h de TF1. Finalement, l'essentiel est dit dans l'avant-propos qui semble avoir été conçu après coup en repiquant les meilleures phrases du livre. Les passages sur les différentes structures du couple et sur Eros et Philia sont très intéressants aussi. Pour le reste, c'est un peu trop léger pour en faire un ouvrage de référence sur le polyamour. Le sujet méritait un peu plus de sérieux dans l'approche et dans le traitement.



Car le polyamour, c'est cela : la faculté de pouvoir aimer et désirer plusieurs personnes en même temps, sans que cela n'ôte quoi que ce soit à chacune des relations vécues. Fondé sur la réciprocité des échanges, le polyamour engage la conscience que le bonheur, la joie et les plaisirs vécus sans nous, ne nous enlèvent rien à nous. Au contraire. Cela témoigne de la force de confiance qui se joue entre deux êtres. La sexualité n'est pas un gage exclusif de fidélité.
Fragments d'un discours polyamoureux est une invitation au voyage pour les créateurs et les questionneurs de l'amour. Une invitation au voyage humaniste et poétique. En tant que transport amoureux, transport philosophique et transport psychique proposant une autre culture de l'art d'aimer. Car toujours, le polyamour honore et cultive la rencontre d'exception. Une exception telle qu'elle ne peut s'ignorer. De la rareté d'une rencontre. De la possibilité aussi de cumuler les raretés lorsqu'elles adviennent de manière concomitante. Voilà en quoi le polyamour est exigeant, altruiste et éclairé. La disponibilité du polyamoureux est une prédisposition non pas à la facilité mais à l'exception. Aux ravissements qui scandent et définissent une vie. Aux rencontres qui créent une poésie.
Il faut accepter le plaisir sans se cacher : la plupart des gens s'interdisent le plaisir dès qu'il est permis. Il est plus facile de prendre du plaisir dans la transgression, c'est-à-dire de voler son plaisir en se cachant derrière quelqu'un représentant l'interdit, que de s'autoriser cette ouverture, cette suspension pour profiter des moments où l'on est ensemble sans se réfugier contre quelqu'un supposé l'interdire.
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200

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Ceci est le 200e post de ce blog.

Bientôt 5 ans de libertinage, de polyamour, de BDSM, et 5 ans d'écrits.
Un gentil petit travail de fourmi débuté le 3 mars 2014. Je ne pensais honnêtement pas atteindre un tel nombre.

Ce blog est à mon image, il semble partir dans plein de directions différentes, surtout si on arrive en cours de route, mais il forme un tout très cohérent, de mon point de vue en tout cas.

Les textes érotiques du début ont été progressivement remplacés par le regard que j'ai posé sur les différents milieux que je fréquente de près ou de loin. Et puis est venue une montée en abstraction sur mon propre parcours, mes choix, mes envies, alimentée par mes lectures, mes visionnages, mes rencontres. Beaucoup de choses ont changé en 5 ans et ce blog me sert à pleinement les mesurer. Le but premier était donc de consigner au fur et mesure pour moi, pour garder un œil sur mon passé et mon cheminement.

Mais, dans beaucoup de mes démarches, il y a aussi une forte notion de partage, même si ça ne mène pas forcément toujours à l'échange. Ce partage a été très érotique au début et ciblait surtout mes partenaires pour qui j'écrivais et pour qui j'écris encore de temps en temps. Puis, j'ai voulu partager mes pensées et mes convictions, non pas par prosélytisme ou en tant que détentrice d'une vérité, mais plus dans l'idée d'éveiller la curiosité, de soulever des questions, de permettre la pensée. C'est d'ailleurs ce que je recherche aussi en priorité dans mes lectures. À l'heure actuelle, il me parait essentiel de faire l'effort de penser, d'analyser, de remettre en question et ne pas foncer tête baissée dans les filets de l'émotionnalité. Ce blog est donc aussi ma modeste contribution à cette cause qui me tient à cœur.

Joyeux 200e post, petit blog. Et à bientôt pour de nouvelles aventures !
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