vendredi 31 mars 2017

Induction, autohypnose et blondeur




Espace marginal bas : Cet espace se produit quand le dom dirige l’attention du sub. Ceci peut se produire aussi délicatement qu’un regard, un contact léger, un petit bruit ou n’importe quelle combinaison de ces derniers. Le sub est en continuelle attention, souvent par le regard ou l’audition de la prochaine commande venant du dom. Si l’interaction entre dom et sub est recherchée, il est préférable de rester dans cet espace.

Aux prochains niveaux le sub est incapable de transmission, d’articuler des simples mots, étourdi.

Espace blond : Dans cet état, le Q.I. du sub tend à diminuer progressivement, mais revient à la normale à la fin de la séance. Il se sent devenir plus lent mentalement. À ce moment le sub ne peut pas distinguer le danger, il est incapable d’utiliser un véto car il lui est devenu incompréhensible. Encore, une autre raison pour laquelle la confiance du dom est essentielle. Le sub ne peut pas penser pour lui-même, incapable de décider s’il en a assez, s’il est temps d’arrêter. C’est dans cette situation que le dom devra utiliser son jugement.
BDSM Attirance, même si je préfère cette page en anglais.

J'avais déjà évoqué ces états dans un précédent post sur la douleur. Je ne sais pas trop d'où sort cette description d'ailleurs (des USA, a priori quand même), mais je reconnais néanmoins des états très proches de ce que j'ai déjà pu vivre. La majorité du temps, lors de mes amusements BDSM, je reste consciente de ce qui m'arrive, mais je fais facilement abstraction de mon environnement. Autrement dit, je suis concentrée sur mon partenaire et moi. L'espace marginal bas reste l'état que je fréquente le plus souvent. Je suis devenue blonde une seule et unique fois il y a trois ans. Depuis, plus rien, alors que j'en garde un bon souvenir. Forcément, je me suis longuement interrogée sur le pourquoi du comment. 

Comme d'habitude, j'ai lu. Notamment sur les états modifiés de conscience. Pas exhaustivement, parce que le sujet ne m'intéresse pas plus que ça et parce qu'il y a des parts de mystère que je tiens à préserver pour continuer à expérimenter tranquillement, mais suffisamment pour avoir une idée de ce qui avait pu se produire ce jour-là. Une longue série d'échanges sur un forum dédié au BDSM m'a mise sur la piste de l'induction et de l'autohypnose qui auraient permis d'atteindre exceptionnellement cet espace blond. À moins que ça ne soit, en fait, pas tout à fait ça.

Retour en arrière. J'avais, à l'époque, un partenaire libertin que la soumission et la douleur tentaient et qui avait cette petite odeur de dominant qui me titillait les narines. La relation de confiance était établie puisque nous nous fréquentions depuis un moment. Il s'agissait pour moi d'un premier passage à l'acte plutôt safe, donc. Sauf que j'étais celle des deux qui avait le plus de connaissances théoriques sur la façon de procéder : de la communication à l'utilisation de certains accessoires. J'ai donc servi de guide en lui fournissant les informations essentielles, mais en faisant attention de ne pas trop le prendre par la main non plus.

En plus des discussions, je me suis servi d'un texte pour transmettre une idée de scénario et quelques envies. Pour l'écrire, il a fallu, comme à mon habitude, que je me projette dans le moment, que je le vive pour le poser sur le papier et le rendre palpable. C'est sans doute là que le conditionnement a commencé. J'ai lu et relu mon texte pour m'en imprégner parce qu'il y avait des points qu'il me fallait respecter à la lettre dès mon arrivée dans la chambre. Puis le jour venu, j'ai eu une bonne heure de route pour continuer à y penser, à tout répéter dans ma tête, encore et encore, entre boule au ventre et excitation, peur d'oublier et hâte de me livrer à lui.

J'étais à point.

L'arrivée dans la chambre s'est faite dans le plus grand silence. Je rentrais alors dans le scénario, je sortais les accessoires en tremblant et toute mon attention s'est portée sur lui à chaque fois qu'il a sanctionné mes maladresses par des soupirs et ma lenteur par des tapotements de pied sur le sol. Ce qui a bien sûr amplifié ma fébrilité. Je me suis ensuite positionnée en face du miroir, regard baissé et j'ai attendu. Puis il y a eu les premiers contacts physiques, les premières paroles, le ton de sa voix. Je me souviens avoir souri un peu nerveusement et d'un regard échangé, sans vraiment chercher à le défier, ou alors totalement inconsciemment. Le recadrage a été sec et efficace. Je pense que c'est à ce moment que le déclic a eu lieu et que j'ai perdu le fil. Je me suis laissée porter. Il y a eu des jeux de pinces, des coups de cravache et des fessées. Cette partie était scriptée dans les grandes lignes. Pas la suite. Je ne me souviens d'ailleurs pas aussi bien de ce qui s'est passé ensuite. Vaguement d'avoir été positionnée et repositionnée et prise dans la foulée. Puis de m'être rhabillée. C'est en sortant de la chambre, quand mon partenaire m'a demandé si ça allait que j'ai repris mes esprits. Le claquement de doigt. Il s'est assuré que j'étais bien en état de rentrer chez moi et j'ai profité de mon état de bien-être le reste de la journée.

Au milieu de tout ça, il y a eu ce moment très très bizarre pour moi où je me suis retrouvée incapable de répondre à des questions très basiques. Impossible de construire une phrase. Même un oui ou un non me demandait un réel effort. La sensation était vraiment celle d'avoir un mur dans le crâne. Forcer ce mur ne me paraissait pas impossible, mais je sentais aussi que ça allait me ramener à la réalité sans possibilité de retour dans l'état précédent. Comme je me sentais bien et pas en danger, je n'ai pas lutté contre ce mur. En y réfléchissant à postériori, c'était même précisément cet état que je recherchais. La chance du débutant avait frappé.

C'est le fait de n'avoir jamais pu retrouver cet état qui m'a fait m'interroger sur les déclencheurs et surtout sur ce qui m'avait manqué par la suite pour que ça ne se reproduise jamais. Le ton de la voix, une main sur la nuque, certains gestes font partie des éléments importants et suffisent à me faire basculer dans l'espace marginal bas. La confiance en mon partenaire en est une autre et je sais que ça pêche un peu de ce côté-là. D'un autre côté, la confiance ne se force pas. Mais ce qui manque par-dessus tout, c'est l'induction et l'autohypnose que j'ai réussi à mettre en place un peu par hasard. 

L'état hypnotique ou transe hypnotique est considéré comme un état modifié de conscience.
C'est un état de veille caractérisé par une conscience à la fois rétrécie (par focalisation de l'attention ou par une concentration extrême) et à la fois élargie (par une sorte de disponibilité à soi et à l'environnement). La transe se manifeste par un état de concentration accrue avec une diminution de la réceptivité aux stimuli extérieurs et une réorientation de l'attention focale vers les phénomènes internes.
Le corps est dans un état de léthargie, de détente profonde, accompagné d'un désintérêt envers tout effort, des sensations de flottements, de légèreté, la musculature est relaxée, la respiration et le pouls ralentis, la tension artérielle diminuée. Le sujet décrit des sensations inhabituelles, parfois paradoxales : lourdeur et légèreté, modification du schéma corporel, fourmillement dans les extrémités, sensation d'être complètement présent tout en étant ailleurs.

Ouep, y a de ça en effet.

Que faire maintenant ? En trois ans, j'ai évolué dans mes pratiques. Je ne scénarise plus autant. Mon fonctionnement n'est plus le même. Celui de mes dominants successifs non plus. L'improvisation et la fluidité ont pris le dessus. J'ai donc, sans le réaliser, enlevé un des éléments déclencheurs qui me parait être la clé. 

Bien sûr, maintenant que j'ai analysé le phénomène, ça peut aussi bien faciliter les choses que les compliquer. Surtout dans la mesure où je continue à regarder l'hypnose un peu de travers à cause de certaines pratiques (comme le conditionnement à l'orgasme et autres fausses bonnes idées un peu limite niveau Sane, Safe, Consensual). Le niveau de confiance qu'il faudrait que j'aie en mon partenaire pour le laisser très volontairement m'hypnotiser ou tout du moins réitérer un schéma comme celui ci-dessus, reste à ce jour d'une rareté extrême. Voire unique. Mais cet "unique" me permettra néanmoins de tester dans un environnement protecteur et sécurisant un fichier audio d'hypnose érotique dégoté sur le net. Un simple essai pour mesurer l'intérêt de l'induction et de l'hypnose quand j'y mets de la bonne volonté. Au mieux, ça marche, je prends mon pied et j'en fais un post, au pire, ça me sert de séance de relaxation. En tout cas, j'ai bien compris que si je ne veux pas, alors ça ne marche pas.

mercredi 29 mars 2017

Lu ailleurs #15


  • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le bondage (sans jamais oser le demander) : Un article des Inrocks qui aborde les choses de manière plutôt originale.
  • Sexualité : qu’est-ce qu’un bon coup ? Autant dire que les autoproclamés rois du cunni peuvent aller se rhabiller fissa.
    Dans ce chaos, je n’ai qu’une certitude. Dès lors qu’une personne se définit comme un bon coup, publiquement ou secrètement, elle est à mon humble avis, automatiquement, disqualifiée. Un bon coup ne s’autoproclame pas. Il ne doit son existence qu’au ressenti des autres, ponctuellement. Il appartient à un état transitionnel, une connexion : le bon coup est toujours, finalement, même pour un soir, un bon couple.
  • Le polyamour dans la Tête au carré : un traitement en surface, mais toujours avec curiosité et ouverture d'esprit.
  • Polyamour sur le blog de Philippe Brenot, justement invité de l'émission ci-dessus, avec son avis sur le livre Fragments d’un discours polyamoureux de Magali Croset-Calisto.

jeudi 23 mars 2017

Lu ailleurs #14