mercredi 27 septembre 2017

Gamiani ou deux nuits d’excès d'Alfred de Musset



Chantez, chantez encore, rêveurs mélancoliques,
Vos doucereux amours et vos beautés mystiques
Qui baissent les deux yeux.
Des paroles du cœur vantez-vous la puissance,
Et la virginité des robes d’innocence,
Et les premiers aveux.

Ce qu’il me faut à moi, c’est la brutale orgie,
La brune courtisane à la lèvre rougie
Qui se pâme et se tord ;
Qui s’enlace à vos bras dans sa fougueuse ivresse,
Qui laisse ses cheveux se dérouler en tresse,
Vous étreint et vous mord !

C’est une femme ardente autant qu’une Espagnole,
Dont les transports d’amour rendent la tête folle
Et font craquer le lit ;
C’est une passion forte comme une fièvre,
Une lèvre de feu qui s’attache à ma lèvre
Pendant toute une nuit.

C’est une cuisse blanche à la mienne enlacée,
Une lèvre de feu d’où jaillit la pensée ;
Ce sont surtout deux seins.
Fruits d’amour arrondis par une main divine,
Qui tous deux à la fois vibrent sur la poitrine
Qu’on prend à pleines mains !

Eh bien ! venez encore vanter vos pucelles
Avec leurs regards froids, avec leurs tailles frêles,
Frêles comme un roseau ;
Qui n’osent d’un seul doigt, vous toucher, ni rien dire,
Qui n’osent regarder et craignant de sourire
Ne boivent que de l’eau !

Non ! vous ne valez pas, ô tendres jeunes filles,
Au teint frais et si pur caché sous la mantille
Et dans le blanc satin,
Les femmes du grand ton. En tout, tant que vous êtes,
Non ! vous ne valez pas, ô mes femmes honnêtes
Un amour de catin !


Extrait de la préface de Gamiani ou deux nuits d’excès d'Alfred de Musset.

mardi 19 septembre 2017

Florilège #12

Lui : Jours comment tu allais ? Je vous trouve vraiment très jolie et j'aimerais échanger des messages avec vous et ta montre connectée
Moi : Bonjour, ça va être difficile, je n'ai pas de montre connectée.


Lui : Mes regles sont qu'il faut faire ce que l'on veut par son propre plaisir.alors si ton envie est de discuter et rien ..rare mais j accepte mes propres regles
Moi : Hé, ça tombe bien, moi aussi j'ai mes règles !

lundi 18 septembre 2017

Lu ailleurs #18

  • D'homosexuel à hétérosexuelle : ce qu'une transition change en matière de sexe (sur Vice) : La solution la plus efficace pour comprendre ce que vit l'autre, c'est finalement de changer de sexe.
  • Un shooting d'Aneta Bartos, des hommes qui se font plaisir juste pour le plaisir des yeux.
  • Porno : Délivre-nous du mal ? (sur Libération) : une nuance très intéressante entre libération et délivrance.
    Nous ne voulons pas être libérés, mais… délivrés
    Arrivé à ce stade, Miller émet une distinction géniale entre deux mots : libération et délivrance. Ce n’est pas la même chose, dit-il. « L’homme ordinaire ne veut pas être libéré […] N’ayant pas la foi, il ne peut jamais commencer à savoir la signification de l’amour. Il cherche la délivrance, non la libération, ce qui revient à dire qu’il préfère la mort à la vie. » Cherchant la délivrance, l’homme ordinaire se rue dans ces divertissements qu’on appelle la guerre, le tourisme ou la consommation. Il s’offre des frissons à doses homéopathiques. Un peu de mort, pour apprivoiser ses craintes. Un peu de sexe, pour s’oublier. Un peu de plaisir. Dans le contexte de la modernité occidentale, l’homme ordinaire souffre d’avoir à porter le fardeau de son Moi et les divertissements lui servent à tuer temporairement ce Moi, auquel malgré tout il tient. Alors il cherche non pas à s’en libérer, mais à s’en délivrer et c’est ici que Henry Miller donne l’estocade : dénonçant « les fondrières du complexe sadistico-masochiste qui s’est fixé comme un cancer au cœur de notre vue civilisée », il en appelle au dépassement de l’obscénité. Se repaître d’obscénité, dit-il, c’est toujours en rester au stade du cocon. Il faut sortir !
  • N’ayez pas peur de l’orgasme solitaire (sur Slate) : les parallèles sont amusants. 
  • Le XXe siècle a vu l’épanouissement d’une sexualité de type communiste. Tout aussi contraignante, la sexualité communiste exige une égalité parfaite, donc une jouissance simultanée. C’est la sexualité des jeunes couples amoureux, la dictature de l’orgasme mythique, les yeux dans les yeux. (Et comme l’idéal communiste, ça n’existe pas.)
  • Femme actuelle (sur Arte Radio) : Très joli auto-portrait par une nana qui n'a pas la langue dans sa poche et qui est rigolote comme tout. Pour avoir écrit un poème sur la peau des couilles d'un amant, je crois pouvoir dire que nous avons quelques points communs, elle et moi. 
    Zoé, 30 ans, aime parler de sexe et le pratiquer. Elle enchaîne les histoires de cul en tous genres, avec des garçons et plus rarement des filles. De ses émois enfantins à ses plannings de baise, elle fait de ses désirs un terrain de jeu et d’exploration. 
  • Le clitoris, clé du plaisir féminin (sur Le Monde) : Le sujet de la rentrée.
    Beaucoup de raisons pourraient expliquer notre aveuglement. J’en citerai trois essentielles. Tout d’abord, nous sommes horriblement paresseux, et/ou nous estimons que la sexualité est un faux sujet (tiens donc). Ensuite, l’efficacité du clitoris rend la pénétration dispensable : notre idéal de fusion sexuelle s’écroule… en entraînant au passage notre idéal de fusion amoureuse (aïe). Enfin, nous refusons de parler du clitoris parce qu'il faudrait alors redéfinir la place du pénis dans l’orgasme – et peut-être au passage, la place des hommes. Combien de temps pourrons-nous refuser d’avoir cette conversation ? C’est peut-être là que se trouve le plus grand des mystères.