jeudi 30 novembre 2017

Les Trois talents 2 : Le Gardien des secrets d'Emma Cavalier


Avis sur le tome 1.

Il parait que dans le tome 1 Élisabeth avait un comportement autodestructeur. Ça n'en avait pas du tout l'air. De mon point de vue, il s'agissait simplement d'une jeune femme qui explorait librement ses fantasmes, y compris ceux qu'elle ne se connaissait pas. Dans le tome 2, Élisabeth donne dans l'autoflagellation. Et celle-ci est, cette fois, indéniable. Entre tout ce qu'elle regrette d'avoir fait et tout ce qu'elle croit héréditaire et dont elle ne sait quoi faire, on est à la limite de l'auto lavage de cerveau qui fait mal au cœur du lecteur. On ne peut alors souhaiter qu'une chose, c'est qu'elle reprenne pied, et vite. Bien sûr, les choses ne seront pas si simples sinon il n'y aurait pas de rebondissements.

De l'autre côté de l'Atlantique, Lex se reconstruit à sa manière dans un microcosme arty/BDSM. C'est lui qui occupe le devant de la scène cette fois, ou en tout cas les trois quarts de la scène. 

Ce qui a fait le charme du tome 1 n'est plus présent dans la première partie du livre. L'écriture est pourtant la même, la construction et l'évolution psychologiques des personnages restent cohérentes, mais d'un coup, le charme a été rompu. D'un coup, je me retrouve, comme souvent, hors du cœur de cible de l'ouvrage et le grand écart est trop large pour que j'arrive à prendre le moindre plaisir à ma lecture. Les personnages ne me font pas rêver ni fantasmer, ils ne m'intriguent guère plus, car il y a une certaine logique dans l'ensemble qui permet de prévoir les grandes lignes. Le fameux Dominique ne fait rien vibrer, pas plus que les cercles fréquentés par Lex à New York. Tout ça a malheureusement provoqué un profond ennui qui m'ennuie un peu, car ce n'est pas un mauvais livre en soi, c'est juste que je n'y trouve plus ma came. 

Pour rappel, l'ouvrage est publié dans le rayon New Romance, un segment de la littérature romantique qui cible les jeunes adultes de 18 à 25 ans et qui mêle histoires d'amour naissantes et érotisme torride. Je suis un peu trop loin des premiers émois pour que les grosses ficelles fonctionnent et d'ailleurs, je n'avais pas vraiment prêté attention à l'histoire d'amour dans le tome 1. Malgré tout, le livre est particulièrement bien calibré et je lui reconnais, comme pour la tome 1, la qualité du réalisme. Avec moi, ça ne marche pas, mais j'imagine que nombre de jeunes femmes et autres grandes romantiques vont être émoustillées par cette histoire qui semble les faire sortir un peu de leur zone de confort sans pour autant trop les brusquer. Je ne me rends pas compte de l'impact, mais je trouve très bien que ce soit fait avec une présentation positive du BDSM. C'est vraiment le grand atout de cette série.

dimanche 19 novembre 2017

Les Trois talents 1 : Le Conteur d'histoires d'Emma Cavalier



Quatrième de couverture : Quand les rivalités attisent le désir...
Brillante et ambitieuse étudiante en journalisme, Élisabeth est stagiaire pour le quotidien Azur matin.

Face à elle, un redoutable rival, Alexander Welles.
Et quoi de mieux pour tenir sa concurrente que d'avoir les preuves qu'Élisabeth utilise son ordinateur pour se rendre sur des sites de rencontres ?

Alexander va exercer un chantage sur Élisabeth : soit elle passe la nuit avec lui, soit il révèle son secret. Il va entraîner Élisabeth dans des jeux érotiques qui répondent aux fantasmes enfouis de la jeune femme qui se donne sans retenue aucune.

Tombera-t-elle amoureuse de son rival et maître chanteur ? Devra-t-elle choisir entre la réussite et l'amour... ?



Je spoile un peu sans spoiler totalement.

Parfois, il y a du bon à lire en numérique, ça évite de juger un livre à sa couverture et de le jeter contre en mur en insultant l'éditeur parce qu'il y en a marre de tous ces mecs qui ne ressemblent à rien sauf à un cliché sur pattes, et encore moins au personnage masculin principal qui a donc une barbe de trois jours, des poils et moins de muscles.
Parfois, il y a du bon à ne pas s'arrêter à la quatrième de couverture, parce que les histoires de chantage associées à des faveurs sexuelles, ça me fait très moyennement rêver puisque j'ai déjà croisé des hommes, soi-disant libertins, qui cherchent la moindre faille chez une femme pour faire pression et obtenir d'elle tout ce qu'ils veulent.  

Pourtant. 

Ça fait longtemps que j'entends parler d'Emma Cavalier en bien et que j'ai envie de découvrir sa plume, même si les thèmes qu'elle aborde ne me tentent pas vraiment. Je me suis fait violence malgré mes deux gros a priori ci-dessus, déjà parce qu'il est fait mention dans le livre d'un gros forum BDSM qui est loin d'être une pure invention, ce qui ancre tout de suite l'histoire dans une certaine réalité. Ensuite, parce que je voulais en avoir le cœur net sur cette histoire de chantage qui me hérissait un peu trop le poil.

Bilan : j'ai eu du mal à lâcher le livre, vraiment beaucoup de mal. Emma Cavalier a une plume d'une grande fluidité et particulièrement efficace, une intelligence qui fait beaucoup de bien et une connaissance évidente de son sujet qui lui permet d'être très subtile. Sous couvert d'être un livre dans la lignée de la New Romance qui fait le bonheur des éditeurs actuellement, ce premier tome est bien plus qu'une simple romance justement. (D'ailleurs, en est-il vraiment une ?) Quand je parle d'intelligence de l'auteur, c'est notamment en pensant à la construction psychologique de ses personnages. Élisabeth n'est pas une oie blanche innocente qui va découvrir l'amour et surtout l'orgasme dans les bras d'un homme, un vrai ; c'est une femme intelligente, ambitieuse, curieuse, ouverte d'esprit et joueuse dont l'éducation n'a fermé aucune porte, même pas celle du sexe sans complication. Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'elle soit aussi aventurière. Toutes les réactions qu'elle a au travers du livre m'ont paru crédibles et cohérentes. Il y a du vrai dans Élisabeth. Tout comme il y a du vrai dans Alexander, malgré son jeune âge. Le fait d'être pratiquante donne bien sûr accès à un tout autre niveau de lecture, notamment en ce qui concerne les choix parfois pas si éclairés que ça, les non-dits et les oublis des personnages, les enjeux et les faux-pas. Si le lecteur "lambda" ne sait pas ce qu'est une hard limit, je ne suis pas certaine qu'il comprenne vraiment l'ampleur des dégâts que provoque son franchissement et, par là même, la violence de la réaction de certains personnages. J'ai encore la sensation de la brique qui m'est tombée dans l'estomac ce matin... Le choix de vocabulaire de l'auteur pour qualifier cette scène ne pouvait être plus juste et c'est ce qui en fait tout le drame. 

Quant à cette histoire de chantage qui me chatouillait, Emma Cavalier a eu l'habileté de donner une longueur d'avance au lecteur, ce qui permet, à mon grand soulagement, de ne pas sombrer dans le sordide comme la Dark Erotica aime tant le faire, mais, au contraire, de désamorcer la situation et de prendre un malin plaisir au petit jeu entre les deux protagonistes. D'ailleurs, l'ensemble de leurs jeux est de bon goût, ni trop hard ni trop soft, surtout dans la mesure où la confiance règne. Même les descriptions des scènes chaudes sont de bon goût : efficace, jamais vulgaire et surtout sans métaphores alambiquées et autres noms de fleurs poétiques. Le lecteur se trouve dans une zone safe, pour autant qu'il arrive à accepter que les réactions des personnages ne seront pas forcément les siennes dans une situation similaire et, ce, malgré une tentation d'identification très forte. Là encore, il y a du vrai dans ce que vit Élisabeth ; ce ne sont pas juste des inventions de quelqu'un fantasmant ces pratiques. Et c'est bien ça qui fait tout le charme de cette histoire à mes yeux, plus que les histoires qui se développent en parallèle autour de la famille d'Élisabeth et de Lex. J'espère vraiment retrouver cette justesse et cette vérité dans le tome 2 et dans les autres romans de l'auteur, parce que je viens d'être convertie. 

mardi 7 novembre 2017

La voiture

Carma Sutra d'Alex Games et Esther Selsdon

LA VOITURE

Par Ana Stendhal

(Fantaisie érotico-cochonne en quatre scènes et trois intermèdes silencieux)


PERSONNAGES

ELLE : la trentaine, taille moyenne, physique agréable, cheveux longs teints en rouge. Consciente de ses atouts, elle aime s'habiller de manière sophistiquée mais toujours pratique et confortable.
LUI : l'acteur pourra changer d'une scène à l'autre. Âge allant de 42 à 55 ans, bel homme, taille moyenne, corpulence moyenne. Il émane de lui l'assurance d'un homme qui n'a rien à prouver à personne, il est sûr de son potentiel de séduction et ne force jamais le trait.

Une voiture, type citadine ou petit crossover, occupe le milieu du plateau. Elle est positionnée de profil, les portes avant et arrière côté conductrice (puisqu'il s'agit de la voiture d'ELLE) ont été retirées pour permettre de voir ce qu'il se passe à l'intérieur.


SCÈNE PREMIÈRE

Lumière. 

Au fond, la façade d'un bar de village sert de décor. ELLE et LUI se lèvent de la terrasse et se dirigent en silence, mais en souriant vers la voiture où ils prennent place.

ELLE : Merci pour le café. La prochaine fois, je paierai.
LUI : On verra ça.

Ils s'embrassent amoureusement. LUI interrompt le baiser, la regarde dans les yeux et soupire bruyamment.

LUI : J'ai tellement envie de toi.
ELLE : On se retrouve à l'hôtel la semaine prochaine, on aura plus de temps.

LUI s'agite dans son siège, on le devine en train de déboutonner son pantalon.

LUI : Regarde comme j'ai envie de toi. J'ai besoin que tu me touches.
ELLE : (La panique s'entend dans sa voix, ELLE agite les bras, puis finit par cacher ses yeux derrière ses mains.) Mais non, pas ici, on est sur la place du marché, on va te voir.
LUI : (rire attendri par la soudaine pudeur d'ELLE) Allons, ne t'inquiète pas, personne ne fait attention. Tu vois bien que les gens ne s'arrêtent pas.
ELLE : (ELLE découvre ses yeux et rit à son tour.) Tu es l'indécence incarnée. Allez, rhabille-toi vite, j'ai trop peur qu'on nous voie.

LUI saisit sa main pour la poser sur son sexe hors champ et l'embrasse fougueusement, puis se reboutonne sans la quitter des yeux et sort de la voiture sans dire un mot de plus. ELLE soupire fort et sourit.

Noir.

PREMIER INTERMÈDE

Lumière. 

Le décor est maintenant celui du parking d'un magasin de sport. On distingue une deux fois deux voies derrière une allée d'arbres. ELLE et LUI sont à l'arrière de la voiture. LUI au fond, loin du public. 

ELLE et LUI s'embrassent toujours avec la même fougue. ELLE défait sa ceinture et déboutonne son pantalon d'une main. Le mouvement de sa main suggère qu'ELLE le branle tout en continuant de l'embrasser ; sa tête plonge d'un coup pour le sucer. LUI la regarde s'activer puis bascule la tête en arrière pour apprécier le moment jusqu'au bout. LUI grogne et jouit dans sa bouche. ELLE se redresse. LUI l'embrasse puis lui offre un large sourire satisfait. On devine qu'ELLE sourit aussi.

Noir.

SCÈNE 2

Lumière. 

Décor de forêt. Une couverture est posée à même le sol au fond. ELLE attend, appuyée sur le capot de sa voiture. Elle porte une jupe. LUI entre en scène côté jardin et la rejoint.

LUI :  Coucou. C'est bon ? Tu as trouvé sans problèmes ? (Smack.)
ELLE : Oui, tes indications étaient très claires. Je t'ai pris un sandwich au poulet à la boulangerie, je ne savais pas trop ce que tu aimais. (Re smack.)
LUI : C'est parfait,
ELLE : On a de la chance, il fait un temps magnifique. On va s'asseoir ? J'ai jeté une couverture sur l'herbe là-bas et j'ai une faim de loup.

ELLE fait mine de se redresser, LUI se colle à elle pour l'empêcher de bouger. 

LUI : Attends. Moi aussi j'ai très faim. (Il l'embrasse et glisse une main entre ses cuisses, sous sa jupe. Il se fait joueur.) Toi aussi on dirait, ma baveuse.
ELLE : C'est un petit chemin de terre, mais la route n'est pas loin. Tu es sûr que personne ne va passer par là ?
LUI : T'inquiète, les randonneurs aussi doivent manger à un moment.

LUI s'accroupit devant ELLE, soulève sa jupe, fait glisser sa culotte jusqu'à terre et plonge sur sa chatte avec avidité. ELLE ne peut s'empêcher de jeter des coups d'œil inquiets alentour pour s'assurer qu'il n'y a vraiment personne. Quelques bons coups de langue arrivent quand même à lui arracher quelques gémissements de temps en temps. ELLE finit par prendre la tête de LUI entre ses mains pour l'écarter de sa chatte et capter son regard.

ELLE : (un peu embêtée) Je n'arrive pas à me concentrer, désolée. Je ne suis vraiment pas assez exhib dans l'âme.
LUI : (en souriant) Je ne perds pas espoir. Allez hop, à genoux sur la couverture. À défaut de ton cul, il parait qu'il y a du poulet qui m'attend.

LUI la saisit par la main et l'entraîne vers le fond de la scène.

ELLE : (riant) Hé, attends au moins que je ramasse ma culotte.
LUI : Tu n'as qu'à ne pas en mettre la prochaine fois.

Noir.

DEUXIÈME INTERMÈDE

Lumière. 

Le décor est plongé dans la pénombre, seule la voiture est éclairée. Il s'agit de suggérer un parking souterrain. ELLE et LUI sont à l'avant de la voiture. LUI toujours au fond, loin du public. LUI peut ne pas être interprété par le même acteur.

ELLE est face au volant, le regard baissé, le visage fermé. LUI est de biais, appuyé contre la portière opposée et la regarde avec attention. Il descend la fermeture éclair de son pantalon et extrait juste son sexe. il claque des doigts et indique son sexe. Sans attendre, ELLE se met à le sucer docilement et mécaniquement. Des voix et des bruits de pas se rapprochent. LUI place la main sur la tête d'ELLE et la maintient profondément en place. Les personnes passent sans s'arrêter. LUI relâche la tête. ELLE se redresse le temps de reprendre sa respiration et de tousser, puis recommence à le sucer mécaniquement. Au bout d'un temps, LUI claque des doigts pour lui indiquer de se redresser. ELLE reprend sa position face au volant, le visage toujours fermé et le regard baissé.

Noir.
SCÈNE 3

Lumière. 

Dans la forêt. ELLE et LUI sont à l'arrière de la voiture. Ils sont en train de s'embrasser les lèvres, le cou, le moindre bout de chair visible avec voracité. Il y a une tension sexuelle particulière chez ELLE. Elle est très entreprenante, très empressée. 

ELLE : Prends-moi, je ne sais pas comment, mais prends-moi. J'ai envie que tu me défonces.
LUI : Ça ne va pas être pratique, la voiture est petite.
ELLE : Je m'en fiche, trouve une position. (Elle déboutonne son pantalon et le baisse sur ses cuisses. Elle se retourne pour lui offrir son dos et tendre son cul vers LUI en se cambrant.) Qu'est-ce que tu attends ? Prends-moi vite.
LUI : Tu me fais bander grave. (Il baisse à son tour précipitamment son pantalon et on le devine en train de dérouler un préservatif sur son sexe.) Tourne-toi plus, je ne suis pas dans l'axe.
ELLE : (se tortillant) C'est bon, ça passe là ? (ELLE prend appui sur le plafond de la voiture et s'accroche à l'appui-tête arrière.)
LUI : Oui, c'est bon, ça rentre. Qu'est-ce qui t'arrive ? Je ne t'ai jamais vue aussi trempée.
ELLE : Chut ! J'ai envie que tu me baises fort.

ELLE s'empale encore et encore avec frénésie sur son sexe et ses mains tâtonnent à la recherche d'appuis pour faciliter le mouvement et lui donner encore plus d'ampleur. Elle fait tout le travail. À force de contorsions, LUI trouve à son tour une position lui permettant d'envoyer ses hanches vers ELLE. Il est à moitié debout et sa tête se cogne régulièrement contre le plafond.

LUI :  C'est ça que tu veux salope, que je te baise. Je vais te baiser, tu vas voir comme je vais te baiser.
ELLE : Plus fort, encore plus fort. Plus fort. Plus fort.

Son visage est soit tourné vers l'arrière pour essayer de capter le regard de LUI, soit tourné vers le public. Le plaisir et l'abandon sont très visibles mais pas surjoués. ELLE gémit sans chercher à se contrôler. ELLE et LUI s'activent bruyamment plusieurs minutes jusqu'à ce que LUI jouisse dans un grand cri. ELLE et LUI sont en sueur, ils reprennent leur souffle, toujours enchâssés l'un dans l'autre. ELLE semble apaisée.

ELLE : Je ne pensais pas reproduire un jour la scène de cul de Titanic. Tu as vu toute la buée qu'on a produite. (Elle fait glisser sa main sur la vitre imaginaire devant elle, comme dans le film.)
LUI : C'est toi qui es bouillante aujourd'hui. Fais-moi penser à prendre des glaçons la prochaine fois.
ELLE : (riant) OK !

Noir.

TROISIÈME INTERMÈDE

Lumière. 

Le décor est de nouveau celui du parking du magasin de sport. ELLE et LUI sont à l'arrière de la voiture. LUI toujours au fond, loin du public. LUI peut ne pas être interprété par le même acteur.

ELLE et LUI s'embrassent toujours avec la même fougue. Il défait sa ceinture et déboutonne son pantalon d'une main. Le mouvement de sa main suggère qu'il se branle tout en continuant de l'embrasser ; de son autre main, il saisit la tête d'ELLE et la fait plonger d'un coup sur son sexe. LUI force sa tête à s'activer de bas en haut. LUI grogne et jouit dans sa bouche. il la laisse se redresser. ELLE et LUI se regardent un instant, sérieux, pris dans l'intensité du moment, puis ELLE se jette sur LUI et l'embrasse. 

Noir.


SCÈNE 4

Lumière. 

Même décor que dans la scène 2. ELLE est appuyée contre le hayon de la voiture et LUI contre ELLE. Il a le visage enfoui dans son cou et l'embrasse. Un projecteur est dirigé sur eux pour simuler un rayon de soleil.

ELLE : Qu'est-ce que cette forêt est agréable. Et ce soleil. J'adore sentir ses rayons sur ma peau nue.
LUI : Tu n'es pas encore assez nue pour dire ça...

LUI glisse ses mains sous son haut et le passe par-dessus sa tête. Il dénude le sein le plus loin du public en abaissant le tissu du soutien-gorge et plonge la tête dessus. Il glisse en même temps une main sous sa jupe et effectue un mouvement de va-et-vient.

LUI : J'adore sentir ta mouille sur mes doigts.
ELLE : Attends, laisse-moi enlever ma culotte, ça sera plus facile pour toi.
LUI : Je m'en occupe. (Il s'accroupit en faisant glisser la culotte et s'arrête un instant. LUI relève la tête et ils se regardent en silence.) Écarte les jambes. (ELLE écarte aussi largement que sa jupe le lui permet sans avoir à la remonter. LUI déroule un préservatif, se relève en remontant la jupe jusqu'à la taille d'ELLE tout en restant collé à elle.) Il va falloir écarter beaucoup plus les jambes pour ce que j'ai en tête.

ELLE obtempère. Il la soulève de terre tout en s'enchâssant en elle. ELLE a maintenant les jambes largement écartées comme des cuisses de grenouille et ne peut plus bouger faute d'appuis. Elle s'agrippe aux épaules de LUI. Il bouge les hanches comme s'il voulait passer au travers du corps d'ELLE. ELLE gémit et crie sans se soucier de rien, sonorisant la forêt. LUI jouit dans une dernière secousse violente. Ils reprennent leur souffle et il la dépose délicatement sur le sol. Au moment où elle touche terre, elle grimace en s'étirant le dos.

LUI : Ça va ?
ELLE :  Je crois que je vais beaucoup penser à toi cette après-midi et demain. J'ai l'impression que tu as réussi à imprimer la marque des essuie-glaces dans mon dos. C'était aussi bon qu'inconfortable comme position.
LUI : Au moins, comme ça, tu n'as pas vu le couple qui s'est arrêté pour nous regarder.
ELLE : (regardant autour d'elle) Quoi ? Non ! Où ça ? Ils sont partis ?
LUI : (taquin) Pourquoi ? Tu voulais les inviter à nous rejoindre ?
ELLE : Ça dépend, ils étaient comment ?
LUI : (souriant de toutes ses dents) Madame ELLE, je crois que vous êtes devenue une sacrée chaudasse exhib. Il n'y avait personne. Je t'ai déjà dit que même les randonneurs ont besoin de manger.
ELLE : (faussement choquée) Hé ! C'est méchant de se moquer ! Pour la peine, je prends le sandwich au poulet cette fois. Allez hop, à genoux sur la couverture.

ELLE le saisit par la main et l'entraîne vers le fond de la scène.

LUI : Tu ne remets pas ta culotte ?
ELLE : (riant) Tu rigoles, tu as vu ce beau soleil très très chaud ?

Noir.


RIDEAU