Concert


Il aura fallu attendre le premier entracte pour que je puisse te montrer un peu les lieux. Il faut dire qu'avec nos ébats qui n'en finissent jamais, nous avons failli arriver en retard. Ce qui, en plus de risquer de te mettre de mauvaise humeur, aurait été fort dommage. Mais nous n'avons rien raté, tout va bien. Le cadre est aussi magnifique que dans mes souvenirs d'adolescente. La nuit est tombée progressivement, les cigales se sont tues et ce sont les grenouilles qui chantent maintenant pour accompagner discrètement le son magique du piano. L'entracte est néanmoins le bienvenu. Ça aussi, ça n'a pas trop changé, les sièges sont toujours aussi inconfortables...

Je profite de ces 20 minutes de pause pour t'entraîner dans les allées du parc. Je ne sais pas si c'est la chaleur résiduelle de cette chaude journée d'août, les odeurs de la nature en été, le calme qui règne autour de nous, mais j'ai soudain envie de te sucer. Là, tout de suite, maintenant, et ce, malgré la présence des quelques promeneurs qui suivent le même chemin que nous pour se dégourdir les jambes. À peine t'ai-je soumis l'idée que déjà ton œil brille d'excitation. Avec toi, la température peut monter tellement vite. C'est même toi qui choisis le platane derrière lequel nous allons tenter de dissimuler notre impromptu. La nuit est mon amie, sans sa complicité, je crois que j'aurais eu trop peur que nous soyons découverts trop facilement.

Nous n'avons pas de temps à perdre si nous ne voulons pas rater la suite du voyage. En parfaite synchronicité, je m'accroupis pendant que tu libères ta bite. Tu bandes mou, mais l'humidité de mes premiers baisers devrait te rendre ta fierté en un rien de temps. Sans me servir de mes mains, mais sans lâcher ton regard, c'est avec ma langue habile que je soulève une de tes bourses par en dessous et progresse langoureusement pour me saisir de ton gland. Du bout, j'en caresse le frein et souligne sa couronne, avant de presser mes lèvres sur extrémité arrondie et de l'aspirer dans un bruit moite. Ton regard est brûlant ; je suis à tes pieds, mais c'est moi qui mène la danse. Mes lèvres courent le long de ta verge jusqu'à ce que je sois pleine de toi. A nouveau, je m'arrête et je fais onduler ma langue pour te caresser dans cette caverne chaude et humide qu'est ma bouche ; je ne saurai jamais l'effet que ça peut produire chez un homme, mais le changement de rythme de ta respiration veut tout dire. Ça, pour être dur, tu es dur maintenant. Le moment est venu d’accélérer le mouvement.

Je commence les va-et-vient, ma main vient t'enserrer pour te branler en cadence tout en s'appliquant à effectuer de légères rotations. J'aspire, je pompe, je lèche, je te prends et je me retire, j'ai à peine conscience des voix qui passent non loin et qui s'interrogent peut-être sur l'origine de ces bruits de succion dans le sous-bois. Ma respiration pourrait bien nous trahir aussi. Plus j’accélère le mouvement, plus j'ai besoin d'air. Quel exercice. Je ne m'en lasse pas, je pourrais te finir, mais tu as besoin de reprendre le contrôle pour te laisser aller. Ta main glisse dans mes cheveux et s'en sert pour avoir une prise solide sur ma tête. L'irrumation, cette petite variation qui fait toute la différence pour toi. Te voilà à baiser ma bouche, profondément, sans concession. Je fais tout pour te suivre, pour serrer au bon moment, pour aspirer et te retenir, te relâcher, puis j'arrête de lutter, et essaye juste de détendre ma gorge pour que tu puisses taper au fond sans qu'un accident malheureux se produise. Ça demande plus de concentration que tu ne le penses, mais tu t'en fous, tu veux juste te vider les couilles. La sonnerie de la reprise retentit déjà. Il va falloir finir vite. Tu te retires et te branles furieusement face à mon visage. Je t'attends bouche grand ouverte, à l'affût de la moindre contraction de ton visage qui annoncera la montée irréversible de sperme. Ça y est, ça vient, vas-y. Des deux mains, tu me saisis le visage et tu t’enchâsses dans ma bouche. Tu ne peux retenir un râle de jouissance quand tu balances le paquet au fond de ma gorge. Tu ne me laisses pas beaucoup de marge de manœuvre pour avaler, mais j'y arrive malgré tout sans m'étouffer. Tu ne prolonges pas plus longtemps la pénétration, tu sais que ça devient vite désagréable pour moi. D'un regard, tu t'assures que je vais bien. On en reparlera plus tard, tout le monde a l'air d'avoir déjà rejoint son siège. Dans ma précipitation, je trébuche sur mes talons hauts en me relevant et une main me rattrape au vol. Mais il ne s'agit pas de la tienne. Surprise, je découvre que nous avions un spectateur silencieux, caché dans l'ombre du platane voisin. Et, à son sourire, je devine qu'il n'en a pas raté une miette. Son regard se porte sur toi, et d'un ton complice, il nous donne rendez-vous à la fin de la deuxième année... Nous avons 71 minutes pour nous remettre et laisser l'idée faire son chemin. Pourquoi pas après tout.

« Vraiment, ce pèlerinage devient de plus en plus intéressant, dis-je, un sourire malicieux aux lèvres, mais dépêchons-nous, c'est l'Italie qui nous attend. »


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