L'inspection


On dirait bien que ton goût du risque ne connaît plus de limites. Il y a quelques jours, tu m'as envoyé une adresse, le parcours le plus discret pour arriver à bon port sans me faire remarquer et surtout tu as insisté sur le code vestimentaire à respecter. Heureusement, j'ai ce tailleur qui me sert parfois pour des rendez-vous clients. J'ai aussi retrouvé une sacoche dans laquelle j'ai glissé un carnet et quelques stylos, histoire de faire illusion. Me voici donc à attendre devant une porte dans un couloir qui me rappelle de vieux souvenirs avec une meute de jeunes autour de moi qui jouent aux chaises musicales d'une salle de cours à l'autre. Mais comment fais-tu pour supporter ce brouhaha ? Je rêve déjà du calme après la tempête. Enfin, du calme... façon de parler.

La sonnerie retentit enfin. Les bestiaux s'engouffrent dans la salle de classe et je leur emboîte le pas. De peur de me trahir, je te salue d'un léger hochement de tête et nos regards se croisent furtivement avant que je ne rejoigne mon poste d'observation au fond de la pièce. Je suis là pour t'inspecter après tout. Une heure à te scruter, à te détailler, à imaginer tout ce que nous allons enfin pouvoir faire une fois que tout ce petit troupeau bruyant abandonnera le bahut pour aller paître ailleurs.

Une heure interminable, la pire en plus, c'est la dernière de la journée. Je porte à peu près autant d'attention au contenu de ton cours que mes voisins qui, eux, préfèrent exercer leurs talents de dessinateur sur un coin de feuille. Si je me livrais au même exercice avec ce qui me passe par la tête en ce moment, je me retrouverais avec une page couverte de bites, de chattes poilues et de pénétrations diverses et variées. Mais non, je reste absorbée par le timbre de ta voix et tes déplacements dans la pièce. Et je fais toujours cette fixette sur tes mains dont j'observe les mouvements avec attention. Oups, ça ne t'a pas échappé. J'étais tellement concentrée sur elles, qu'en relevant les yeux de quelques centimètres, j'ai vu un petit sourire se dessiner sur tes lèvres et ton regard coquin glisser sur moi. Mes joues doivent être cramoisies. Surtout ne rien laisser paraître ; je sais bien que certains de tes élèves sont en train de se rincer l’œil. Jupe trop courte, bas, talons hauts, tu parles d'une inspectrice sexy ! Ça risque de jazzer quelque temps dans les couloirs.

Je surveille l'heure du coin de l’œil, et les minutes ne passent vraiment pas assez vite à mon goût. Mon esprit en profite pour s'évader. Je m'imagine déjà allongée sur ton bureau, genoux relevés, et ta tête entre mes cuisses en train de me bouffer la chatte avec avidité. Là, dans ton bahut, avec la trop grande possibilité d'être pris sur le fait par un collègue retardataire ou le gardien. Qu'est-ce que ça me fait mouiller ! C'est presque triste que le tableau blanc ait remplacé le noir depuis longtemps ; tu aurais certainement adoré contempler les traces de mes mains et de mon visage écrasé dessus après m'avoir prise debout et avec force contre lui...

Un toussotement me sort brusquement de ma rêverie. Comment es-tu arrivé si près de moi sans que je m'en rende compte ? J'ai le souffle court soudainement. Tu es bien trop près, j'ai l'impression de sentir la pression de ton regard dans mon cou, et j'ai tellement envie de toi. Je sens une contraction me saisir tout le bas ventre, il te réclame, il te veut, c'est une torture sans nom. Je n'ose même pas bouger sur ma chaise de peur que les frottements amplifient le phénomène. Je n'ose pas non plus te regarder, parce que si un seul de tes élèves voit mon visage, il va comprendre qu'il se passe quelque chose entre nous, c'est tellement évident. Tout mon corps est électrique, si tu ne t'éloignes pas vite, je vais devoir trouver une excuse pour aller prendre l'air. Sauf que je suis coincée. Je n'ai pas de culotte - tu m'as demandé de ne pas en mettre – et je mouille tellement que je sais que ma jupe est trempée à l'arrière. Vite, éloigne-toi, s'il te plaît.

À mon grand soulagement, c'est ce que tu finis par faire. Au passage, tu jettes un œil par-dessus les épaules de tes élèves que tu fais plancher sur quelques questions sur un texte, et enfin tu t'assois à ton bureau. J'ai à peine le temps de remarquer que tu as quelque chose à cacher toi aussi. À ton tour d'être coincé sur ta chaise. Tu ne bougeras plus jusqu'à la fin de l'heure comme ça. Plus que 15 minutes. Ça approche. Toutes les têtes sont toujours penchées vers l'avant, je risque un regard dans ta direction et il s'accroche au tien. Il est impénétrable, tu gardes un contrôle impeccable sur tes émotions, je ne sais pas comment tu fais, j'ai l'impression de transpirer le désir par tous les pores. Je déglutis avec peine, j'ai la bouche sèche. Si tu es satisfait de la gêne que tu occasionnes chez moi, tu n'en laisses rien voir. Je finis par détourner le regard, c'est trop pour moi. Je me force à respirer doucement pour me calmer. Je compte les secondes. 10 minutes. Tu prends le temps d'interroger une ou deux victimes. Toujours sans bouger de ton bureau. Ton inconfort me fait sourire intérieurement.

5 minutes. 4 minutes. 3 minutes. 2. 1. La sonnerie à nouveau. Le brouhaha à nouveau. Puis le calme, enfin. La salle est vide. Tout l'établissement est en train de se déverser dans la rue et le parking. Tu prends le temps de noter quelque chose sur une feuille. Tu ne prêtes aucune attention à ma présence. Tu le fais exprès, je le sais. Sans me regarder, tu me demandes d'aller fermer la porte. Je m'exécute.
Seuls, enfin.

La tension est palpable dans la pièce. Je me sens un peu bête à rester planter là sans bouger. J'attends que tu me dises quoi faire. Puis ça me revient. Sous couvert d'inspection, c'est surtout moi qui ai été convoquée. À force de remettre mes textes en retard et de te faire attendre, tu as décidé d'accéder à mes demandes à peine déguisées de correction. Ta salle de classe était le lieu idéal pour ça. Je me tortille un peu sur mes talons, mais ce petit signe d'énervement de ta part me fait comprendre que tu es rentré dans le scénario et que j'ai tout intérêt à faire de même. Je me tiens donc droite et immobile. Si le temps m'a paru long pendant ton cours, ce n'était rien par rapport à ce que je vis tout de suite. Cette fois, j'évite de compter les secondes. Chacune me paraît durer une éternité.

Ton stylo que je fixais d'un air absent vient de s'arrêter de courir sur le papier. Mes yeux remontent timidement le long de ton bras. Tu me fixes. Ce pétillement dans ton regard me donne un frisson monumental. Le moment est venu. Tu recules ta chaise et, tout en reprenant ton sérieux, lâche juste un « En position. » très autoritaire. Je m'approche tout en remontant ma jupe au niveau de ma taille. J'ai pris soin de m'épiler et de me raser, j'aime que tout soit carré et propre, mais je ne peux rien faire pour ce qui dégouline le long de mes cuisses jusqu'à inonder le haut de mes bas. Tu sembles apprécier le spectacle en tout cas. Je me penche par-dessus tes cuisses et mes mains se posent par terre de l'autre côté. Jambes tendues, dos cambré, mon fessier est à toi.

– Compte à haute voix.

La première claque me prend par surprise. Je ne peux retenir ni mon cri ni mon expiration brutale. Je ne m'attendais pas à ce que tu frappes si fort. La douleur est cuisante et je suis saisie par la panique. Le son résonne tellement dans cette salle vide, il est impossible que personne ne vienne vérifier ce qu'il s'y passe.

– Compte à haute voix.

Le ton est dur. J'obtempère :

– Un.

Tu n'attends pas, et la deuxième claque tombe, aussi forte que la première. Je sens une larme perler au coin d'un œil. Je suis à la limite de te demander d'arrêter tout de suite. Tu ne me ménages pas assez. Toi aussi, tu as senti qu'à ce rythme, je ne tiendrai pas jusqu'au bout. Alors tu prends enfin le temps de masser mes fesses, fermement, pour que le sang circule, que la douleur se diffuse dans les tissus, puis plus doucement. Ta voix, elle, a toujours le même ton :

– Combien ?

J'ai oublié de parler. Je réponds : « Deux. » Au son de ma voix, tu sens que je suis à nouveau prête. Troisième claque. Cette fois, je gémis. Les endorphines commencent à faire leur apparition et la douleur se transforme progressivement en plaisir brûlant. Un massage, une claque sans concession, et un chiffre. Tu romps le rythme souvent, pour ménager l'effet de surprise, et ça marche, je me sens partir petit à petit. La chaleur de mes fesses, la fermeté de ta main, sa caresse. Tout mon univers se réduit à quelques centimètres carrés de peau. J'essaye de tenir le compte, mais je m'y perds. A-t-on passé la barre des dix ? Approche-t-on de vingt ? Je ne me souviens même plus du nombre sur lequel on s'était accordés avant. Je suis obligée de te faire confiance. Et je m'abandonne totalement au plaisir et à la douleur.

Je ne me suis même pas rendu compte que tu avais arrêté de frapper. Tu sembles à l'affût de quelque chose. Je suis trop à l'ouest pour comprendre, j'essaye juste de reprendre mon souffle tant que tu m'en laisses l'occasion. Le silence est oppressant. Puis je sens que tu te détends. Tu me fais basculer sur tes cuisses pour m'aider à me redresser, mais je n'ai pas encore la force de me tenir debout. Je tombe à genoux à tes pieds. Ton doigt suit la ligne de mon menton pour me faire lever la tête vers toi. Tu étudies mon visage et tu assènes le mot : « Chienne ! ». Le réveil est immédiat et l'envie est subite : je veux que tu me baises comme une bête, là tout de suite maintenant. C'est ça où je vais me masturber frénétiquement à tes pieds jusqu'à obtenir la jouissance que mon corps réclame douloureusement.

Tu me saisis brusquement par le bras pour me forcer à me relever et c'est sur le bureau que tu me couches à présent sans ménagement. Avec ta main, tu forces ma joue à venir se coller à la surface lisse, et de l'autre, tu te guides. Le premier coup de reins te mène profondément en moi et nous arrache un cri rauque. Tu sembles vouloir te retenir et un frisson parcourt tout ton corps, mais tu n'y tiens plus. Toi aussi tu as envie de baiser ta chienne comme une bête. Tu es brutal, mais tu t'en fous, mes cris sont des cris de plaisir et je ne retiens rien. Je ne peux pas accompagner tes mouvements, tu m'immobilises totalement contre le bureau et sous tes coups de boutoir. Tu me domines. Mais quel pied je prends ! Me faire défoncer comme ça sur ton bureau tout en sachant que c'est le fantasme d'un paquet d'adolescentes innocentes sous le charme de leur professeur. Si elles savaient la bête de sexe que tu es. Et c'est moi qui prends pour chacune d'entre elles, encore et encore, toujours plus fort, toujours plus profond. Tu contrains mon corps au point de me faire vraiment mal, tu fais même glisser ta main sur mon cou pour me forcer à me cambrer et tu serres. Je n'arrive pas à penser à autre chose qu'à ta queue qui lime sans faiblir et à ton corps qui frappe mes fesses encore brûlantes. Encore et encore et encore. Tous ces frottements et cette douleur me font partir d'un coup. Il n'y en a pas un pour sauver l'autre. Tu es aussi bruyant que moi quand tu jouis. Des cris de bêtes. Ce n'est plus une salle de classe, c'est un zoo. C'est l'extase. Un instant suspendu dans le temps.

Tu t'écroules finalement tout en restant enchâssé en moi. Ta main a relâché mon cou, mes jambes me tiennent à peine et seul le poids de ton corps sur le mien me maintient en place. J'ai à peine conscience des baisers que tu déposes sur mon dos. Tu n'as guère l'air plus frais, cela dit. J'ai du mal à respirer.

5 minutes ? 10 minutes passent ? Tu te décides enfin à bouger et à retirer ton membre devenu flasque depuis un moment. L'impression d'humidité est toujours bien présente de mon côté, mais je renonce à sortir un mouchoir en papier. Je me contente de remettre ma jupe en place pendant que tu te rebrailles. Quelque chose semble beaucoup t'amuser et tu souris. Je me sens gênée tout à coup, je n'ai qu'une envie, c'est de partir rapidement d'ici. Sans doute as-tu senti mon changement d'humeur, tu m'attrapes par la taille avant que je n'aie le temps de réagir et tu saisis ma bouche pour la capturer dans un long baiser. Tes lèvres glissent jusqu'à mon oreille et c'est là que tu déposes ta question : « Prête pour la suite du programme ? » Et comment !

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire