Réveil


Je ne sais plus trop ce qui m'a réveillée ce matin. La radio n'avait pourtant pas encore commencé à livrer les dernières horreurs du monde, et la lumière à travers le rideau me semblait bien trop pâle pour qu'il soit plus de 7 h. Je pouvais bien m'offrir quelques minutes supplémentaires au chaud sous la couette, surtout que tout le lit m'appartient cette semaine.

Est-ce justement cette douce chaleur qui a éveillé mes sens ? Ou peut-être est-ce le glissement du tissu sur ma peau nue ? Mon esprit vagabond a soudain invoqué ton image, et surtout tes mots. Ce texte m'a tellement fait vibrer que, je l'avoue, je l'ai relu plusieurs fois hier, et, à chaque fois, j'ai été parcourue par les mêmes frissons. Normal sans doute que je me retrouve assaillie par des sensations très vives ce matin. Sans vraiment le vouloir, d'un mouvement de hanche, j'ai frotté mon pubis sur le matelas sous moi. Une fois, deux fois. L'excitation était bien là. Et j'ai replongé avec plaisir.

J'ai repensé à mon tortillement engendré par tes doigts sur mon mollet dans la salle du petit déjeuner et je me suis allongée sur le dos. J'imagine ton regard hypnotisé par mon « magnifique cul » ; ça me donne envie de rouler mentalement des hanches et mes doigts viennent dessiner de légers cercles concentriques autour de mon nombril. La mention à ta forte érection me fait sourire, parce qu'il reste cette part de mystère que je veux préserver jusqu'au dernier moment. Je suis joueuse et ma main malaxe doucement mon sein droit, toujours en prenant soin de pincer un peu le téton.

Mon esprit saute directement de l'entrée de la chambre aux toilettes et ma main droite descend se poser sur mon mont de Vénus. Je sens ma légère pilosité piquer mes doigts et la paume de ma main. J'attends de me revoir le dos cambré et la croupe offerte, empalée sur ton sexe pour glisser un doigt entre mes lèvres humides. Si tu savais les compliments que j'ai reçus au sujet de ma chute de reins... À défaut de ta verge, c'est mon doigt qui plonge dans mon vagin pour y recueillir un peu de mes sécrétions déjà abondantes de si bon matin. C'est au rythme du souvenir de la description de nos mouvements de reins que mon doigt se met à tourner autour de mon clitoris. C'est à sa face Est qu'il va falloir que je m'attaque. La plus sensible. Légers frottements de bas en haut. Rotations. Titillements appuyés du sommet. Ma bouche s'entrouvre, mes cuisses s'écartent et je relève un peu les genoux. Je m'offre aux mouvements de mon doigt en même temps que tu prends possession de mon corps imaginaire et que tes phrases m'électrisent. Je sais ce qui vient ensuite, les contractions de mon vagin prennent même un peu d'avance. Tout est dans le mot « baise » et ce qu'il implique.

« Le temps de la férocité est venu. »

Je sens l'excitation gagner jusqu'à la pointe de mes seins, ma main gauche a d'ailleurs fini par lâcher prise et s'est emparée du montant du lit. J'ai besoin de serrer quelque chose très fortement. Mon doigt s'active de plus en plus, les contractions se multiplient en rythme, et remontent de plus en plus haut. Les images se présentent dans le désordre : mes fesses frappant tes cuisses, ton sexe allant et venant profondément et mon corps t'accueillant à chaque poussée, mes gémissements (les vrais, les imaginés), la cambrure accentuée de mes reins quand je viens à la rencontre de tes baisers, et encore le claquement de mes fesses contre tes cuisses, témoin de la fouge du moment. Mes jambes se tendent pour amplifier la sensation de ces profondes contractions. Je sens venir le point de non-retour. Lui aussi est fugace, mais une fois que l'influx électrique sera parti, c'est tout mon corps qui se contractera. L'instant magique de plaisir intense me saisit. Il est court, mais bon. J'en oublie même que ce n'est que mon doigt qui en est responsable. Jusqu'à ce que je recommence dans la foulée à frictionner mon clitoris. Parce que je connais mon corps, je sais que le suivant sera encore meilleur et qu'il va venir très vite si je n'attends pas. Alors je n'attends pas. Je frotte, j'astique, je maltraite ce petit bouton dans tous les sens. Je ne pense même plus à ton texte en cet instant, je ne suis que prolongation de mon extase. Et à nouveau, mon corps se cambre, se tend, je crie fort pour libérer totalement mon orgasme. Et je retombe. Je reprends pied. Je respire à nouveau. Et quand j'ouvre enfin les yeux, c'est ton magnifique regard bleu que j'ai l'impression de rencontrer.

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