Miroir, mon beau miroir



18 €. C'est le prix de l'entrée pour un couple. Et derrière la porte que le propriétaire est en train de déverrouiller, il y a ce beau terrain de jeu avec une grande variété de lits, de pièces, de canapés, de matelas, même une balançoire, juste dédiés à une chose : baiser. Baiser sous le regard envieux d'autres hommes et de couples ou derrière l'intimité d'une porte qui ferme à clé, c'est au choix.

Aujourd'hui, j'ai envie de faire des envieux, j'ai envie que ça salive et que ça se branle en nous regardant. J'ai envie de sentir les regards sur moi, sur nous. Ces regards, je les connais, je les ai déjà vus quand une femme me léchait alors que je m'offrais à elle dans le jacuzzi, jambes écartées, dans l’indécence la plus absolue et sans la moindre retenue. Aujourd'hui, je ne serai qu'à toi et tous voudront être à ta place. Tu les sentiras aussi, ces regards. Peut-être devras-tu même repousser quelques hommes plus entreprenants que d'autres, croyant déceler une invitation dans mon abandon. Ce sera ton baptême du feu au Club P..

Viens, suis-moi, je vais te guider. À notre droite, le bar où des hommes seuls sont à l'affût, puis le dancefloor, les canapés de part et d'autre, le vestiaire où nous déposons le superflu. Puis les couloirs sombres, ce labyrinthe feutré où tu as tout loisir de me regarder progresser. Perchée sur mes talons, je sens ton regard remonter le long de mes jambes, cherchant le haut de mes bas sous ma jupe trop courte mais pas encore assez. Au-dessus, il n'y a qu'un dos nu, pas de soutien-gorge, juste un nœud noir que mon épaisse chevelure laisse à peine deviner. Tu bandes déjà, je le sais. Attrape-moi si tu peux !

Les chambres défilent. Tu observes. Parfois un sourire vient flotter sur mes lèvres en souvenir d'un bon moment passé dans l'une d'elles. Peut-être as-tu le temps de les entrapercevoir furtivement ? Peut-être même vas-tu jusqu'à te demander qui, quand, comment, combien de fois ? Il y a de l'amusement dans ton regard… Plus pour longtemps, les choses sont sur le point de devenir bien plus sérieuses. Nous y voilà. LA pièce où je veux que tu me prennes, me soumettes, m'exhibes, me malmènes, me donnes du plaisir et me possèdes. Une pièce ouverte que seul un rideau de perles sépare du couloir. Face à nous un mur noir, des rideaux blancs qui ne servent qu'à décorer et des matelas, parfaits pour recevoir deux couples. À droite et à gauche : des miroirs sur toute la profondeur de la pièce et du sol au plafond. L’électricité flotte entre nos deux corps, on la sent tous les deux. Tu viens de mesurer tout le potentiel du lieu. Le désir dans ton regard me brûle et me transperce. Je ne peux plus m'enfuir, tu bloques le chemin de la sortie. Mon regard dit tout haut ce que je pense tout bas : capture-moi !

Tu te rapproches enfin, très près, pas assez près, tu laisses un espace entre nous et ta main vient trouver ma joue pour la caresser. Tu me troubles, ton regard me trouble ; un frisson remonte le long de mes bras, ça y est. Tu t'agenouilles devant moi, glisses tes mains sous ma robe et, délicatement, lentement, fais glisser ma culotte le long de mes jambes. Tu ranges la précieuse dans ta poche en te relevant et ta main se glisse alors derrière ma tête. Tu t'en sers pour me faire pivoter et me guider face au miroir. J'y croise mon regard, puis j'y retrouve le tien, si sérieux, par-dessus mon épaule. Ta main me pousse et je me retrouve presque collée à la surface froide. De tes deux mains, tu viens plaquer les miennes contre la vitre. Je sens ton souffle dans mon cou, des baisers sur mon épaule nue, une caresse de ton menton, et ton bassin qui vient onduler contre mes fesses ; j'écarte les jambes de moi-même pour venir me caler au mieux contre toi. Oui, je la sens, ta queue. Elle est dure, elle me fait envie. Prends-moi, s'il te plaît...

« Ne bouge pas tes mains. » Ta voix grave dans mon oreille ne me laisse aucun choix. J'obéis, je reste en place, alors que tu te décolles de moi et recules. Je suis tes mouvements dans le reflet. Encore une fois, tu observes, tu prends tout ton temps. Il n'y a rien sur ton visage qui trahisse ta satisfaction devant la vue qui s'offre à toi. Ton regard finit par se jeter dans le mien et mon cœur fait un bond. Je ferai tout ce que tu me demanderas, juste pour que tu te rapproches et me touches à nouveau. Soulage-moi, je mouille tellement !

Tu sembles être sensible à ma souffrance, suffisamment pour revenir vers moi, saisir mes cheveux d'une main pour me forcer à faire face à mon image.

« Regarde-toi. » À nouveau, ta voix basse dans mon oreille. À nouveau, j'obéis. Mon visage n'a rien de joueur, ma bouche est entrouverte, mon souffle est court et un mélange de désir et d'agonie hante mes yeux. L'état est brut, je suis à l'écoute de toutes mes sensations. Et celle de tes doigts glissant à nouveau sous ma robe me fait fléchir d'un coup. Je sais ce que tu vas trouver entre mes cuisses, entre mes lèvres. Je suis une flaque, je suis gonflée, ma chatte réclame qu'on la pénètre. Pénètre-moi ! De tes doigts, un, deux, trois, plus. C'est ça, caresse mon clitoris, pince mes lèvres, malaxe-moi sans ménagement. Je n'en peux plus. C'est du désir qui s'affiche sur mon visage. Sans aucun filtre. Vois comme je me tortille pour guider ta main. Profite de mon excitation pour me faire jouir comme ça, debout, face au miroir, sous les yeux des quelques curieux dont le regard titille mes chairs. Fais-moi jouir, c'est le bon moment !

Déjà ta main prise dans mes cheveux me tire en arrière et me force à me retourner pour te faire face. Dos plaqué au miroir si froid, tu comprimes mon corps, tu presses ton bassin contre mon entrejambe trempé et tes lèvres dévorent les miennes. Le baiser est fougueux, les mouvements de hanches très appuyés. Il en faudrait peu pour que tu me prennes là, mais j'ai bien compris que le clou du spectacle n'était pas encore pour tout de suite. Aussi vite que tu t'étais collé à moi, te voilà reparti. Reviens !

À reculons, tu te diriges vers le lit et tu t'y assois après avoir libéré ta queue de son carcan de tissu. Tendue vers moi, l'invitation est plus que claire. Je me rapproche, féline, transpirant le désir. C'est à moi de m'accroupir devant toi ; pas à genoux, non, accroupie, jambes écartées, les fesses toujours dissimulées par la robe, mais la pose est là, indécente, laissant la plus belle part à l'imagination. Chatte rasée, chatte épilée, chatte luisante, chatte béante…Un fil de mouille apparaîtra-t-il ? Une chatte fantasmée inatteignable pour notre public aujourd'hui quoiqu'il arrive. Ma chatte est à toi. Et ma bouche aussi. Celle qui se jette goulûment sur ta queue, qui te prend en entier, qui te pompe, qui y prend tellement de plaisir et sait te le montrer. Celle qui aspire tes couilles une par une pour les masser du plat de la langue. Ta main est à nouveau dans mes cheveux, à forcer ton sexe dans ma bouche, aussi profondément que je peux te prendre. Et je reste là, immobile, à savourer ta présence dans ma bouche, à imaginer cette image de nous, celle que tu vois dans les miroirs autour de nous. Excitant, n'est-ce pas ? Tu libères enfin ma tête et je prends le temps de respirer, ma joue posée sur ta cuisse, pendant que ma main prend le relais.

« Assieds-toi, c'est à ton tour. » Le ton de ta voix a changé. Il y a plus de douceur. Un désir différent aussi, moins impérieux. Je m'assieds donc à ta place pendant que tu glisses à mes genoux. Tes mains cheminent sous mes cuisses et viennent s'enrouler autour d'elles, soulevant mes jambes au passage. Me voilà bassin surélevé et chatte palpitante et offerte. Vas-y !

Tes premiers mouvements de langue, tes premiers baisers, ta joue qui s'attardent sur l'intérieur de ma cuisse pendant que tu me humes les yeux fermés. Ces quelques secondes sacrées. Puis tu fonces, tu pénètres, tu lèches, tu mordilles, tu titilles, tu aspires, tu contrôles les mouvements de mon bassin pour que je ne puisse pas échapper à tes assauts. Et qu'ils sont délicieux tes assauts. Je les regarde, je n'en manque pas une goutte, je change d'angle en tournant la tête à gauche, puis à droite. C'est triplement excitant. Et je lève les yeux l'espace d'un instant, un peu dans le flou, juste le temps de voir les regards enfiévrés de quelques hommes, je vois quelques queues aussi, gonflées et qu'on agite frénétiquement. J'essaye de faire abstraction. Tant que personne ne s'approche, je suis en sécurité et toute à toi. Toi qui ne me laisses pas de répit. Tu aspires mon clitoris maintenant, avec beaucoup d'application, tu suces et tu lèches et c'est bon, tellement bon que j'en oublie de regarder pour me cambrer en arrière et m'offrir encore plus. Encore ! Plus ! Je veux plus !

« Prends-moi ! Baise-moi ! » Ton regard retrouve le mien. La question ne se pose plus, c'est le moment. D'un mouvement commun, je me débarrasse de ma robe, il ne me reste que le porte-jarretelles, les bas et les talons et tu enlèves pantalon et chemise en un temps record. J'ai eu envie de glisser vers l'arrière pendant que tu enfilais une capote, dans l'idée d'un missionnaire très traditionnel, mais l'idée de te chevaucher au milieu de tous ces miroirs me paraît autrement plus excitante. Vraiment plus excitante. Me déhancher sur toi, onduler du bassin, te prendre, te dominer, sentir tes mains sur ma taille, sur mes seins nus. Regarde-nous dans les miroirs, regarde-moi, regarde-toi. Retrouve mon regard dans le reflet. Tu comprends pourquoi j'aime tant les miroirs ? Attends de voir la position suivante, celle où tu vas prendre le dessus, celle dans laquelle tu vas jouir sans retenue.

Mes jambes touchent à nouveau le sol, je me retourne pour prendre appui sur le matelas et t'offrir ma croupe que nous allons tous deux pouvoir te regarder pénétrer. Encore et encore, dans un mouvement hypnotique, ta main tirant sur ma crinière, dans la force, dans la fougue, profondément, dans tes souffles roques et dans mes grognements de plaisir. Laisse-toi partir, regarde-toi jouir, noie-toi dans l'attente et le plaisir que tu lis dans mes yeux. Entends-moi crier ! Vas-y, jouis pour moi !

Entre quelques spasmes, tu couvres mon dos de baisers. Je ne risque pas d'aller bien loin, la position n'est pas des plus confortables, mais je me sens bien sous toi comme ça. J'ouvre les yeux que je ne me souvenais pas avoir fermés. Je te regarde, plus ou moins avachi sur moi et je souris.

« Dis, tu crois qu'ils sont encore là à nous mater ? »
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