Une question d'âge

Les Quatre âges de l'homme de Valentin de Boulogne

[...]
Moi : Bonsoir,
Même si je rencontrais actuellement, vous seriez de toute façon trop jeune à mon goût. Les hommes de la quarantaine et plus ont mes faveurs.

Lambda : L'âge est important pour vous ?? Nous avons peu d'écart.

Moi : Oui, il l'est. Je sais, c'est frustrant.

Lambda : Lol, carrément !!!
Vous devriez essayer malgré tout, c'est un conseil. J'aurais apprécié vous rencontrer et discuter avec vous.

Moi : Mais qui dit que je n'ai pas essayé justement ?

Lambda : Alors si vous avez essayé, qu'aimez-vous plus chez un homme de 40 ans et plus, plutôt qu'un homme de 36 ans et bientôt 37 ?

Moi : Difficile à dire. Le vécu peut-être.

Lambda : Pas très précis tout ça, je trouve.
Vous devriez refaire un essai, car je ne vous trouve pas très explicite.
[...]
Extrait de conversation.



L'un des tout premiers messages que j'ai reçu lors de ma toute première inscription sur un site de rencontre libertin fut celui d'un jeune homme de 18 ans. J'avais beau arriver sans encore bien savoir ce que je cherchais, je savais que 18 ans, c'était bien bien bien trop jeune pour moi. J'ai plissé les yeux sur le moment avant de me rendre compte que le discours de ce jeune homme était surtout celui de quelqu'un de paumé, en manque d'affection, qui n'avait rien à faire là. Un peu plus de la moitié de mon âge à l'époque, un bébé pour moi. Je ne dois vraiment pas être assez cougar dans l'âme. Pas encore en tout cas.

Là aussi, je crois que mes choix en matière de partenaires masculins sont orientés par quelques fantasmes bien ancrés dans ma chair. J'ai toujours eu un faible pour les acteurs de 1969 (une coïncidence frappante), ce qui aujourd'hui les place dans la quarantaine. Pas étonnant donc que j'ai une préférence certaine pour les libertins entre 40 et 45 ans. Au début, j'avais indiqué une fourchette plus large : 35 - 45 ans, puis rapidement, je me suis rendu compte que je n'arrivais pas à être en phase avec les hommes de peu ou prou mon âge. Il y a bien sûr des exceptions, il y a toujours des exceptions.

Depuis, je suis poursuivi par ce questionnement sur l'âge : Pourquoi toujours plus vieux que moi ? Pourquoi cette tranche d'âges en particulier ? C'est une question de goût personnel et les goûts et les couleurs, comme chacun sait, ça ne se discute pas. Mais il n'empêche : Pourquoi donc ?

En remontant le fil de mes rencontres, je suis retombée sur un échange avec un de mes anciens partenaires et je me rends compte que, finalement, très tôt, j'ai eu des éléments de réponse en main.

Partenaire passé : Sans tomber dans la psychologie de comptoir de base, sans tomber dans les préjugés chronobiologiques sur les âges de la vie, il est manifeste que la sexualité d'un homme qui approche quarante ans change. Et je suis dans ce changement.
[...]
En d'autres mots, et sans vouloir paraître vulgaire et au risque d'être grossier, avant je pratiquais la levrette comme un petit cabot, aujourd'hui je la conçois dans tout son fondant, ses lois de l'inertie, ses petits riens, sa tranquillité, son fondant, son ressac, ses remous...

Moi : Alors, je vais en profiter pour glisser un constat que j'ai fait il y a peu sur ma sélection de profils ici même. Je ne savais pas vraiment ce qui allait me tomber dessus en m'inscrivant, j'ai pris le temps de tâter le terrain, de discuter, et de définir un peu plus précisément mes envies. C'est d'ailleurs toujours en cours ; je suis inscrite depuis à peine un mois et demi. J'ai vu passer pas loin de 200 profils divers et variés qui sont venus se proposer à moi. Le constat, c'est que je privilégie naturellement les gens plus âgés que moi, la majorité de ceux avec qui je discute le plus a entre 40 et 45 ans. Et je pense que la raison en est simplement que l'approche de la sexualité est différente à partir d'un certain âge (je n'en fais pas une règle générale, j'ai vu passer des trucs bien trash aussi pour compenser). Il n'y a pas de recherche de performances, pas de preuves à faire, pas de boulimie. Comme tu le dis toi-même : la qualité plutôt que la quantité. Je ne recherche pas l'orgasme à tout prix, c'est une pression que je ne veux mettre sur personne (mon partenaire du moment, comme moi-même). Je veux juste du bien-être, une situation où je me sens en confiance, où je peux m'abandonner et j'apprécie autant le moment câlin que la complicité qui peut naître à ce moment. Ce qui ne m'empêche pas d'avoir de temps en temps des besoins plus "vigoureux", mais c'est selon l'humeur. Voilà
Et je crois qu'aujourd'hui, j'en suis toujours au même point. Ou presque.

Rares sont les hommes entre 25 et 35 ans qui ont ce regard, ce recul sur le libertinage, sur le sexe, sur la femme, sur la vie en général ; cette capacité à s'abstraire un peu des instincts bassement primaires que j'affectionne tant. Il faut du vécu pour cela. Oui, la finalité reste la même : un plan cul, mais il y a mille manières d'y arriver et on peut en retirer mille choses différentes aussi. Et je suis toujours en quête d'un enrichissement personnel à travers mes rencontres.

Parmi ces jeunes, certains ne sont que de fringants baiseurs en série pour qui c'est tout de suite, maintenant, et vite, d'autres sont dans la superficialité la plus absolue et ont besoin d'être validés et admirés pour leurs tablettes de chocolat, la longueur de leur sexe et leur endurance, d'autres encore ne sont que des garçons et pas encore des hommes. Le nombre de fois où on a essayé de me vendre des heures de cunnilingus très appliquées, le plus bel orgasme de ma vie, un plaisir sans comparaison possible et le septième ciel. Le nombre de fois où j'ai bien senti que la personne en face ne comprenait pas les raisons profondes de mon refus (ce qui pour moi n'est finalement qu'une confirmation de ma première impression)...

Là encore, j'ai eu l'occasion d'en discuter avec des partenaires et de simples contacts de passage et de comparer nos impressions sur le sujet. Le constat un poil réducteur est le suivant : il y a une différence générationnelle assez évidente dans les pratiques. La génération tout tout de suite, la génération porno, la génération consommatrice, la génération ultra connectée, la génération qui zappe, la génération de la superficialité et de l'importance du regard porté par l'autre sur soi, cette génération est bel et bien parmi nous. Nous sommes plusieurs à nous interroger sur le devenir de ces jeunes de 20 ans déjà inscrits sur ce type de sites et qui brûlent les étapes. Que seront-ils quand tout aura été testé, expérimenté, goûté. Des accros ? Des blasés ? Des experts ? Des machines sans âme et sans empathie ? Des gens plus à l'aise dans leurs baskets ? Des décomplexés ? Des gens comme les autres qui finissent par croire que la monogamie est la seule voie valable quand les conneries de la jeunesse sont derrière eux ? On se donne vraiment l'impression d'être des vieux cons revendiquant encore le "c'était mieux avant" parfois. Reste que nous observons tout cela avec un mélange de curiosité et d'appréhension. Et que nous ne nous sentons pas vraiment en phase avec eux, tout du moins dans un rapport qui transcende un peu le cul.


Lambda2 : Homme charmant, gourmand, ardent, cultivé, cherche jolie rencontre avec très jeune femme ayant le fantasme d'homme mûr et le désir réel de l'assouvir avec gourmandise, tendresse et bonne humeur joyeuse.
Extrait de conversation.


À moins d'être doyen(ne) de l'humanité, on est toujours plus jeune que quelqu'un. Le profil ne m'intéressant pas particulièrement, mais l'accroche m'ayant amusée, j'ai décliné poliment en soulignant que je n'étais plus tout à fait une "très" jeune femme quand même. Il approchait les 60 ans et je ne suis pas trop dans le trip Sugar Daddy, c'est en tout cas l'impression que son message m'a donné formulé comme il l'était et même s'il n'a jamais été question d'argent bien entendu. Les choses en sont restées là avec lui.


Jusqu'à très récemment, la barre des 50 ans me paraissait être un mur infranchissable. Je ne me projetais pas du tout. Sexuellement, c'était une sorte de mystère (comme si chaque dizaine d'années franchie changeait tout de manière radicale dans la vie d'un homme). Et surtout que pouvais-je donc espérer apporter à quelqu'un de quelques 15 ans plus âgé - presque une autre génération pour moi ? Un corps jeune, certes, mais spirituellement, comment construire le moment, surtout quand je prends autant de plaisir à échanger autour du sexe que de la culture ? Je trouve toujours étrange d'avoir entamé une relation avec quelqu'un de 16 ans mon aîné, dans laquelle, qui plus est, l'aspect "figure paternelle" est totalement assumé, et force est de constater qu'il a fait bouger une ligne de plus dans ma petite vie libertine. Maintenant, je me dis : 40 - 55 ans... pourquoi pas ? Soyons fous ! Autant dire que ça ne va pas faire les affaires des plus jeunes. (Promis, dans 10 - 15 ans, je fais bouger l'autre ligne et je tente de devenir une cougar.)



Et pour le plaisir de la contradiction, dans mes recherches couples, mes critères d'âge sont plus souples, même si en dessous de 30 ans, ça ne m'excite toujours pas franchement. Mes quelques expériences réussies m'ont prouvé que le plus important dans ces relations triangulaires est la complicité et la confiance qui s'établissent entre les trois partenaires. Un mari plus jeune que moi de seulement deux ans et très bon ami m'avait d'ailleurs avoué que, même si la possibilité de nous voir à deux était envisageable, il restait persuadé que l'homme seul qu'il serait alors ne correspondrait pas à mes attentes en la matière. Et il avait raison. Seul, il ne m'intéressait pas. 

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