Xconfessions 5



Tout est venu de la lecture de cet article (Comment le porno féminin brise les codes de l’industrie du sexe) des Inrocks qui s'est rajouté à une liste d'articles sur le sujet qui commence à devenir un peu longue. Quand on me parle de films porno faits par des femmes pour des femmes, déjà, je pense marché de niche, et en plus ça me laisse perplexe. C'est un peu comme la romance : c'est écrit par des femmes pour des femmes... et ça n'a jamais réussi à me faire mouiller rêver.

Sauf que là, ça a été la goutte d'eau, j'ai craqué, je me suis dit qu'il fallait que j'aille enfin me faire un avis par moi-même et donc regarder un film porno non pas parce que j'avais besoin de soulager une envie pressante, mais dans un but d'édification purement personnelle. 

Bilan : c'est joliment filmé, mais ma culotte est restée comme les chaussettes de l'archiduchesse : archisèche. Sur la fin, mon attention a faibli, hormis quelques accélérations, j'en ai aussi profité pour cirer mes bottines, vider mon stock de vies à Candy Crush Saga et commencer à écrire le présent texte. Malgré ma belle volonté initiale, l'ennui a fini par me gagner. Sans doute parce que c'est plus érotique que porno et que je ne suis, comme pour le cas de la romance, pas le public cible. J'ai même envie de qualifier ce collage de courts érotiques de "mignon"... Or, quand j'ai envie de m'abonner à quelques plaisirs solitaires rapidement, je ne recherche pas du mignon. J'ai envie de brut de décoffrage et d'un poil plus d'agressivité. De choses que je ne vis pas dans ma vie coquine. De quelque chose de totalement déconnecté de ma réalité.

Là, je me suis demandée assez rapidement s'il ne suffirait pas de filmer mes ébats avec un autre Lust (coïncidence marrante) pour lancer une carrière, tant il y avait de similitudes dans les actes, les comportements et les idées. Et justement, nous n'avons pas vraiment besoin d'autres choses que nous-mêmes pour nous stimuler. Mais passons.

Le hic, aussi, c'est que si on me vend ce genre de films comme un objet cinématographique, c'est mon esprit critique qui va se mettre en branle. Et quitte à regarder des films qui abordent les choses crument et avec du fond, mon attention va se porter alors sur des Shortbus9 songs et Intimité. Ce porno féministe se retrouve le cul entre deux chaises, il est bien filmé, les images sont chatoyantes, il y a un ersatz de scénario, mais intellectuellement, je n'y trouve aucune matière et ça ne m'excite pas une seconde. Je peux à la rigueur en faire la promotion, peut-être, pour essayer de faire bouger les mentalités. Mais à titre personnel, je n'y trouve rien d'intéressant, c'est déjà ce que je vis.

L'intérêt de ce genre de films réside peut-être dans leur capacité à montrer la réalité des choses à ceux qui en ont besoin. Parce que oui, le sexe, ça peut être comme ça, avec de la tendresse, du désir, de l'ardeur, du partage, de la joie, des regards, de la salive, de l'enthousiasme, des cicatrices, de l'envie, des va-et-vient, des poils, des grimaces, des rayons de soleil, des rondeurs, de la sueur, de la spontanéité... et même de l'intimité. Bref, le sexe, ça peut être comme c'est à l'écran.

Le message est peut-être là tout simplement : comme une invitation faite aux femmes à assumer leur sexualité, à avoir des fantasmes et à les réaliser. Mais en ce qui me concerne, c'est trop tard, c'est déjà fait.

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