Hétéro, bi-curieuse, bi, hétéroflexible.


J'ai toujours été attirée par les femmes, d'ailleurs mon premier baiser a été avec une jolie blonde. Certes, nous n'avions que 8 ou 9 ans toutes les deux, mais mon éveil sexuel prépubère s'est fait en partie avec elle, avec mains baladeuses et baisers sans la langue à l'appui. Peut-être que le fait que nous n'ayons jamais été prises sur le fait a évité que quelqu'un nous dise que c'était mal, nous laissant ainsi le souvenir innocent de quelques émois au contact d'une autre fille. Peut-être aussi que le fait que personne dans mon entourage familial ne soit jamais venu fermer la porte en affirmant qu'une femme forme forcément un couple avec un homme a joué également. Peut-être que l'un dans l'autre, avoir une relation intime avec une autre femme n'a jamais été tout à fait exclue dans ma tête.

En grandissant, je me suis tournée assez naturellement vers les hommes, car, quand même, c'est la norme dans notre société. Mais, pour autant, je n'ai jamais remis en question mon attrait pour les femmes et n'ai jamais culpabilisé d'avoir nourri des pensées totalement impures pour certaines d'entre elles, notamment une de mes meilleures amies. C'est cependant resté un fantasme enfoui à cette époque et durant les années de monogamie qui ont suivi. Je n'aurais pas su où aller chercher ce que je voulais de toute façon et j'étais bien trop introvertie pour demander.

Ça a donc été le calme plat pendant longtemps... très longtemps. Pas de frustration à proprement parler, juste quelques soupirs de temps à autre, quelques frétillements de narines, parce que certaines femmes me font parfois beaucoup d'effets quand même.

Puis, des années plus tard, a eu lieu mon éveil libertin.

J'ai alors décidé d'embrasser toutes les formes de ma sexualité à bras le corps, mais à mon rythme. D'hétéro, je suis passée, en toute logique, à bi-curieuse. Mes recherches se portaient donc sur les hommes, les couples et les femmes. Je ne savais pas du tout comment m'y prendre avec les femmes, mais les lieux étaient autrement plus propices à la découverte.

J'ai fait l'erreur de forcer un peu les choses au début, pour mieux me rendre compte qu'une rencontre entre femmes seules n'allait pas fonctionner pour moi. Ça générait trop de pression de mon côté, le côté initiatrice de ma partenaire en rajoutait une couche ; il y avait peu de chance que ce soit très épanouissant et agréable comme je l'espérais. J'ai été jusqu'au rendez-vous, jusqu'au baiser, et rien de plus ce jour-là. Par la suite, l'agressivité sexuelle de ma partenaire potentielle m'a mise mal à l'aise et les choses en sont restées là. J'avais besoin de plus de douceur et de fluidité pour une première fois, et sans doute d'un contexte plus léger.

C'est finalement avec un couple que les choses se sont faites beaucoup beaucoup plus tard en prenant beaucoup beaucoup de temps, la faute à un calendrier contrariant. Elle, j'étais fan de son corps et de son tempérament. Lui, il avait un esprit et un humour tellement en phase avec le mien. J'avais un coup de cœur pour les deux, et une vraie excitation sexuelle pour elle. L'idée initiale était de nous laisser vraiment le temps de nous découvrir quitte à ce que monsieur reste sur le banc de touche. Les choses ne se sont finalement pas passées comme prévues, elles se sont rééquilibrées entre nous trois et j'ai plané pendant deux jours. Dire que j'étais en amour pour elle est un faible mot. J'ai tout aimé chez elle : la forme de ses seins, sa taille si fine, la douceur de sa peau sous mes mains, son regard chaud comme la braise, son goût sur ma langue et la forme de son sexe dans ma bouche. Et sa jouissance. L'espace d'un instant, j'ai compris ce qu'un homme pouvait ressentir au moment de la jouissance d'une femme. Ça m'a transportée. J'en rêve encore aujourd'hui.

J'avais bien sûr fait ce que toute personne fait pour se rassurer : lire des manuels de comment bien faire le machin avec le truc pour réussir. Mais sur le moment, j'ai finalement appliqué les techniques que l'un de mes amants avait lui-même utilisées sur moi avec un certain succès. Une très bonne technique en effet. Tout ça pour dire, qu'être une femme ne donne pas de clés de compréhension supplémentaires rapport au plaisir des autres femmes. Les grandes lignes sont les mêmes, les subtilités demandent beaucoup plus de temps et mettent tout le monde sur un pied d'égalité.

Après ce rendez-vous, il était plus qu'évident que le "curieuse" pouvait sauter. Ça avait d'ailleurs fait beaucoup rire mes partenaires, car, pour eux, il n'y avait jamais eu de doute à mon sujet. Il ne me manquait qu'un galop d'essai. Je suis donc devenue bi. J'ai ensuite réitéré avec d'autres femmes, toujours dans le cadre de trio, et j'ai aimé découvrir des corps superbes aux réactions si variées. Je suis bi au point d'être attentive au fait que l'autre femme du trio que je pourrais être amenée à rencontrer le soit aussi. Sinon, je risquerais d'être frustrée et déçue. Et le trio déséquilibré.



Les sites de rencontres nous forcent généralement à définir notre sexualité d'entrée de jeu, tout en ne laissant pas tant de choix que ça. Il y a, la plupart du temps, la possibilité d'être hétéro, bi-curieux/se, bi, homo. Certains acceptent éventuellement les trans. Sur des sites un peu plus spécifiques et au public beaucoup plus "large", les choses deviennent beaucoup plus nuancées : hétéro, hétéroflexible, bi, homoflexible, gay, lesbienne, queer, pansexuel, fluctuant/évoluant, asexuel, incertain, non applicable. Là, il y a de quoi faire !

Ce qui me correspond le plus est hétéroflexible : majoritairement hétéro avec, périodiquement, du désir pour des femmes. Aujourd'hui, je n'ai toujours pas cette envie pulsionnelle de me retrouver en tête à tête avec une femme dans une chambre à coucher, et, ce, pour une raison un peu annexe au désir à vrai dire. Avec moi, chaque rencontre à deux est construite, j'ai besoin de désir, mais j'ai aussi surtout besoin d'esprit et de complicité, d'être sûre qu'il y aura des choses à se dire quand il n'y aura plus rien à faire. Or, j'ai beau être une femme, je ne me sens pas en phase avec la plupart de mes congénères. Je dois avouer que la lecture de ce blog s'attachant à relater les fantasmes des femmes dans toute leur variété ne m'a pas aidée à me sentir plus en phase. Les autres femmes, pour la plupart, restent des animaux un peu curieux pour moi et les séduire ne me vient pas aussi naturellement que lorsqu'il s'agit d'un homme. Une question d'habitude sans doute. Ou alors, je n'ai pas encore trouvé LA femme qui me fera faire de vraies folies pour l'attirer dans mon lit. C'est possible aussi.



Une parenthèse finale : cet attrait que je n'ai jamais vraiment dissimulé représente un avantage cocasse et non négligeable : dans la rue, je regarde plus souvent la même chose que mes partenaires masculins du moment, ce qui donne lieu, en général, à quelques regards complices et éventuels commentaires dont je tairai la nature.



L'idée de ce post a été inspirée par cette petite BD en quelques cases.

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