À ma merci



Inverser les rôles ? Pourquoi pas après tout. Pourquoi ne pas être celle qui ligote celui qui me ligote d'habitude ? Ma connaissance des nœuds marins est aussi mince que lointaine, mais il faut bien se lancer un jour. Commençons simple alors. Faisons un tout d'un balbutiement. Faisons en sorte que ton expérience ne se réduise pas qu'à des jeux de cordes. Aujourd'hui, j'ai envie de t'avoir à ma merci tout entier. 

Ma seule et unique consigne : te trouver nu et les yeux bandés dans la chambre en arrivant. C'est tout. Tu pouvais tout à fait te permettre de ne pas bander, même si je savais qu'il y avait de fortes chances que ce soit le cas. Magie de l'anticipation et de l'imagination. Il faut dire que j'avais pris grand soin de te bercer de mystères et de regards lubriques pendant les jours précédents notre rencontre.  

Te voir là, devant moi, debout, très nu et très impatient ; difficile de ne pas avoir envie de te toucher, de te caresser, de te prendre en main. Mais je me retiens. Je pose mes affaires sur la chaise à l'entrée, sors les cordes noires et rouges, le bol et... le gel nuru. Puis je me change et souris. Cette tenue, tu ne la connais pas encore et j'attends vraiment de voir ta réaction quand tu la découvriras à la fin. Elle est fidèle à moi-même en tout cas. Jusqu'à la pointe de mes chaussures.

Tu es sage, mais je te sens impatient. Tu as besoin que je m'approche, que je t'embrasse, que le contact entre nos peaux se fasse enfin. Je me contente de saisir une de tes mains et de la poser sur ma taille, pour que tu touches le tissu de ma guêpière pendant que tu le peux encore. Je ne t'autorise rien de plus. Je garde ta main dans la mienne et te contourne pour l'amener dans ton dos. J'attrape l'autre main et, d'un geste un peu ferme, t'indique la position que je veux que tu gardes.  

Je forme la première boucle. La corde passe un poignet, puis l'autre, et ainsi de suite. Les lignes parallèles se tendent entre tes avant-bras. La corde plonge enfin dans la boucle et change de direction. Les lignes parallèles se resserrent et disparaissent sous des anneaux perpendiculaires, rigidifiant cette belle paire de menottes. Un premier nœud et me voilà assurée que tu ne pourras plus me toucher.

Je prends une seconde corde, une rouge cette fois, et je viens l'enrouler autour de ton torse, juste au-dessus de la ligne de tes mamelons. Une boucle dans ton dos et la corde repart, revient devant, contourne, passe dans la boucle, repart dans la direction dont elle vient, refait le tour - j'en profite pour déposer un baiser sur ta peau - repasse derrière, retrouve la boucle... et ainsi de suite, je tisse. J'emprisonne un biceps en passant, puis le second en arrivant de l'autre côté. Puis je forme les boucle perpendiculaires qui vont rigidifier l'ensemble jusqu'à devoir faire un nœud.

Troisième et dernière étape. La corde est noire. Je reproduis le premier schéma, mais plus haut sur tes bras, juste en dessous de la corde rouge. Au moment de changer de direction, je prends soin de l'emprisonner avec la noire. Un nœud et j'ai fini. 

Tu as été patient, tu n'as rien dit sauf quand j'ai demandé régulièrement si tout allait bien. Ta respiration est restée calme et ma concentration entière. Maintenant, je peux profiter un peu du spectacle, prendre quelques photos, te regarder, te caresser, te humer, t'embrasser. Je suis contente. Mes couleurs te vont bien. Ce n'est sans doute pas aussi joli que beaucoup de modèles que j'ai pu voir sur le net, mais je suis quand même assez satisfaite de mon travail. Surtout que je vais pouvoir attaquer la suite du programme. 

Je t'aide maintenant à te mettre à genoux et bien droit sur le lit. Il est grand temps que je m'occupe de ta jolie queue. Sa rigidité est un appel auquel je me dois de répondre sans tarder. Pour ton plaisir et pour le mien.

Je t'abandonne cinq minutes le temps d'aller dans la salle de bain pour remplir le bol d'eau tiède et y rajouter le nuru. Je mélange et je teste la viscosité du résultat. À point. Ta queue est à moi et tu ne sais toujours pas ce que je te réserve. Que se passe-t-il dans ta tête en entendant tous ces bruits autour de toi ? À cet instant, j'ai l'impression d'être une sorcière qui se retient très fort de lancer un rire machiavélique. Je ne voudrais pas trop te faire peur non plus.

Je m'allonge confortablement devant toi, ma potion à portée de main pour venir y puiser autant de fois que nécessaire. Je sais que la viscosité du produit peut varier très vite et que mes mains risquent d'accrocher à ta peau. Je veux être sûre de t'offrir une grande glissade entre mes doigts, des sensations que tu n'as jamais connues et une jouissance inédite. Enfin, c'est ce que j'espère très fort.

J'attaque, je trempe mes mains et les enroulent sur son sexe, j'alterne les mouvements de bas en haut, une main après l'autre, puis je te serre à la base pendant que ma paume glisse sur ton gland si rond et si gonflé. Je sens, je vois tes réactions et elles m'indiquent que le plaisir est au rendez-vous. Et bien plus encore. J'accélère, je varie les positions, je serre, je caresse, je masse, je glisse en continu. Je ne fais pas de pauses ; mon but est de te faire craquer contre ton gré et je ne ménage pas mes efforts. Je veux que tu sois surpris par ta propre jouissance, que l'orgasme t'emporte et dure longtemps. J'ai envie que ce moment soit mémorable pour toi et pour moi.

Et tu jouis d'un coup, sans que je l'aie senti venir. Dans un cri, dans une cambrure, dans un élan de ma main remontant le long de ton sexe. Tout ton corps est secoué par le plaisir et tu arroses ma guêpière satinée rouge d'un grand jet de sperme épais et laiteux. Je sais que cet état va se prolonger quelques instants, alors je ne te touche plus, je te laisse reprendre ton souffle. Je te dévore des yeux sans que tu ne puisses t'en rendre compte, je suis hypnotisée par ton lâcher prise, comme toujours. Si seulement j'arrivais à mettre des mots sur la complexité de ce que tu me fais ressentir à chaque fois...

Quand je te sens enfin redescendre, je prends la température : pas de douleurs, pas d'inconfort particulier, mais la position commence à te fatiguer. Je t'aide à t'asseoir et te libère rapidement. Je te retire enfin ton bandeau pour que tu puisses profiter de ma tenue et de la marque indéniable de mon succès du jour qui la macule et que je vais garder avec moi jusqu'au soir.

Maintenant, on peut se serrer dans les bras l'un de l'autre, s'embrasser, se caresser. On l'a bien mérité tous les deux...

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