Ma reddition de Toni Bentley

Ma reddition de Toni Bentley

Présentation de l'éditeur - Dans ce récit autobiographique fort troublant, Toni Bentley, ancienne danseuse étoile du New York City Ballet, nous conte les joies du holy fuck, la sodomie qui enseigne l'absolu pardon. L'auteur "place la barre très haut", et pour parvenir à serrer parfaitement chacun des muscles de son corps de ballerine, et pour poser sa plume d'écrivain au plus près de sa cible transgressive. Car, au-delà de son séduisant aspect érotique, cette longue offrande, cette confession d'une incroyable liberté, épouse la forme d'une somptueuse lettre d'amour et de gratitude, adressée à A-man, l'homme par excellence qui, 298 fois en deux ans, révéla l'extase mystique à l'amante. en la pénétrant "religieusement", A-man lui procure une jouissance qui la vide de son moi, vide qui engendre au cours de rituels soigneusement orchestrés, un don sans réserve.


Jadis, j'ai tant aimé un homme que je n'existais plus — il n'y avait que Lui, Moi n'était plus. Maintenant je m'aime assez pour qu'aucun homme n'existe il n'y a que Moi, Eux ne sont plus. Ils étaient tous Dieu, et j'étais, Moi, une créature de mon imagination ; maintenant ce sont les hommes qui sont des créatures de mon imagination. Le jeu est le même, seules les positions diffèrent. Je ne connais pas d'autre façon de jouer. Quelqu'un au-dessus, quelqu'un en dessous. Côte à côte, quel ennui ! Un jour, j'ai essayé cette position pendant quelques minutes ; ce fut franchement déroutant. L'égalité nie le progrès, empêche l'action. Quand l'un est dessus et l'autre est dessous, on peut monter au septième ciel et redescendre, alors que sur le côté, nul ne peut s'entendre sur qui va payer, qui sera baisé et en fera les frais ! 
Je vois sa verge comme un instrument thérapeutique. Seul Dieu a pu songer à un tel remède pour ma blessure abyssale — la blessure d'une femme que son papa n'a pas aimée. Cette blessure n'est peut-être pas du tout d'origine psychologique, mais véritablement l'espace intérieur qui aspire à Dieu. Une femme dont le père lui a dit, il y a longtemps, que Dieu n'existait pas.
Mais je veux Dieu.
Me laisser enculer me rend espoir. Le désespoir n'a aucune chance quand sa verge est logée dans mon cul, laissant le champ libre à Dieu. Il m'a ouvert les fesses et, avec cette première estocade, il a rompu mon déni de Dieu, brisé le mur de ma honte, et a mis celle-ci à jour. Mon désir n'est plus caché ; il a un nom maintenant. 

Le temps de lire l'introduction et un chapitre, et je pensais déjà que je n'allais pas être très en phase avec l'auteur de ce livre. Qu'est-ce qui m'a tant rebutée ? J'hésite franchement entre son incapacité à apprécier une relation d'égal à égal avec un homme ou son délire mystique autour de son trou de balle. L'un dans l'autre, ça n'allait pas vraiment pouvoir coller entre nous, mais comme on m'avait vivement conseillé la lecture de ce livre, je lui ai donné sa chance quand même.

Eh bien, c'est un bon livre. Un très bon livre même. La quatrième de couverture pouvait laisser supposer que ça ne serait qu'un énième livre de cul, avec moult scènes de sexe et de soumission destinées à émoustiller la lectrice. Fort heureusement pour moi, il n'en est rien. Il s'agit bien plus du récit d'un parcours, d'une reconstruction, d'une affirmation de soi en tant que femme libre qui assume ses désirs, et d'un bien joli parcours qui plus est, car l'auteur est à la fois cultivé et capable de recul sur son expérience, ce qui rend la lecture très plaisante. Même si, à la fin de l'ouvrage, il est évident qu'elle a encore des choses à digérer et à comprendre, le travail d'analyse est franchement passionnant à suivre d'un bout à l'autre. Autant dire que j'ai rapidement mis de côté sa quête d'une extase mystique, qui n'est rien de plus qu'une recherche de lâcher-prise finalement. Certains appellent ça le subspace, elle, elle voit Dieu. Admettons. Vu son parcours et son traumatisme initial, c'est sensé ; même son attrait pour la sodomie ritualisée fait sens.

À titre très personnel, j'ai été amusée de voir comment nos chemins respectifs se croisaient à plusieurs reprises. Il y a à la fois des gros points communs et des différentes énormes, des erreurs qu'elle fait et que j'ai su éviter en devenant polyamoureuse, notamment, et des choses que je n'ai pas encore vécues, mais, à terme, nous devrions arriver sans doute au même point. La finalité de la quête est la même en tout cas : une libération. Et quelle que soit la forme qu'elle prend, c'est à chacun(e) de trouver la voie qui lui correspond pour l'obtenir. Un beau livre très inspirant en tout cas.

J'ai découvert aussi que le fantasme de coucher avec un homme pour de l'argent est incroyablement sexy. La putain qui est en nous toutes s'entraîne, pour ainsi dire. Vendre sa sexualité, par choix, libère le désir de la femme des culpabilités, restrictions et refoulements de petite fille qui se multiplient dès qu'on est "amoureuse". 
J'ai compris que, si je donnais libre cours à ces divers fantasmes sans les refouler, ils me révéleraient des facettes de moi qui sans cela resteraient entièrement cachées. Je me suis attachée, en particulier, à la fraction de temps précédant l'instant de la fatalité orgasmique. Quelle pensée, quelle dynamique, quelle image causent cette magique perte de contrôle finale ? C'est là le moment crucial qui semble unir la conscience au divin. Et, le plus souvent, je me suis aperçue que ce chemin élevé est inspiré par des activités de totale salope.

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