Florilège 6

Homme seul : Je suis sur (nom d'une ville à 2 h de route). De temps en temps le débotté n'est pas mal ;-)
Moi : Ok, je viens avec mon partenaire et ses parents alors !
Homme seul : Cela va faire beaucoup... Bon je comprends que vous êtes en soirée familiale et en diner. Je vous souhaite une délicieuse soirée.

Homme seul : une princesse je ferai de vous juste pour vous matez et que vous me teniez compagnie
Moi : Euh non, ici, c'est Sarah Connor. La princesse, c'est la porte à côté.

Homme seul : La beauté sans esprit et comme un hameçon sans appât.
Vous possédez les deux, rien de mieux pour rendre un homme heureux.
Au plaisir de pouvoir vous lire.
Au revoir madame
Moi : Par nécessité, par inclination ou par plaisir, nous citons tous, mais nos meilleures idées viennent souvent des autres. Heureusement (ou malheureusement), la vie est courte, mais elle nous laisse toujours du temps pour la courtoisie.
Bonne continuation à vous !
(Note : il s'agit d'une citation de Ralph Waldo Emerson à laquelle j'ai répondu par trois autres du même auteur)
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Lu ailleurs #5


  • Accros au "Chemsex", le sexe sous drogue : Je m'interrogeais sur l'avenir du sexe chez la jeune génération qui veut tout expérimenter "là maintenant tout de suite parce qu'on n'a qu'une vie !" avant d'avoir 30 ans. Il serait dommage que, ne trouvant plus rien de nouveau à faire, elle s'oriente vers cette pratique pour tromper l'ennui ou parce que "ma motivation première, c’était d’expérimenter le lâcher prise parce que j’ai eu une éducation assez stricte. Ensuite, c’était de partager le plaisir" et d'en arriver à "je n’arrive plus à avoir un rapport sexuel normal". 

  • Bondage, sadomasochisme, domination, soumission: est-ce dangereux ?
    Enfin, c'est la conscience de soi, la communication et les règles qui permettent à la plupart des adeptes du BDSM de le pratiquer sans se mettre en danger – psychologiquement ou physiquement. Comme l'explique l'étude néerlandaise, le fait d'être conscient de « son identité et de ses désirs sexuels » et avoir la capacité « d'en informer ses partenaires sexuel de façon explicite et adéquate renforcent le bien-être subjectif. Le BDSM ne peut être pratiqué sans le consentement explicite des partenaires quant aux types d'actions à réaliser, à leur durée et à leur intensité ; chaque partenaire doit donc avoir une connaissance approfondie de ses désirs et doit pouvoir les expliquer avec clarté. Ce qui pourrait expliquer le lien existant entre pratique du BDSM et bien-être subjectif ». La communauté y contribue, elle aussi : selon l'étude finlandaise, « le bien-être social semble être associé au degré d'intégration dans les sous-cultures sadomasochistes ».
    Cette description est celle de la situation idéale, qui est d'ailleurs la façon dont je pratique. Mais je vois quand même passer des profils de personnes qui ne font pas ça pour les bonnes raisons, dans un sens comme dans l'autre, ce qui n'est pas très rassurant et assez triste. C'est censé être une source de bien-être, pas une outil d'auto-destruction ou d'annihilation...
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Lutine, un film d'Isabelle Broué

Chlouk

Note : C'est par l'intermédiaire d'un ami que j'ai entendu parler du projet et surtout que j'ai eu l'occasion de le voir grâce à une invitation à une séance privée. Le sujet nous est assez cher, car lui comme moi sommes polyamoureux (mais pas ensemble), et nous échangeons au sujet de nos expériences respectives depuis de nombreux mois. Lutine nous intriguait l'un et l'autre, forcément.

Synopsis : Une réalisatrice décide de tourner, là maintenant, tout de suite, un documentaire sur le lutinage – aussi appelé polyamour, ou l’art des amours plurielles.
Comédie documentaire, ou plus exactement : une comédie ET un documentaire, Lutine est un OFNI : un Objet Filmique Non Identifié.
Le film à l’arrivée est un montage improbable entre d’un côté, un vrai documentaire sérieux sur le lutinage, et de l’autre, le pseudo making of de son tournage, doublé d’une véritable fiction le jour où la réalisatrice embauche un comédien pour jouer… le rôle de son amoureux dans la vie !
Jouant avec les émotions et les sentiments – surtout ceux des autres – brouillant les pistes entre réalité et fiction, elle prend des risques dont elle ne mesure pas toujours les conséquences…
Son couple y résistera-t-il ? Finira-t-elle son film ?

Et ce que j'en dis : Ah, ces synopsis qui en disent trop et me coupent l'herbe sous le pied, j'adore... Car oui, le film est exactement ça : un OFNI. Mais un OFNI dont la forme déroutante le rend au final très futé et ludique.

Les premières minutes sont un peu perturbantes, le temps de comprendre que la réalisatrice se met elle-même en scène dans une mise en abyme de la réalisation de son propre film sur un sujet qu'elle va à la fois documenter et explorer par elle-même. Mais est-ce Isa, la réalisatrice dans le film, ou Isabelle, la réalisatrice du film, qui parle vraiment ? Et qui parle quand Isa se met à son tour à jouer dans son film ?

La forme joue en permanence sur trois niveaux : le film en lui-même qui est une comédie qui relate le tournage du film documentaire sur le polyamour et les tournages avec des acteurs (qui gardent souvent leurs vrais prénoms) qui interprètent des polyamoureux, mais qui ne le sont pas vraiment, mais vont parfois le devenir dans le film. Le tout entrecoupé de témoignages de vrais polyamoureux qui vont aussi jouer un rôle dans le film. Et tous les niveaux s'intersectent sans prévenir. Vous suivez ? Tout le trouble généré par Lutine est là et est même souligné, à un moment du film,  par les acteurs qui ont l'air de s'y perdre entre les personnages qu'ils interprètent dans le film du film et dans le film. Pourtant, quelque part, c'est amusant de s'égarer, de se raccrocher aux branches et de penser avoir finalement compris. Ou pas. Le résultat est là en tout cas : le spectateur est attentif.

En utilisant ce procédé qui donne un peu mal à la tête sur le papier, ça force le spectateur à prendre constamment du recul sur ce qu'il voit, à comparer les situations et à analyser. On croit regarder un documentaire, mais on comprend vite, à force de digressions, qu'il s'agit d'une comédie qui traite sérieusement du polyamour. Et que le polyamour, comme beaucoup d'autres situations dans nos vies (la vie de couple à deux notamment), n'est pas un fonctionnement si simple que ça. Il y a un apprentissage à faire et c'est en le vivant qu'on en comprend vraiment les mécanismes.

Qu'en est-il du contenu du coup ? Il s'y dit des choses tellement vraies, tellement limpides, qui me parlent énormément. Ça me rappelle mon propre parcours en fait. Et j'aime tellement entendre dire que le polyamour est féministe. Puis, on y cite La Salope éthique, mon livre de référence, celui que je conseille à mes amis libertins (car La Salope n'est pas que sur le polyamour, c'est avant tout sur les relations non exclusives, quelle que soit leur teneur). Par la mise en parallèle de scènes de vie qui n'ont rien de polyamoureuses avec ce qu'est le polyamour dans les faits, il y a un paquet de bonnes questions soulevées. Comment gérer la jalousie ? Comment travailler sur soi ? Comment identifier et gérer ses peurs ? Comment apprendre à bien communiquer ? C'est vraiment bien vu et applicable dans bien des domaines de la vie amoureuse, en plus d'être des questions essentielles à se poser quand on se lance dans les amours plurielles.

Cerise sur le gâteau, comme de plus en plus souvent quand il est question de polyamour, le sujet est traité avec une absence de jugement et beaucoup de douceur qui donne à la chose une aura de bien-être et d'épanouissement. Ce qu'elle est si on a la chance de pouvoir s'y abandonner.



Pour en savoir plus : http://lutineetcie.com/lutinelefilm/
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Des hommes, des fesses et moi

Marcellus - Photo de Yvan LEMEUR

Encore une histoire de fesses, mais ce ne sont pas les miennes qui seront à l'honneur cette fois. Non, cette fois, je m'attaque à celles des hommes, et de ce qu'on peut faire avec... et surtout entre elles. 



Je ne me souviens plus comment j'étais tombée sur cette vidéo où l'on voyait une femme s'essayer au massage prostatique guidée pas à pas par un homme. C'était plus un didacticiel qu'autre chose, mais les deux étaient très très nus et surtout les deux étaient très très décontractés et légers dans leur approche. Lui en parlait vraiment comme d'une forme de jouissance à part, sans comparaison, intense. Et surtout, il avait dit qu'il pouvait jouir comme ça sans même éjaculer à la fin. J'avais trouvé ça intrigant, totalement magique, puis j'avais relégué tout ça dans un coin de ma tête au rayon des "Ça me fait rêver, mais là, ça risque d'être difficile à réaliser". Ça remonte bien à il y a 7-8 ans. Impossible retrouver la vidéo aujourd'hui naturellement.



C'est dans le cadre du libertinage que j'ai commencé à croiser des hommes qui m'ont parlé de leurs envies de laisser une femme jouer avec leur anus, et plus si affinités. Soit simplement avec les doigts (ou la langue), soit avec des accessoires. Soit en jouant simplement à l'entrée, soit en allant jusqu'à la pénétration et la fameuse prostate. D'un côté comme de l'autre, il y a de la curiosité et un désir d'expérimenter qui demande que tout le monde soit bien en phase sur le moment. Car, il n'est peut-être pas évident psychologiquement pour un homme de se laisser aller au plaisir anal, mais il n'est pas non plus forcément évident pour une femme de jouer ainsi avec le plaisir masculin, et c'est vraiment là mon objectif principal : faire jouir l'homme comme jamais. Il faut donc que mon partenaire en ait envie et que j'en aie envie aussi. Au même moment qui plus est. Du coup, l'alignement de planètes ne s'étant pas fait si souvent, je suis encore en pleine découverte et je prends mon temps tout en restant à l'écoute de mes partenaires.

Pour l'anecdote, ma petite fierté personnelle, c'est d'avoir su saisir l'opportunité au vol avec une rencontre d'un jour. Rien de trop agressif, j'ai juste pris le dessus à un moment et, tout en le branlant, j'ai placé la pulpe d'un doigt sur son sphincter, que je me suis contentée de masser, ongle trop long oblige. J'ai compris en l'observant que non seulement c'était la première fois pour lui, mais qu'en plus, il était lui-même étonné d'y prendre autant de plaisir. La surprise dans son regard était délicieuse. Et j'étais particulièrement contente de lui avoir fait découvrir ça, même si c'était resté très sage ce jour-là.



Bien sûr, l'idée de se faire vraiment prendre par une femme a travaillé l'esprit de quelques partenaires avec qui la conversation est allée dans cette direction au fil des rencontres. Et ça me travaille aussi du coup. Sauf que je suis difficile. Passée l'impression étrange que me fait ressentir le fait de m'imaginer en train de sodomiser un homme, je souhaite surtout le faire en préservant au maximum ma féminité. Et c'est là que ça a coincé très très longtemps. Je ne trouvais pas l'accessoire idéal. J'ai dit que j'étais difficile, c'est encore pire que ça. Ça m'a pris presque deux ans. Je ne voulais pas de gode ceinture noir avec un membre tout aussi noir accroché dessus, pas de harnais en cuir avec ce cercle métallique si visible servant à placer le gode de la taille et de la couleur souhaitées, pas plus que de harnais avec un effet corseté sur les fesses. Je trouve tout ça trop agressif visuellement ou, tout simplement, pas joli. J'aurais pu à la rigueur me laisser tenter par le joujou qui tient tout seul de Fun Factory, mais me connaissant, il aurait vite glissé hors de moi. Bref, j'ai passé des mois et des mois et des mois à chercher et à ne pas trouver. Ce qui arrangeait mon partenaire du moment qui avait besoin de temps pour se préparer à l'idée de toute façon.

Puis j'ai aperçu ceci totalement par hasard dans le reportage d'Ovidie : À quoi rêvent les jeunes filles ? Un harnais sexy, féminin, joli. Enfin ! C'est exactement ça que je voulais !



Les recherches ont repris avec cette idée précise en tête, infructueuses. J'en étais arrivée au point que demander à la réalisatrice me paraissait être la seule solution. "Bonjour, j'ai une question totalement étrange et précise à vous poser, mais le harnais que l'on voit à la 10e minutes, vous sauriez où le trouver en vrai ?" Bon, le hasard, encore lui, a fait que je n'ai pas eu besoin d'aller jusque-là. Je suis tombée sur LE vendeur : Velvet Nest aux USA qui fait du sur mesure à la main. J'ai poussé un cri de joie pour déchanter aussitôt une première fois en voyant que le modèle que je visais n'était plus disponible, et une deuxième fois en lisant que, sans doute victime de son succès, la boîte avait de réels problèmes pour livrer et que la plupart du temps, le paquet ne partait jamais... Retour à la case départ avec un sale goût de déception dans la bouche.

Il faut savoir que pendant tout ce temps passé à chercher sans rien trouver à mon goût (deux ans donc), le partenaire qui avait lancé l'idée me demandait régulièrement, et pas si innocemment que ça, si j'avais trouvé chaussure à mon pied. Eh bien, la prochaine fois, je pourrai lui dire que, oui, ça y est : j'ai ! Car j'en ai eu marre. Et j'ai surtout découvert RodeoH qui fait des choses avec une touche suffisamment féminine pour que ça me convienne tout en me permettant de couper la poire en deux : j'ai la culotte, à mon (mes) partenaire(s) d'acheter l'accessoire de son(leur) choix pour l'y enchâsser :) J'ai donc opté pour ceci (la touche féminine est aussi et surtout dans le dos) :



Voilà une bonne chose de faite. Maintenant, il ne reste plus qu'à passer aux choses sérieuses quand les planètes seront alignées comme il faut. Car, bien sûr, ce n'est pas parce que je suis équipée que mon/mes partenaire(s) est/sont prêt(s). Mais maintenant, ça risque de les travailler un peu plus :)



Pour conclure, deux articles à lire chez les 400 culs. L'un : Sodomie hétéro : est-ce possible ? et l'autre : Sexe anal : que signifie «chevillage» ? Ce qui me permet de glisser ici cette définition du shebanging : « se faire défoncer par une femme » qui m'a tout de suite fait penser à Ricky Martin. Allez savoir pourquoi. 


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Vous reprendrez bien une fessée, belle libertine


The Fuller Brush Man (1948) avec Red Skelton et Janet Blair

Pour une raison que je ne m'explique pas entièrement, je les attire. Qui ça ? Les maîtres, voyons ! Pourtant, peu de choses sur mon profil sur les sites estampillés "libertins" ne sont délibérément mises en avant pour indiquer que je suis de la partie ; je n'ai surtout pas coché la petite case BDSM. Malgré tout, il semblerait que je tende une perche. Enfin, la cravache pour me faire battre plutôt. Et comme il n'est pas rare qu'ils viennent me parler pour me faire de folles propositions, je pose donc régulièrement la question pour essayer de comprendre, mais personne ne semble vraiment savoir. Un coup, ce sont les photos, un coup, la tournure de l'annonce, un coup, le statut, un coup, l'ensemble. (Oui, ça fait quatre coups, il m'en faut plus pour perdre le fil, vous ne m'aurez pas !) Bon, j'imagine surtout que : qui ne tente rien n'a rien...
Alors que dans l'autre sens, en général, c'est plutôt clair : Mignonne, allons voir si la rose... a des épines acérées. 





Oui, le noir et blanc a plutôt la cote chez les maîtres qui souhaitent être identifiés comme tels. Après, c'est au choix. Soit ils font appel à une image qui représente un acte de soumission (qui est parfois avec l'une de leurs soumises, et là, je dois avouer que c'est tout de suite plus vendeur), soit ils mettent en avant la domination de manière un peu plus autoritaire. Il n'est d'ailleurs pas rare de retrouver les mêmes photos sur plusieurs profils. Il faut dire qu'elles ont le mérite d'être efficaces et bien composées. 

Comme je suis curieuse et que j'aime bien creuser, j'essaye en général de savoir ce qu'un maître fait là, s'il a une soumise (et, si oui, raison de plus pour demander ce qu'il fait là !) et s'il ne trouve pas d'autre lieux plus appropriés à ce type de recherches très spécifiques. Des questions assez basiques. Tout en sachant que c'est précisément sur un site dit libertin que j'ai rencontré le mien, de maître, et que je sais pourquoi je préfère que ça se soit passé comme ça. C'est parfois en ne cherchant pas qu'on trouve après tout. 



Cachés derrière ce genre d'images, il y a de tout. Aussi bien des fantasmeurs que des personnes très sérieuses dans leur recherche, aussi bien des amateurs que des maîtres aguerris (qui ont parfois fui l'esprit un peu sectaire et guindé de certaines communautés). En général, quelques messages suffisent pour m'indiquer à qui j'ai affaire. Forcément, eux ne savent pas en m'abordant que je vais poser des questions pointues pour cerner la bête. Certains, se rendant compte que je ne suis pas étrangère à tout ça, se dégonflent assez vite (voire, c'est arrivé une ou deux fois, me demandent d'inverser les rôles et de devenir leur maîtresse), d'autres, à l'opposé, captent très vite et très bien et cherchent à rentrer, l'air de rien, dans les détails de mes pratiques pour tester la partie adverse, trouver la faille et essayer de me récupérer et/ou de gentiment me manipuler. Ce qui me place généralement dans une situation délicate, car, bien que pas intéressée par ce qu'ils me proposent, je le suis néanmoins par leurs expériences. Et là, on rentre dans un jeu donnant/donnant qui atteint assez vite ses limites. Vous voyez la scène où Hannibal Lecter demande un échange de bons procédés à Clarice Starling dans Le Silence des agneaux ? Eh bien, c'est un peu mon ressenti. J'ai face à moi des gens qui ont envie de me bouffer toute crue et de faire de moi leur chose. (Ahhhh le doux frisson de la chasse à la soumise effarouchée...) La vitre s'avère assez utile dans ces cas-là. 




"Novice mais assidu." Pour les débutants qui se cherchent et qui s'appuient fermement sur des visuels pour rentrer dans la peau du personnage, il me semble assez évident que l'innocence de leur partenaire leur permettra de s'affirmer sans perdre la face. Pareil pour les maîtres plus sûrs d'eux d'ailleurs. Quel maître ne rêverait pas d'un petit être inexpérimenté pour s'adonner au dressage ? Une femme trop au fait des choses sera tout de suite trop exigeante et moins malléable. Pourquoi donc se prendre la tête, alors que la soumission fait frétiller tant de femmes libertines (ou pas) de nos jours... grâce à l'effet... oui, grâce à l'effet Grey. 

Et donc, il y a aussi ceux qui se grillent d'office...


À part si le "maître" ne sait pas qu'il s'agit de 50 nuances de Grey (ça arrive), il y a fort à parier que c'est un amateur qui surfe sur le phénomène et espère trouver quelques nanas que le livre ou le film aura émoustillées. Si vous cherchez quelqu'un d'un peu sérieux, évitez. Grey n'est vraiment pas gage de qualité. Mais si c'est juste le petit frisson à la vue des menottes qui vous motive, allez-y. Vous ne risquez rien (ou presque).



Bien entendu, il s'agit là d'une toute petite fraction de ceux qui cochent la case BDSM. Déjà parce qu'une partie est de l'autre côté de la barrière et recherche quelqu'un pour les dominer. Ensuite, parce que la majorité n'est pas là pour mettre cet aspect de leur sexualité en avant. Des maîtres, oui, mais des libertins avant tout qui n'affichent pas tout ostensiblement. Ce qui est finalement un bon compromis quand on aime pimenter les choses de temps à autre, mais qu'on a autre chose à faire que de récurer le parquet de quelqu'un à la brosse à dents. Et le lien précédent mérite vraiment d'être suivi. 
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Sois mon Deckard, je serai ta Rachael

Rachael
Am I very different?
Deckard
Yeah.
Rachael
How?
Her voice is small. Something very young about her. She looks up at him for the first time.
Deckard
Stand up.
She does. She's looking up at him with those big mermaid eyes and he kisses her mouth. And then again. She doesn't respond. His voice is a whisper.
Deckard
Now you kiss me.
She does -- but it's self conscious...
Rachael
I can't rely on my memory to...
He stops her with another kiss.
Deckard
Say what I say.
She nods. His voice intimate, low.
Deckard
Kiss me.
Rachael
Kiss me.
He does, soft, wet, tender. He backs off -- magnetic, palpable energy growing up between them.
Deckard
My eyes.
Rachael
Kiss my eyes.
She closes them. He kisses each fluttering lid. She's catching on quick. Her lips are right there.
Deckard
I want you.
Rachael
I want you.
Deckard
Again.
Rachael
I want you.
Her face is flushed. His fingers go to her mouth -- slowly over her lips and inside, into the wetness. her head is leaning back, eyes shut.
Rachael
Bite me.
His mouth goes to her neck, her ear. His teeth evoke a shiver and a gasp as they take her flesh. Her breath is coming faster.
Rachael
Put your hands on me.
He rakes his fingers through her hair and pulls her into him. His other hand molding and pressing her, working around her body and under into the privacy of her dress.
Rachael
Shall I take off my clothes?
Deckard
Oh Yeah.
He's kissing her hard, deep, soft. She's hardly able to talk she's so excited.
Rachael
Do whatever you want to me.
He is and her legs can no longer hold her and she's sinking to the floor in his arms moaning, their words obscured by kisses.
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Un profil de danseuse

Steve Richard http://www.steverichard.com

La formation d'un danseur classique, comme celle que j'ai suivie, est certainement la formation physique la plus dure qui soit pour un jeune corps. Tous les jours que Dieu fait, heure après heure passées à sculpter, modeler et plier méticuleusement, par la contrainte, le corps, le ventre et les membres, selon des formes, des angles et des lignes qui dépassent de loin, de très loin nos limites physiques et naturelles. On en veut toujours plus. Toujours plus d'élongation, plus de pirouettes, plus d'"en-dehors", plus de force, plus de tout. Cette exigence entraîne à la fois le corps et l'esprit dans une région de l'existence qui échappe à l'expérience normale. Dès l'âge de quatre ans, j'ai appris à affronter la vie à travers mon corps, à l'intérieur de mon corps, toujours à la limite d'une perpétuelle endurance.
Cet arrière-plan, je crois, m'a préparée à la voie de l'enculade. Celle-ci répond à l'appel de mon masochisme physique. Elle récrée l'extrémisme athlétique de la danse, sa discipline, la recherche de la perfection. Elle est ma façon d'être aux extrêmes. 
Ma reddition de Toni Bentley (La Musardine)

Un jour, on m'a posé cette question : "Est-ce que vous avez fait de la danse étant plus jeune ?" "Oui", ai-je répondu. J'ai bien tout de suite compris le rapprochement qu'il y avait à faire et je trouve même ça plutôt bien vu. La lecture de ce livre confession de Toni Bentley m'a encore plus éclairée sur l'origine de la question. Il y a quelque chose de très logique autour du lien qui peut être établi entre cette activité exigeante, contraignante, qui demande d'être sans arrêt en train de s'observer et de se corriger, et le besoin quasi proportionnel de lâcher-prise. 

Sans parler du rapport à la douleur et à son acceptation. À partir du moment où on monte sur des pointes, on apprend à tolérer la douleur et à sourire les pieds parfois en sang. 

Sauf que... je n'ai jamais aimé la danse, je n'étais pas du tout du genre à faire des stages intensifs l'été, à forcer mon corps à être longiligne et toujours plus souple, à rentrer en compétition avec les autres pour être la meilleure de la classe. Chaque semaine, je subissais ce sport qu'on avait choisi pour moi. Et j'ai subi longtemps. Les pointes, j'ai connues et effectivement, j'ai appris à supporter la douleur en gardant le sourire. Pour le reste, je n'ai clairement pas eu besoin de ça pour devenir trop exigeante envers moi-même et trouver d'autres occupations très carrées qui vont en effet dans le même sens, avec la même conséquence.

Mais ce lien reste malgré tout intéressant et sans doute applicable dans beaucoup de cas. Après tout, être danseuse reste un rêve de petite fille...

Je suppose que c'est aussi pour cette raison qu'existent ce type de chaussures, que j'imagine plutôt destinées à immobiliser ou ralentir une soumise, en plus de lui donner une belle ligne et de torturer ses orteils. Sinon, ça reste quand même assez moche et peu pratique comparé à de jolis escarpins.

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Un rapport à la douleur


Ana Stendhal
“When you’re hit and you say no, that's pain. When you’re hit, and you say yes though, that’s sensation—and sensation is whatever you want it to be.”
That Time I Tried BDSM Therapy - The Atlantic


C'est parfois compliqué d'expliquer que j'aime la douleur, mais pas toutes les douleurs et pas tout le temps et pas avec n'importe qui. J'aime la douleur dans certaines conditions très spécifiques et, au fil du temps, je m'aperçois que je ne la tolère plus qu'infligée par une personne spécifique, qui l'est à cause ou grâce au contexte de la relation qui est aussi très spécifique. Il m'arrive encore d'exiger la petite claque sur les fesses lors d'une levrette avec l'un ou l'autre de mes amants, mais de moins en moins souvent en fait. Ce qui est assez curieux, même pour moi, car j'aimais vraiment ça au début. Maintenant, si elle n'est vraiment pas sollicitée et arrive par surprise, elle me fait le plus souvent mal. Rien de plus.



Je n'ai jamais clairement identifié la raison de cet attrait pour la douleur, même si j'ai ma petite idée (et elle est dans la conclusion plus bas). Déjà, ce n'est pas lié à un besoin de m'autopunir ni à une détestation de soi profonde comme c'est malheureusement parfois le cas chez les soumi(es)s, ce qui les pousse à une forme d'autodestruction du corps et de l'esprit. Pas de trauma particulier qui me vient à l'esprit non plus. C'est vraiment quelque chose de mystérieux pour moi. Le seul élément de réponse que je peux avancer, c'est une forme d'imprégnation due à une fascination longuement entretenue pour la soumission dans un premier temps, puis le couple douleur/plaisir dans la foulée. Comme je l'expliquais dans ce post sur mon cheminement vers la soumission, j'ai découvert certaines publications très tôt dans mon enfance, puis j'ai lu une série de romans en rapport avec ce sujet plus tard au début de l'âge adulte. Une première rencontre avec la douleur associée au plaisir. Ça m'a fascinée et excitée pendant trois tomes.
S’approchant d’elle, il se dit qu'il lui fallait se montrer miséricordieux et la punir promptement. Assis au bord du lit, de la main gauche il lui prit les poignets et bascula son corps dénudé sur ses genoux. Les jambes de la Belle s’agitaient vainement au-dessus du sol.
— Très, très jolie, fit-il, sa main droite décrivant des gestes lents sur les fesses rondes, tout en les forçant à s’ouvrir.
La Belle pleurait à gros sanglots, mais elle étouffait ses pleurs dans le lit, et ses mains étaient maintenues devant elle par le bras gauche du Prince.
Ce dernier à présent, de la main droite, lui fessait brutalement le derrière, et l’entendit pleurer plus haut. Pourtant, il ne la fessait pas si durement.
Mais cela laissa une marque rouge. Il la fessa fort de nouveau, la sentit se contorsionner contre lui, la chaleur et la moiteur de son sexe contre sa jambe, et il la fessa encore une fois.
— Je pense que vous sanglotez plus d’humiliation que de douleur, la réprimanda-t-il de sa douce voix.
Elle luttait pour ne pas trop pleurer.
Il arma sa main gauche, bien à plat, et, sensible à la chaleur de ses fesses rougies, l’éleva et lui administra une nouvelle série de fessées, lourdes et fortes, souriant de la voir se débattre.
Il aurait pu la fesser beaucoup plus méchamment, pour le plaisir, et sans lui faire vraiment mal. Mais il avait une meilleure idée. Il aurait tant de nuits pour goûter ces délices.
L'Initiation d'Anne Rice

Pendant longtemps, je n'ai pas su si le lien entre la douleur et le plaisir pouvait s'établir chez moi. Si tant est qu'un jour je puisse pratiquer pour vérifier. Je n'associais pas de jeux de douleur à ma masturbation notamment. Il y a eu quelques claques sur les fesses de temps en temps en passant et ça me faisait de l'effet, puis est arrivé le libertinage et j'ai enfin eu l'occasion d'expérimenter des choses beaucoup plus sérieuses. Et j'ai été fixée.



Là réside pour moi le deuxième mystère autour de mes pratiques. Je n'éprouve pas de plaisir sur le moment. Aucun. J'ai mal, je serre les dents, je gémis, j'essaye d'encaisser jusqu'à ce que ça s'arrête soit parce que j'aurais dit stop, soit parce que mon dominant m'aura accordé une pause. Et mon entrejambe, indépendamment de ma conscience occupée à supporter la douleur, mouille. Parfois très abondamment. Comme si un raccourci s'était créé entre ma chair et ma chatte, sans passer par mon cerveau. C'est d'autant plus paradoxal que, dans ce genre de mises en scène, tout se passe bien entendu dans la tête. Un regard, une phrase, un geste, une intention suffisent à faire plier ma volonté et à me rendre plus docile. C'est l'espace marginal bas dont il est question sur cette page et qui est finalement l'état dans lequel je suis le plus souvent plongée. Bien sûr, plus cette soumission est profonde, plus mon degré de tolérance à la douleur est grand. Mais cette notion de tolérance est vraiment très très subjective et dépend de plein de paramètres. Et il ne me semble pas y avoir de corrélation évidente entre la quantité de douleur reçue et le degré d'excitation, mais je suis rarement en mesure de vérifier par moi-même.

Quantifier la douleur est aussi délicat dans le domaine médical que dans le SM. Je ne sais pas moi-même comment je me positionne par rapport à d'autres soumi(se)s. Je ne suis pas douillette, c'est sûr ; je sais aussi que j'ai encore une marge de progression, mais elle ne me paraît plus si grande que ça. Quand je vois le corps de certain(e)s soumi(e)s, je sais que je ne pourrais pas aller jusque-là et je ne le souhaite pas du tout. Il y a des limites à ce que j'accepterais de faire subir à mon corps, comme tout ce qui pourrait traverser la peau et faire saigner, et je pense que mon dominant ne serait pas partant non plus. Sans parler que le but n'est pas non plus de finir aux urgences et/ou avec des blessures et des séquelles irréversibles. 



Cette image tente d'ordonner les outils assez classiques du moins au plus douloureux. J'en ai testé quelques-uns, d'autres ne m'inspirent pas du tout. J'en ai aussi essayé qui ne sont pas sur ce graphique. 

Main, ceinture, paddle, martinet, c'est ce que je peux supporter assez longtemps et qui laissera peu ou pas de marques. La cravache et surtout la cravache de dressage me demandent au contraire de serrer les dents bien plus fort et, dans le cas de la seconde, j'ai envie de dire que je n'en raffole pas et qu'elle ne pourra être utilisée qu'avec parcimonie avec une bonne préparation avant. Ce n'est pas une douleur que j'affectionne particulièrement, même si elle reste intéressante d'un point de vue physique et psychologique. Non seulement elle laisse de très beaux bleus dans son sillage, mais c'est aussi celle qui va me faire capituler assez vite. Elle représente une sorte de défi personnel, car elle me laisse percevoir ma limite et je sais que mon dominant se contentera de jouer avec cette limite mais n'en abusera pas.

Je me doute que c'est assez étrange de présenter les choses comme ça : de dire ne pas aimer une douleur (et vraiment, ma première expérience avec la cravache de dressage a été très douloureuse), mais de quand même y revenir (pour voir si la limite ne peut pas être dépassée un peu quand même). C'est là que s'exprime le plus cette nuance entre la douleur supportable et souhaitée, la douleur supportable pour le plaisir de l'autre et la douleur intolérable. Dans le premier cas, je réessaierai sous conditions ; dans le deuxième, je laisserai faire tant que ça restera juste de l'inconfort de mon point de vue ; dans le troisième, je dirai clairement que ça ne va plus être possible. 

Il est évident que la préparation à la douleur joue beaucoup. C'est comme pour un tatouage, la douleur que l'on anticipe est plus supportable et on finit par se laisser porter par le flux d'endorphines qui font leur boulot. La préparation mentale préalable donc, un dominant qui sait garder le contrôle sur l'esprit de sa soumise et un besoin viscéral de ressentir de la douleur et il n'y a pas de raison que les limites ne puissent pas être tout doucement explorées, contournées et dépassées, avec quelques bonnes louches de consentement, de confiance et de vigilance.



Parce qu'il me paraît intéressant d'en parler et pour souligner qu'il est vraiment important d'être en phase avec soi, avec l'autre et le moment, j'ai aussi vécu une séance où les choses ne se sont pas si bien passées que ça, où j'arrivais avec des idées parasites dans la tête, de la mauvaise volonté pour en parler et un soupçon d'insoumission. Mon esprit est resté branché d'un bout à l'autre, j'ai refusé de plier, j'ai eu mal, j'ai moins mouillé, même si visiblement, certains réflexes sont acquis, et j'ai eu la sensation que ma capacité à supporter la douleur pourtant intense ne tenait qu'à ma volonté de résister coûte que coûte. C'était bloc contre bloc : l'un qui voulait faire craquer, l'autre qui refusait. Assez stérile, mais une expérience à vivre néanmoins, il en ressort toujours une leçon. Comme celle que ça m'aurait fait beaucoup de bien de me laisser aller et de lâcher-prise, tout particulièrement parce que j'étais dans cet état ce jour-là. 


Bien sûr, dans tout ce que j'ai évoqué jusque-là, il y a un contexte, un dominant, une certaine codification de la relation, des rôles à tenir, et tout ça porte l'un et l'autre. Qu'en est-il de la douleur auto-infligée, puisqu'il m'arrive d'y avoir recourt juste pour mon plaisir personnel maintenant ? Car là, il y a du plaisir justement. Le fait d'être celle qui me fait mal toute seule fait que mon cerveau n'est pas aussi passif et je me rends compte plus facilement du lien entre la douleur et le plaisir. J'ai conscience de ce moment où je fixe une pince et de l'excitation profonde que cela provoque immédiatement. Mais étonnamment, ce n'est pas parce que j'ai la liberté de le faire que j'en abuse. C'est pulsionnel, c'est par phase, et j'avoue quand même largement préférer que quelqu'un d'autre me fasse mal, même si la notion de plaisir disparait généralement au passage.

Ce que j'aime dans la douleur, je crois, et qui explique un peu le fait que j'en ai besoin de temps en temps, c'est qu'elle me force à me focaliser sur une chose et oublier tout le reste. Si je méditais, peut-être que je pourrais comparer les deux et me dire que, finalement, ça me détend autant de ne penser à rien sauf au vide, mais comme ça n'est pas le cas... Je vais donc me contenter de dire que, quelques heures après la séance, j'ai généralement un énorme coup de barre et je passe une très bonne nuit dans la foulée. Le sentiment général est surtout une immense satisfaction, sensation renforcée par les marques et les douleurs résiduelles sur et sous ma peau. Pour avoir expérimenté l'espace blond un jour, je sais aussi que je pourrais avoir un shoot hormonal encore plus intense et me sentir vraiment bien pendant 24 heures et plus, mais pour l'instant, cet état m'est assez volontairement refusé. Et j'en comprends et accepte la raison, même si ça me frustre. J'ai tendance à être un peu pressée et exigeante... mais j'ai trouvé un bon dominant.


Le Paradis est une expérience qui peut durer à peine quelques secondes en temps réel. Mais pendant ces fractions incommensurables, le temps s'arrête. Or, c'est seulement quand le temps s'arrête que la mort recule et que le Paradis devient accessible. Il s'ouvre à nous dans les intervalles temporels quand le soi est si profondément pénétré qu'il est violenté, et que l'amour s'y engouffre comme l'océan par un hublot.
Le Paradis, une fois connu, devient le but de tous nos moments de veille, sa perte étant inhérente à ces mêmes moments de veille. Ceci est le fardeau du Paradis retrouvé. 

Ma reddition de Toni Bentley (La Musardine)  
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