Vous reprendrez bien une fessée, belle libertine


The Fuller Brush Man (1948) avec Red Skelton et Janet Blair

Pour une raison que je ne m'explique pas entièrement, je les attire. Qui ça ? Les maîtres, voyons ! Pourtant, peu de choses sur mon profil sur les sites estampillés "libertins" ne sont délibérément mises en avant pour indiquer que je suis de la partie ; je n'ai surtout pas coché la petite case BDSM. Malgré tout, il semblerait que je tende une perche. Enfin, la cravache pour me faire battre plutôt. Et comme il n'est pas rare qu'ils viennent me parler pour me faire de folles propositions, je pose donc régulièrement la question pour essayer de comprendre, mais personne ne semble vraiment savoir. Un coup, ce sont les photos, un coup, la tournure de l'annonce, un coup, le statut, un coup, l'ensemble. (Oui, ça fait quatre coups, il m'en faut plus pour perdre le fil, vous ne m'aurez pas !) Bon, j'imagine surtout que : qui ne tente rien n'a rien...
Alors que dans l'autre sens, en général, c'est plutôt clair : Mignonne, allons voir si la rose... a des épines acérées. 





Oui, le noir et blanc a plutôt la cote chez les maîtres qui souhaitent être identifiés comme tels. Après, c'est au choix. Soit ils font appel à une image qui représente un acte de soumission (qui est parfois avec l'une de leurs soumises, et là, je dois avouer que c'est tout de suite plus vendeur), soit ils mettent en avant la domination de manière un peu plus autoritaire. Il n'est d'ailleurs pas rare de retrouver les mêmes photos sur plusieurs profils. Il faut dire qu'elles ont le mérite d'être efficaces et bien composées. 

Comme je suis curieuse et que j'aime bien creuser, j'essaye en général de savoir ce qu'un maître fait là, s'il a une soumise (et, si oui, raison de plus pour demander ce qu'il fait là !) et s'il ne trouve pas d'autre lieux plus appropriés à ce type de recherches très spécifiques. Des questions assez basiques. Tout en sachant que c'est précisément sur un site dit libertin que j'ai rencontré le mien, de maître, et que je sais pourquoi je préfère que ça se soit passé comme ça. C'est parfois en ne cherchant pas qu'on trouve après tout. 



Cachés derrière ce genre d'images, il y a de tout. Aussi bien des fantasmeurs que des personnes très sérieuses dans leur recherche, aussi bien des amateurs que des maîtres aguerris (qui ont parfois fui l'esprit un peu sectaire et guindé de certaines communautés). En général, quelques messages suffisent pour m'indiquer à qui j'ai affaire. Forcément, eux ne savent pas en m'abordant que je vais poser des questions pointues pour cerner la bête. Certains, se rendant compte que je ne suis pas étrangère à tout ça, se dégonflent assez vite (voire, c'est arrivé une ou deux fois, me demandent d'inverser les rôles et de devenir leur maîtresse), d'autres, à l'opposé, captent très vite et très bien et cherchent à rentrer, l'air de rien, dans les détails de mes pratiques pour tester la partie adverse, trouver la faille et essayer de me récupérer et/ou de gentiment me manipuler. Ce qui me place généralement dans une situation délicate, car, bien que pas intéressée par ce qu'ils me proposent, je le suis néanmoins par leurs expériences. Et là, on rentre dans un jeu donnant/donnant qui atteint assez vite ses limites. Vous voyez la scène où Hannibal Lecter demande un échange de bons procédés à Clarice Starling dans Le Silence des agneaux ? Eh bien, c'est un peu mon ressenti. J'ai face à moi des gens qui ont envie de me bouffer toute crue et de faire de moi leur chose. (Ahhhh le doux frisson de la chasse à la soumise effarouchée...) La vitre s'avère assez utile dans ces cas-là. 




"Novice mais assidu." Pour les débutants qui se cherchent et qui s'appuient fermement sur des visuels pour rentrer dans la peau du personnage, il me semble assez évident que l'innocence de leur partenaire leur permettra de s'affirmer sans perdre la face. Pareil pour les maîtres plus sûrs d'eux d'ailleurs. Quel maître ne rêverait pas d'un petit être inexpérimenté pour s'adonner au dressage ? Une femme trop au fait des choses sera tout de suite trop exigeante et moins malléable. Pourquoi donc se prendre la tête, alors que la soumission fait frétiller tant de femmes libertines (ou pas) de nos jours... grâce à l'effet... oui, grâce à l'effet Grey. 

Et donc, il y a aussi ceux qui se grillent d'office...


À part si le "maître" ne sait pas qu'il s'agit de 50 nuances de Grey (ça arrive), il y a fort à parier que c'est un amateur qui surfe sur le phénomène et espère trouver quelques nanas que le livre ou le film aura émoustillées. Si vous cherchez quelqu'un d'un peu sérieux, évitez. Grey n'est vraiment pas gage de qualité. Mais si c'est juste le petit frisson à la vue des menottes qui vous motive, allez-y. Vous ne risquez rien (ou presque).



Bien entendu, il s'agit là d'une toute petite fraction de ceux qui cochent la case BDSM. Déjà parce qu'une partie est de l'autre côté de la barrière et recherche quelqu'un pour les dominer. Ensuite, parce que la majorité n'est pas là pour mettre cet aspect de leur sexualité en avant. Des maîtres, oui, mais des libertins avant tout qui n'affichent pas tout ostensiblement. Ce qui est finalement un bon compromis quand on aime pimenter les choses de temps à autre, mais qu'on a autre chose à faire que de récurer le parquet de quelqu'un à la brosse à dents. Et le lien précédent mérite vraiment d'être suivi. 

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