Offerte


Comme souvent, c'était une idée qui était née d'une remarque, d'un échange, d'un fantasme commun. De la logique de la relation aussi. Ne pas se cantonner à deux, mais inviter une tierce personne à nous rejoindre l'espace d'une après-midi.

Je lui avais laissé le choix. Je n'avais indiqué aucun critère d'âge, de taille(s), de corpulence. Je lui faisais désormais assez confiance pour qu'il trouve quelqu'un à son goût et à mon goût. De mon point de vue, ça ne faisait que rajouter à l'excitation du moment. Le frisson de l'inconnu. Surtout que je n'avais pas la moindre idée de quand le moment rencontrerait l'inconnu.



Quand je suis arrivée à l'hôtel ce jour-là, peu après lui, et que je l'ai rejoint dans la chambre, je pensais vraiment qu'il s'agissait d'un rendez-vous comme tous les précédents. Après tout, il m'avait bien dit que le jour où ça arriverait, je ne serais pas tenue au courant à l'avance, que je serais prise par surprise. J'ai attendu ce moment longtemps, entrevue après entrevue, et rien n'est jamais venu. J'ai donc fini par me dire que ça devait être un peu compliqué à organiser, les hommes seuls croyant sans doute qu'il y avait anguille sous roche et n'osant pas saisir l'opportunité au vol. 

Je me suis déshabillée pour ne garder que mon porte-jarretelles et mon soutien-gorge. À peine mes affaires posées sur une chaise et un long et brusque baiser échangé, je me suis retrouvé les yeux bandés et rapidement forcée à me mettre à quatre pattes, la tête sur la moquette et la croupe en l'air. Comme je pouvais m'y attendre, c'est le plat de sa main qui est venue s'abattre sur mes fesses. C'était devenu une sorte de rituel de bienvenue, une façon de remettre la main sur moi et mon corps au sens propre comme au figuré, avant de passer à d'autres formes de douces tortures.

Comme d'habitude, ses attentions ont provoqué chez moi un état liquide sans aucune équivoque. C'est le cul en l'air, chaud et rouge, le sexe luisant et déjà prêt à beaucoup plus, que j'ai entendu quelqu'un toquer à la porte. À ce moment-là, j'ai su. Et, contre toute attente, c'est un regain d'excitation qui m'a tordu le ventre.


Il n'y a pas eu un mot d'échangé ; il y avait dû avoir quelques arrangements préalables entre mon maître et le nouvel arrivant. Seuls sa respiration et le froissement de ses vêtements me donnaient un indice de sa position. J'ai senti son parfum envahir la pièce et me priver de celui de mon maître. Au silence, j'ai deviné qu'ils m'observaient tous deux avec beaucoup d'attention. Peut-être même qu'une conversation à mon sujet s'effectuait à travers un jeu de regards entre eux.

Je n'osais bouger, j'essayais de ne pas penser au spectacle impudique que j'offrais à cet homme sans voix et sans visage. Là, à quatre pattes, le cul en l'air, la chatte humide. Offerte. À cet instant, je n'attendais qu'une seule chose : que quelqu'un bouge.

Une main s'est finalement posée sur mes fesses, un peu timide au début, comme si j'étais une statue qu'il ne fallait pas toucher. Puis l'homme s'est accroupi et la main s'est mise à glisser et à caresser, à déplacer une mèche de cheveux et à parcourir mon corps, à l'explorer sans que je ne puisse rien refuser. Ma chatte n'en pouvait plus de battre et de mouiller. Il me touchait et je ne pensais qu'à mon maître. Je ne sais pas quelle réaction il attendait de moi, alors je suis restée sage, immobile, passive, laissant l'inconnu me découvrir. Sa main a alors saisi délicatement mon bras pour m'aider à me relever et me guider vers le lit, sur lequel je me suis retrouvé pliée en deux, le torse collé au drap. 

Un doigt s'est alors glissé en moi sans prévenir et je n'ai pas pu retenir un souffle et un mouvement pour fuir la soudaine invasion. La voix intransigeante de mon maître est immédiatement venue condamner ma réaction. J'ai su que j'allais être punie pour ça, mais je ne pensais pas que la sanction serait immédiate. D'une main, il est venu saisir mes cheveux dans son poing, me soulevant suffisamment pour venir me coucher en travers de ses genoux. La fessée fût cuisante comparée à celle avec laquelle qui m'avait accueillie. Et plus je gigotais pour lui échapper, plus la force des coups s'intensifiait. Le cercle infernal s'entretenait et seul mon maître pouvait l'interrompre. Ce qu'il fit. Toujours les cheveux pris dans ce poing ferme, mon maître m'a alors remise à genoux par terre et a guidé ma bouche sur une queue dressée devant moi que je ne pouvais voir. La queue de l'inconnu.

La main dans mes cheveux a changé de propriétaire. Une main plus douce qui, contrairement à ma crainte initiale, n'a pas forcé ma bouche. L'homme semblait satisfait des efforts que je fournissais pour le satisfaire et me laissait faire à ma guise. Puis, sous le coup d'une pulsion, la main est devenue plus ferme et la pénétration plus profonde et brutale. J'ai senti la tension monter d'un cran chez l'homme, son appétit sexuel grandir et il n'a pas tardé à me rejeter sur le lit, plus brutalement cette fois. Je n'ai pas eu le temps de me repositionner pour m'offrir correctement qu'il me pénétrait d'un coup de reins, m'arrachant un cri entre la surprise et la douleur. Pendant qu'il se mettait à pomper en moi, j'ai senti la main de mon maître venir se poser sur mon visage un instant. Un simple geste, rapide, pour me rappeler qu'il était toujours là, à surveiller, à juger mon comportement. Alors je me suis laissée baiser aussi longtemps que l'autre homme l'a désiré, dans les positions qu'il a désirées. Toujours offerte. C'est en levrette qu'il a fini par jouir, après avoir poussé et encore poussé en moi. Sans chercher à me procurer du plaisir, mais seulement à en prendre. 

Puis l'inconnu s'est retiré et est parti. Comme ça. La porte de la chambre s'est ouverte et s'est refermée. De l'inconnu, je n'avais rien vu, juste senti ses mains, sa queue. De moi, il avait tout vu, tout goûté, sauf mon regard.



Le cul toujours en l'air, j'ai attendu sans rien dire. Le silence dans la pièce était absolu. Comme si tu étais parti avec lui, me laissant à l'abandon dans la chambre. Puis j'ai compris à un bruit de tissu que tu devais être en train de méditer sur ce qui venait de se passer, tranquillement assis dans un fauteuil. J'ai donc continué à attendre.


Tu t'es enfin levé et le mouvement de l'air m'a indiqué que tu te rapprochais de moi. J'ai su avant même que le cuir de ta ceinture ne s'abatte sur mes fesses que tu allais me montrer qu'offrir mon corps, même par ton entremise, avait un prix. Le prix de la repossession. Tes mots ont accompagné tes gestes cinglants. Pute, salope, chienne. J'ai eu droit à tous les qualificatifs et à un beau descriptif de ce dont tu venais d'être témoin. Un coup de ceinture pour un coup de boutoir ou un gémissement de plaisir de ma part. La contradiction dans mon esprit rendait la douleur d'autant plus insupportable. Je m'étais offerte à un autre pour te faire plaisir et tu me punissais d'en avoir trop pris. 

J'ai senti ton excitation monter avec les coups de ceinture jusqu'à ce que tu ne puisses plus te retenir. Les morsures que tu as infligées à mes fesses rougies et douloureuses m'ont fait pousser des cris et tenter de fuir. Ce qui ne pouvait qu'amplifier les choses.

J'ai rampé sur les draps pour t'échapper et, à califourchon sur moi, tu as fini par me coincer. J'ai entendu le son de ta fermeture éclair se baisser, l'étui de la capote qui se déchire, le préservatif qui se déroule. Tu t'es redressé suffisamment pour que je puisse me cambrer et t'offrir mon cul. Car là encore, j'ai su avant que tu ne me l'ordonnes ce que tu voulais. Et j'étais prête. Ton pouce m'a trouvée prête. C'est ce que tu attendais, c'est ce que j'attendais. Ce moment où tu allais pouvoir me prendre, t'imposer, me remplir, m'apporter ce plaisir si particulier que seule la sodomie associée à la soumission arrive à me procurer. 

Tu m'as prise, profondément, d'un seul trait, comme d'habitude. Parce que je t'accueille toujours aussi bien quand je suis vraiment prête dans mon corps et dans ma tête. Et comme l'inconnu, tu as pompé et pompé sans te soucier de mon plaisir. Et tu as joui vite et fort pour parachever la reconquête.



Tu étais satisfait, j'avais été parfaite, tu me l'as dit à ce moment-là, et j'étais soulagée, fière, épuisée et surtout je me sentais bien, tellement bien...


1 commentaire:

  1. La plus belle des offrandes sublimée dans l'abandon, le bien-être merveilleuse récompense des maux.

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