Première fessée



Je pense avoir assez montré, enfin, qu'une bonne partie du charme de la fessée, mais aussi de son efficacité, réside dans son attente même. Passé un certain désir, lui-même encore assez obscur, d'indécision et de vague de la toute première jeunesse, on sait très bien, en effet, que c'est ce que l'on attend, non ce que l'on n'attend pas, le prévu, non l'imprévisible, qui s'auréolent pour le cœur et pour l'esprit des prestiges les plus éclatants de l'étonnement et de l'impatience. La nouveauté est pour les sots, les oublieux, les étourdis et les irréfléchis. 
Éloge de la fessée de Jacques Serguine 



Tu m'as confié ne pas trop savoir comment t'y prendre, que de garder un contact quasi permanent avec moi, avec ma peau avait énormément d'importance pour toi. C'est pour ça que je t'ai répondu que la fessée à main nue te correspondrait mieux que la canne ou la ceinture. 

Imagine. 

J'arrive chez toi. Je frappe à ta porte. Tu me fais entrer. Je baisse les yeux. Je ne porte pas de petite culotte sous ma jupe noire, comme tu me l'as demandé. Là, aucun faux pas de ma part. Sache juste que plus tu multiplieras les demandes, plus il y aura des chances que j'en oublie une ou deux, et peut-être même pas volontairement. Tu verras, je fais toujours en sorte de faire ce qu'on me dit ; il te faudra ruser un peu. Là, par exemple, je suis en avance de deux petites minutes sur l'horaire indiqué, et c'est une raison suffisante. 

Une raison suffisante que tu saisis au vol pour me demander d'aller au coin. Chose qui m'amuse un peu, je dois dire. Tu es le premier à le faire. Et je doute que ça ait un jour l'effet escompté. C'est le meilleur moyen pour que je reprenne pied et que je m'évade loin dans mes pensées hors du moment pour passer le temps. Mais tu te rattrapes vite et me voilà tout aussi vite en porte-jarretelles et bas au milieu de ton salon. Note bien que je n'ai pas trainé pour enlever mes vêtements quand tu me l'as demandé. On n'est jamais trop prudente.

Tu tournes autour de moi maintenant, tu prends le temps de savourer le spectacle. Tu te fais un peu plus prédateur et ça a son petit effet sur moi. Mais tu n'as pas encore tout à fait la main sur mon esprit, alors je ne peux m'empêcher de laisser flotter un léger sourire sur mes lèvres.

— Qu'est-ce qui te fait sourire ?

Oups ! Vite une réponse ! Mince, je ne trouve pas. Pas une réponse diplomatiquement acceptable en tout cas. Zut, zut, zut, je n'arrive pas à arrêter de sourire en plus.

— Réponds. Qu'est-ce qui te fait sourire ?

Ta main qui vient de s'emparer de ma nuque est très ferme, mais moins que tes deux doigts qui viennent de crocheter ma chatte pour me tirer en direction du canapé. Avant de t'asseoir, tu prends le temps de me faire savourer ma mouille et de m'en tartiner les lèvres et le menton. De toute évidence, tu ne t'y prends pas si mal que ça. Là, je ne souris plus du tout.

— Offre-moi tes fesses, petite salope.

Ces mots dans ta bouche. Si inédits, si efficaces. Je n'attends pas pour m'installer en travers de tes cuisses, les fesses bien en l'air.

— Et maintenant : Silence !

Il ne me viendrait même pas à l'idée de parler ; tu me voulais attentive, je le suis. Mieux encore, je sens que tout mon être s'est réduit à mon postérieur et à ta main qui caresse doucement ma peau. Je la sens chaude et un peu sèche ; elle accroche sur ma peau lisse et fraîche. J'ai conscience de ta deuxième main qui est venue s'arrimer sur ma hanche pour me maintenir en place. J'aime cette position, je me sens bien prise en main. Je me laisse aller.

Ta main continue sa promenade sur mes rondeurs cerclées par les suspensions noires du porte-jarretelles, elle prend son temps, comme si elle mémorisait plein de détails avant que les choses ne changent. Un doigt se glisse même dans le sillon entre mes fesses et s'attarde dans cet espace chaud et épilé de frais. Il goûte un peu de la moiteur entre mes lèvres aussi. Chercherais-tu à mesurer l'effet que tu vas voir sur moi ? Avant/après : de l'influence d'une bonne fessée sur l'hygrométrie locale au printemps ?

Ta main décolle enfin, mais tu te contentes de tapoter une fesse puis l'autre. Pour t'encourager, je me cambre un peu et je viens à la rencontre de ta main. Je sens celle sur ma hanche se raffermir, et le rythme sur mes fesses prendre de la vitesse et de la force. Un, deux, un, deux, un, deux. Tu as choisi une méthode très progressive, mais la progression est rapide. Pour moi, c'est assez confortable, je dois dire. Je trouve même ça très délicat de ta part. J'attends le moment où ta curiosité te fera arrêter ton ballet répétitif pour prendre le temps de sentir la chaleur envahir la surface et observer l'apparition de la timide rougeur. La douleur est encore tellement modérée et je peux supporter tellement plus.

— Encore, s'il te plaît.

Il faut parfois savoir tendre le bâton pour se faire battre. Il n'en fallait pas plus.

— C'est ça que tu veux, petite salope ?

Cette fois les claques pleuvent et ne sont pas retenues. Ma réaction est immédiate, mon corps se tend et mes mains empoignent ce qu'elles peuvent : l'air d'un côté et le bas de ton pantalon de l'autre. Les coups s'arrêtent juste le temps que tu pétrisses furieusement ma chair. Là, ça fait mal, là, ça pique, là, ça cuit. Et tu reprends dès que tu sens les muscles se relâcher. J'essaye bien d'échapper à ton étreinte, mais je suis coincée au niveau des hanches. J'amorce alors un mouvement pour interposer une main hésitante au-dessus de mes fesses, mais la tentative est vite sanctionnée.

— Tu crois faire quoi là exactement ?!

Alors, je retourne m'accrocher à ton bas de pantalon et je serre les dents, jusqu'à ce que je ne puisse plus et que mon souffle se mêle à mes gémissements de douleur. J'ai envie de dire "stop, arrête", mais comme d'habitude, je rechigne intérieurement. Ce serait capituler, et je veux te montrer à quel point je suis endurante. Je veux que ça me cuise et que je sache que ce sont tes attentions qui en sont la cause. Je veux pouvoir penser à toi en prenant ma douche, en m'asseyant, en m'habillant. Ces sensations résiduelles ne pourront jamais durer assez longtemps, je récupère vite, mais ça sera là, dans ma chair quelques heures, peut-être plus.

Tu ne peux pas savoir tout ce qui se passe dans ma tête à ce moment-là, mais tu sembles vouloir savoir si ton étude hygrométrique se passe bien. Tes doigts se sont à nouveau glissés entre mes cuisses, et je sens bien qu'ils dérapent avant de trouver leur cible.

— Eh bien, quel effet je te fais !

Eh oui, je suis comme ça.

Ta main sur ma hanche a relâché sa pression, je suis de toute façon un peu amorphe. Rien d'anormal, il me faudra quelques minutes pour revenir. Tu m'aides à me redresser et t'assures de ma stabilité. J'imagine que tu scrutes mon visage aussi, à la recherche d'un signe, quel qu'il soit. Ce que tu y vois doit te rassurer, car tu me fais pivoter sur moi-même et, toujours assis, tu te plonges dans la contemplation de ton travail. Je sens ton souffle frais, tes lèvres, tes dizaines de baisers, ta joue mal rasée se frotter. J'aime bien ce moment, c'est doux, même si ça pique, mais j'aimerais bien un câlin maintenant, pour me réveiller en douceur dans tes bras. Ce dont tu sembles avoir envie aussi. Tu me fais asseoir sur tes cuisses et tu m'autorises à me lover contre toi. Si tu savais comme ça me cuit. Mais qu'est-ce que je me sens bien aussi.

— Merci.
— Je t'aime.

5 commentaires:

  1. J'adore! J'adore d'autant plus que je sais qu'en imaginant ce qui se passe dans la tête de la belle que je fesse, je ne suis pas toujours proche de sa réalité. Et là, vous nous livrez si bien vos pensées dans l'instant. Merci Anna

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  2. Malgré tout, je suis sûre qu'une part de mystère demeurera toujours :)

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    1. Et heureusement! :)
      J'avais justement préciser "dans l'instant", car, et j'en suis certain, la fois suivante, les pensées, envies, besoins, idées, etc, seront tout autres.

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  3. Joli texte que je (re)découvre...

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