Love Hôtel



Infrarouge avait diffusé il y a deux ans un reportage sur les love hotels au Japon, et leur lent déclin pour cause de recadrage moralisateur dans la société. J'en avais déjà parlé par  avec la vidéo en question dans le post.

En France, ça reste une curiosité assez unique puisque le seul établissement se revendiquant officiellement love hotel est à Paris, rue Saint-Denis. Ce qui lui donne un petit air d'hôtel de passe, mais où les professionnelles sont interdites d'entrée (et il en va de la survie de l'établissement donc on ne rigole pas avec ça). Les chambres y sont louées pour des tarifs allant de 25 € (l'heure) à 99 € (la nuit, ce qui est ultracompétitif quand on connait le prix des hôtels à Paris. Ou des clubs libertins.) On n'est même pas obligé de s'y prendre très à l'avance ; si on n'a pas une chambre en particulier en vue (comme le donjon SM par exemple), on en trouve généralement toujours une de libre. En tout cas, je ne suis jamais restée à la porte. Mais si vous désirez vraiment une chambre en particulier (à tout hasard, le donjon SM), il est tout à fait possible de réserver à l'avance via le site de l'hôtel.

Situé au-dessus d'un sex-shop dont l'entrée est masquée par un lourd rideau de tissu rouge, j'ai l'impression d'avoir toujours connu le lieu avec des travaux en cours, façon grignotage des immeubles autour pour s'agrandir et créer toujours plus d'ambiances différentes. Ce dont je ne peux pas me plaindre, ça fait toujours plus de chambres à tester.

À l'heure actuelle, et d'après leur site, l'établissement compte 20 chambres, avec douches, WC (ou pas, ça peut être sur le palier), préservatifs, WiFi (!!!), la télé avec plein plein plein de vidéos porno pour tous les goûts et même des services comme la location de costumes pour être en accord avec le décor, et des massages. Inutile de préciser qu'il y a la possibilité d'acheter quelques toys au passage au rez-de-chaussée. Niveau débauche en tête à tête, on n'est pas trop mal quand même.

J'ai donc eu l'occasion d'essayer trois chambres dans l'établissement. La plus anecdotique avait une barre de pole dance et était vraiment petite ("La garçonnière" de mémoire). Mon partenaire et moi-même avons atterri là parce que nous n'avions pas d'autres options ce jour-là. Pour ce que nous souhaitions y faire, nous avons manqué cruellement d'espace. Mais nous avons trouvé comment nous occuper autrement. Une chambre reste une chambre.

Je garde par contre un très bon souvenir de mon passage par "Le Château des glaces" et ses multiples miroirs (et les miroirs, c'est mon dada). Même si toutes les chambres en sont équipées, là, c'est le top. Plafond, mur, obliques. L'action peut être vue sous tous les angles. J'étais aux anges <3

Bon, et bien sûr, impossible de passer à côté du "Donjon SM". Avec plein de guillemets autour, car il ne faut pas non plus s'attendre à un donjon dans les règles de l'art. Mais c'est amplement suffisant pour assouvir quelques basses pulsions. Il y a de quoi accrocher des bras en l'air, à condition de ne pas avoir des poignets trop fins comme les miens, auquel cas, il faut un minimum de coopération de la part de tous les participants, de quoi fouetter un peu (avec notamment une méchante cravache de dressage qui a dû faire pleurer plus d'une débutante innocente), et un harnais pour suspendre un peu les ébats, mais qui nous a laissés aussi perplexes que deux poules devant un couteau. Pour ce qui est de la cage fournie, comme je ne suis pas amatrice de la pratique, elle est restée inoccupée. Il y aurait sans doute moyen d'accessoiriser encore un peu cette chambre, mais en l'état, c'était déjà fort satisfaisant.

Certains décors, vus en photo sur le site ou sur le catalogue à l'accueil, sont un peu trop kitchouilles pour moi, mais encore une fois, une chambre est une chambre et quand on est deux à avoir une envie pressante, je crois qu'on fait facilement abstraction de la déco façon Paris 3D ou désert. Par contre "Candyland Kawaii" et le "Dojo japonais", je ne dirais pas non. En tout cas, il y en a pour tous les goûts et pour tous les délires.

La dernière chose à savoir, c'est que l'heure, c'est l'heure. Pour ne pas entraîner de retard pour les clients suivants, il faut que les femmes de ménage aient le temps de passer derrière vous. Donc quand votre temps est fini, rhabillez-vous vite, sinon l'heure suivante sera pour votre pomme. Je ne suis jamais repartie en petite culotte, mais j'ai en effet croisé la femme de chambre en sortant rapidement me reboutonner dans le couloir...



Je trouve ça vraiment malin d'avoir joué cette carte-là, avec sa petite touche d'originalité et d'exotisme. Je le dis et je le redis, je suis fan du concept des love hotels et je rêve toujours autant de voir se développer ce genre d'établissements ailleurs en France et de préférence près de chez moi. Parce que Charleroi, ça fait quand même loin pour en tester un autre... À part si vous tenez absolument à un confort impeccable et que vous ne pouvez concevoir une rencontre coquine ailleurs que dans un cinq étoile avec draps en soie et champagne, j'ai envie d'inviter les curieux à aller tenter l'expérience. Certes, c'est un peu cheap. Certes, pour un premier rendez-vous, vous n'en mettrez pas plein les yeux à votre partenaire. Mais c'est fun, il y a un lit (et des miroirs !) et ça ne coûte pas très cher. Que demande le peuple ?


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