Lu ailleurs #11


  • Oups … comment récupérer un plug dans ton cul ? Rosebud, c'est bien joli et décoratif... mais je déconseille aussi. Et exactement pour cette raison. Si la base a le même diamètre que la largeur max de l'objet, alors tout peu rentrer. Et vous ne voulez pas que tout rentre, je vous assure.
Pour le reste, c'est une série d'articles sur le couple, en réflexion et en mutation.
  • Malgré sa connotation très négative, vous faites de l’ennui la condition sine qua non de la vie à deux… Vouloir l’excitation permanente est puéril. Il y a de bonnes raisons de rompre, mais pas l’ennui. Retourner contre l’autre une monotonie qui est le mode même du couple, c’est faire un faux procès : on ne peut pas vouloir la stabilité et incriminer l’ennui. Je ne parle pas du spleen, mais simplement de l’état où il ne se passe rien, ce plateau continental de l’âge adulte. Je n’ai pas de recette pour la vie à deux, mais le minimum, c’est de s’entendre sur la recherche de l’entente. S’entendre est le but. C’est aussi le moyen. Pascal Bruckner nous parle des bienfaits de la scène de ménage, en oubliant qu’elle laisse des ressentiments, parfois indélébiles. Il faut faire son possible pour ajourner la scène et retrouver le calme qui permet de se comprendre. S’aimer, c’est remettre le malheur à plus tard.
    L’adultère n’est pas une nécessité, mais il est réel, comment le surmonter ?
    Deux possibilités : le mensonge ou le pardon.
    Le sexe n’est pas le cœur de la relation intime et familière que vous décrivez, mais l’adultère est interdit, si on vous écoute, c’est la mort de toute vie sexuelle ?
    C’est le problème. L’attraction initiale est érotique et sentimentale, mais cet attrait initial ne dure pas. Il faut renoncer à la sexualité dans sa grande véhémence première. On peut pratiquer une sexualité de bienveillance mutuelle, mais à un moment donné, la sexualité devient quelque chose dont il faut se défendre, parce qu’elle est plus troublante au-dehors qu’au dedans. Il faut alors avoir aménagé une entente qui vaille qu’on y renonce. Affiner la compréhension mutuelle, nouer un rapport de sentiment et d’intelligence, c’est la seule voie. Se dire que l’intelligence du cœur est un sacerdoce, c’est se barrer la voie.
    C'est la deuxième fois que je tombe sur cet article qui date de 2014. Le souci de Claude Habib, c'est de ne pas vouloir repenser le couple et ses modalités de fonctionnement en vertu d'un attachement à de vieilles valeurs et d'une lutte contre l'individualisme et l'indépendance effective des femmes (qui aura des conséquences sociales, y a pas photo).
    Mieux vaut donc, pour elle, ne surtout pas désamorcer les conflits en faisant une bonne grosse scène et laisser le ressentiment macérer. Mieux vaut donc ne plus baiser et remiser ses désirs au placard plutôt que d'aller voir ailleurs et se sentir vivant. Mieux vaut donc aller au restaurant en "amoureux" et ne plus savoir quoi se dire sous couvert qu'il faut savoir partager l'ennui.
    Oui, je suis un poil de mauvaise foi et je ne suis pas forcément contre tout ce qu'elle dit (plus sur la façon de le dire qui provoque chez moi une crise d'urticaire), mais elle me semble fermer énormément de portes et rester bloquée sur une vision passéiste du couple.
  • Je m'intéresse à l'attachement, qui est une capacité féminine. Les femmes ont une perspective, sur le couple et sur la durée, différente de celle des hommes. Elles ont une perspective active. Les femmes font le couple. Les hommes ont souvent des images d'emprisonnement, qu'ils refusent le couple ou qu'ils s'y résignent. Quand ils en font l'éloge, c'est parce qu'il offre un abri. Give me shelter. Je n'ai jamais vu les choses ainsi. Dès le départ, l'envie de former un couple a été pour moi un désir de liberté. Sans être victime de l'idéologie, sans qu'on ne m'ait rien imposé : au départ, je désire vivre à deux, et je tiens l'amour pour un essor. Dans cette expansion se produit un investissement de l'esprit. Il faut penser pour vivre à deux, cela ne se fait pas tout seul. Je représente un point de vue féminin, voire féministe. Le couple est action, action émancipatrice. Autrefois, les jeunes filles voulaient se marier pour être plus libres, aller au bal, sortir le soir. C'est à des années-lumière de nous. C'est toujours nous. J'ai attendu d'avoir un compagnon pour faire du stop ou dormir à la belle étoile. Nous n'avons pas cessé d'être le sexe vulnérable. Cela, on ne veut pas le savoir, on ne peut pas l'ignorer. Donc l'éventail des possibles s'ouvre sitôt qu'on est deux. Ce n'est pas symétrique pour un homme. Ce qui est une libération pour la femme apparaît comme une charge pour un homme.
    C'est à se demander pourquoi les hommes cherchent à se mettre en couple ! Attention ! C'est un piège ! N'y allez pas !
  • Irène Théry : “Le problème, c'est ce fameux modèle : un seul père, une seule mère”
    Autrefois, ce qui faisait une famille, c'était le mariage. Ne pas se marier, c'était être un paria social, en particulier pour les femmes, que le mariage divisait en deux catégories : ici, les dignes épouses ; là, les filles perdues. Le divorce était interdit. Aujourd'hui, le mariage n'est plus le socle de la famille. Se marier ou non, se démarier ou non, est une affaire de conscience personnelle.
    Le couple se conjugue maintenant au pluriel ? Oui, bien sûr ! Concubins, pacsés et mariés, couples unis et désunis, de sexe opposé et de même sexe : la pluralité a remplacé le modèle unique du couple marié et stable, par hypothèse hétérosexuel. Cette diversité ne nous divise pas car elle repose sur une valeur commune forte : l'idée que le couple est un lien qui vaut par lui-même, distinct du lien parents-enfants. Notre définition du couple a changé. Ce n'est plus ce qui, avec deux, ne fait qu'un – parlant par la voix du mari, portant le nom du mari, marchant au pas du mari. Le couple d'aujourd'hui, c'est ce qui, avec un et un, fait deux : son idéal est la conversation conjugale, un duo amoureux, à la fois érotique et amical, qui suppose d'harmoniser deux voix différentes.
    Étonnamment, je me sens plus en phase avec sa façon de dire les choses. Et sa vision plus ouverte des notions de famille et de couple. Un regard définitivement plus tourné vers l'avenir des possibles.

  • Le couple est-il en train de disparaître ?
    L'adultère, c'est une espèce en voie de disparition pour moi. Bien sûr qu'il y a des infidélités, mais ça me fait penser tout à fait à ce que l'on voit dans les monogamies des oiseaux qui sont des monogamies saisonnières, c'est-à-dire des temps courts. On vit des tranches de vie aujourd'hui. Avec cette monogamie, il y a obligatoirement un adultère, des petits accros, mais qu'est-ce que l'on voit ? Un début de relation qui se fait et, avant six mois, ou ça forme un nouveau couple ou ça s'arrête. C'est pour ça que je dis l'adultère/double vie, ça existe très peu, par contre, très vite, on forme un nouveau couple ou alors ça s'arrête. (Philippe Brenot)
    Quelques réflexions intéressantes sur la fragilité des couples actuels et le besoin de le repenser pour l'adapter à l'évolution de la société et des mentalités. Ça donne aussi envie de découvrir l'utopie de Charles Fourier au passage.
  • Célibataires ou en couple, quel avenir pour l'amour ? Tout est dans le titre. Une conférence d'1 h 20 qui approfondit bien les choses. 
Et une note d'humour pour digérer.

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