Marché aux esclaves

Elle se tient nue sur la plage, au plaisir de l'acheteur ; toutes les parties de son corps sont examinées et touchées. Voulez-vous entendre le résultat de la vente ? Le pirate a vendu ; le souteneur a acheté, il peut maintenant l'employer comme prostituée.
Sénèque le Rhéteur, Controverses et Suasoires


Un post avec des peintures, comme ça, sorti de nulle part. Ou presque. Bien sûr, il s'inscrit dans un fil de pensées. Pour les connaisseurs, il existe un site portant ce nom, où il est question d'échanger et de se rencontrer entre pratiquants BDSM, aussi bien dominant/maître que soumis/esclave. On y trouve des salles de chat, publiques et privées, la possibilités de faire des cams, un forum, etc.
Inutile de m'y chercher, je ne fréquente pas le lieu ; son fonctionnement ne me correspond pas du tout et son nom me crispe un peu. Il m'a ainsi inspiré ce post.

L'image d'accueil est la suivante :

Vente d'esclaves à Rome - Jean-Léon Gérôme, 1884.

Une fois connecté, c'est cette deuxième peinture de Gérôme que découvre le visiteur :

Marché romain aux esclaves - Jean-Léon Gérôme, 1884. 

J'ai toujours éprouvé un certain malaise vis-à-vis de l'utilisation moderne de l'imagerie orientaliste se rapportant aux marchés aux esclaves. Sans doute à cause de l'aspect romantique et chatoyant de ces peintures où la nudité est érotisée ; aspect qui est totalement déconnecté d'une réalité qui n'avait vraiment rien de romantique, notamment pour les femmes qui vont me servir de sujet plus bas. Sans doute aussi parce que j'ai du mal à concevoir que l'humain puisse encore aujourd'hui être assimilé à du simple bétail ou à des choses et être passé d'une personne à une autre en échange de services ou d'argent. Je sors bien sûr ici du contexte du BDSM où les bonnes manières veulent que rien ne se fasse sans le consentement éclairé et clairement exprimé de "l'esclave".

Esclave : Personne qui n'est pas de condition libre et se trouve sous la dépendance absolue d'un maître dont elle est la propriété. / Personne au service d'une autre personne, et astreinte à des tâches pénibles, parfois humiliantes. 

Note 1 : Il n'est pas impossible que certains noms de tableaux ne soient pas corrects. Internet est un bon outil de recherche, mais c'est un très bon véhicule d'erreurs également.
Note 2 : Les peintres aiment recycler. Beaucoup. J'ai volontairement réuni des séries pour pouvoir apprécier les variations.


Achat d'une esclave - Jean-Léon Gérôme, 1857. (À gauche)
Le Marché d'esclaves - Jean-Léon Gérôme, 1866. (À droite)



Esclaves à vendre - Jean-Léon Gérôme, 1873. (À gauche)
Le Marché aux esclaves - Fabio Fabbi, ? (À droite)



La Vente de l'esclave blanche - Fabio Fabbi, ? (À gauche)
Au marché aux esclaves - Fabio Fabbi, ? (À droite)



? - Fabio Fabbi, ? (À gauche)
La présentation des jeunes esclaves - Fabio Fabbi, ? (À droite)



? - Fabio Fabbi, ? (À gauche)
? - Fabio Fabbi, ? (À droite)



Le Marchand d'esclaves - Fabio Fabbi, 1931. (À gauche)
Le Marché aux esclaves - Fabio Fabbi, ? (À droite)



Le Marché aux esclaves - Fabio Fabbi, ? (À gauche)
? - Fabio Fabbi, ? (À droite)



Namouna - Adrien Tanoux, 1921. (À gauche)
La Perle du marché aux esclaves - Alfredo Valenzuela Puelma, 1890. (À droite)


Marché aux esclaves blanches - Dominico Rosso, 1884.

The Babylonian Marriage Market - Edwin Long, 1875.

Le Marchand d'esclaves - Emmanuel Stanek.

The Bitter Draught of Slaver - Ernest Normand, 1885.

The White Slave - Ernest Normand, 1894
Marchand d'esclaves - Eduard Ansen Hofmann.

Le Marché aux esclaves - Eugene Ansen Hofmann.

Slave Girl - Eugene Ansen Hofmann.

Le Marché aux esclaves - Giacomo Mantegazza.

Inspecting New Arrivals - Giulio Rosati.

A New Arrival - Giulio Rosati.

Le Marché aux esclaves - Gustave Boulanger, 1882.

La femme ou le vase - Henryk Siemiradzki, 1887.

Le Marchand d'esclaves - Horace Vernet, 1836.

Le Marché aux esclaves - Jean-François Portaels, 1853.

L'Esclave blanche - Pierre Lecomte du Nouÿ, 1888.

Le Marchand d'esclaves - Louis Devedeux.

Die weiße Sklavin - Moritz Stifter.

Le Marché aux esclaves - Otto Pilny, 1910.

Les Jeunes Esclaves - Otto Pilny.

Harem Girl - Otto Pilny.

Le Cheval ou l'esclave - Otto Pilny.

Le Marché aux esclaves - Otto Pilny.

Marché aux esclaves dans le désert - Otto Pilny.

Esclave blanche - Otto Pilny.

Le Marché aux esclaves - Pierre-Louis Cazaubon, 1899.

Achat d'une esclave - Stanislaus Von Chlebowski, 1879

Note 3 : Je proclame mes yeux en vacances. Ils sont déjà en mode chassé-croisé. Je n'ai jamais autant tapé les mots marché, marchand, esclave qu'aujourd'hui.

1 commentaire:

  1. La femme objet, de plaisirs, de désirs, de fantasmes, objet tout court... Une réalité à cette époques, en ces contrés lointaines, mais aussi chez nous. Cela n'a pas assez changé à mon avis... N'oublions jamais que celle qui s'offre et se soumet le fait parce qu'elle l'a décidé. C'est un immense cadeau et il faut savoir en être digne et la respecter.

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