Les Trois talents 1 : Le Conteur d'histoires d'Emma Cavalier



Quatrième de couverture : Quand les rivalités attisent le désir...
Brillante et ambitieuse étudiante en journalisme, Élisabeth est stagiaire pour le quotidien Azur matin.

Face à elle, un redoutable rival, Alexander Welles.
Et quoi de mieux pour tenir sa concurrente que d'avoir les preuves qu'Élisabeth utilise son ordinateur pour se rendre sur des sites de rencontres ?

Alexander va exercer un chantage sur Élisabeth : soit elle passe la nuit avec lui, soit il révèle son secret. Il va entraîner Élisabeth dans des jeux érotiques qui répondent aux fantasmes enfouis de la jeune femme qui se donne sans retenue aucune.

Tombera-t-elle amoureuse de son rival et maître chanteur ? Devra-t-elle choisir entre la réussite et l'amour... ?



Je spoile un peu sans spoiler totalement.

Parfois, il y a du bon à lire en numérique, ça évite de juger un livre à sa couverture et de le jeter contre en mur en insultant l'éditeur parce qu'il y en a marre de tous ces mecs qui ne ressemblent à rien sauf à un cliché sur pattes, et encore moins au personnage masculin principal qui a donc une barbe de trois jours, des poils et moins de muscles.
Parfois, il y a du bon à ne pas s'arrêter à la quatrième de couverture, parce que les histoires de chantage associées à des faveurs sexuelles, ça me fait très moyennement rêver puisque j'ai déjà croisé des hommes, soi-disant libertins, qui cherchent la moindre faille chez une femme pour faire pression et obtenir d'elle tout ce qu'ils veulent.  

Pourtant. 

Ça fait longtemps que j'entends parler d'Emma Cavalier en bien et que j'ai envie de découvrir sa plume, même si les thèmes qu'elle aborde ne me tentent pas vraiment. Je me suis fait violence malgré mes deux gros a priori ci-dessus, déjà parce qu'il est fait mention dans le livre d'un gros forum BDSM qui est loin d'être une pure invention, ce qui ancre tout de suite l'histoire dans une certaine réalité. Ensuite, parce que je voulais en avoir le cœur net sur cette histoire de chantage qui me hérissait un peu trop le poil.

Bilan : j'ai eu du mal à lâcher le livre, vraiment beaucoup de mal. Emma Cavalier a une plume d'une grande fluidité et particulièrement efficace, une intelligence qui fait beaucoup de bien et une connaissance évidente de son sujet qui lui permet d'être très subtile. Sous couvert d'être un livre dans la lignée de la New Romance qui fait le bonheur des éditeurs actuellement, ce premier tome est bien plus qu'une simple romance justement. (D'ailleurs, en est-il vraiment une ?) Quand je parle d'intelligence de l'auteur, c'est notamment en pensant à la construction psychologique de ses personnages. Élisabeth n'est pas une oie blanche innocente qui va découvrir l'amour et surtout l'orgasme dans les bras d'un homme, un vrai ; c'est une femme intelligente, ambitieuse, curieuse, ouverte d'esprit et joueuse dont l'éducation n'a fermé aucune porte, même pas celle du sexe sans complication. Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'elle soit aussi aventurière. Toutes les réactions qu'elle a au travers du livre m'ont paru crédibles et cohérentes. Il y a du vrai dans Élisabeth. Tout comme il y a du vrai dans Alexander, malgré son jeune âge. Le fait d'être pratiquante donne bien sûr accès à un tout autre niveau de lecture, notamment en ce qui concerne les choix parfois pas si éclairés que ça, les non-dits et les oublis des personnages, les enjeux et les faux-pas. Si le lecteur "lambda" ne sait pas ce qu'est une hard limit, je ne suis pas certaine qu'il comprenne vraiment l'ampleur des dégâts que provoque son franchissement et, par là même, la violence de la réaction de certains personnages. J'ai encore la sensation de la brique qui m'est tombée dans l'estomac ce matin... Le choix de vocabulaire de l'auteur pour qualifier cette scène ne pouvait être plus juste et c'est ce qui en fait tout le drame. 

Quant à cette histoire de chantage qui me chatouillait, Emma Cavalier a eu l'habileté de donner une longueur d'avance au lecteur, ce qui permet, à mon grand soulagement, de ne pas sombrer dans le sordide comme la Dark Erotica aime tant le faire, mais, au contraire, de désamorcer la situation et de prendre un malin plaisir au petit jeu entre les deux protagonistes. D'ailleurs, l'ensemble de leurs jeux est de bon goût, ni trop hard ni trop soft, surtout dans la mesure où la confiance règne. Même les descriptions des scènes chaudes sont de bon goût : efficace, jamais vulgaire et surtout sans métaphores alambiquées et autres noms de fleurs poétiques. Le lecteur se trouve dans une zone safe, pour autant qu'il arrive à accepter que les réactions des personnages ne seront pas forcément les siennes dans une situation similaire et, ce, malgré une tentation d'identification très forte. Là encore, il y a du vrai dans ce que vit Élisabeth ; ce ne sont pas juste des inventions de quelqu'un fantasmant ces pratiques. Et c'est bien ça qui fait tout le charme de cette histoire à mes yeux, plus que les histoires qui se développent en parallèle autour de la famille d'Élisabeth et de Lex. J'espère vraiment retrouver cette justesse et cette vérité dans le tome 2 et dans les autres romans de l'auteur, parce que je viens d'être convertie. 

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