La fessée de Noël


Extraordinaire cadeau de Noël livré en avance et qui, à mon avis, ne pouvait pas tomber entre de meilleures mains. J'adore l'idée.
Mais qu'est-ce donc ? 
Réponse : Une boîte pleine de malice concoctée par La Fesse cachée et véhiculée jusqu'à moi par un père Noël attentionné que mon enthousiasme a dû bien amuser.

J'ai tellement aimé découvrir les surprises et les bonnes idées que j'ai eu envie de les partager. Attention : séquence unboxing pour public averti, féministe et décalé.


Ceci n'est pas un pipe, mais j'ai rajouté un indice.
Hu ! Cocotte en culotte ! 
Parfait pour le prochain strip-tease de celui qui m'a offert cette boîte.
Plus c'est long...
Ça, c'est une idée aussi utile que géniale. Même si c'est un petit rappel à une réalité moins géniale.
Parce qu'il en manquait plein à ma collec :D
Pour cogiter à deux à la rentrée...
...ou effectivement se délier la langue et les doigts...
Un tube à essai
contenant une formule magique.
La petite boîte dans la grosse boîte...
... avec un secret bien gardé à l'intérieur.
Le bouton magique, le seul, l'unique (et son string). 
De la simplicité de l'érotisme polaroïdesque. 
Qui ? Où ? Comment ? Seule ou à deux ? Et la culotte, elle est où ? (Non, pas là, ça se verrait.) 
Un carnet collector...
... avec déjà des dessins (entre autres).
En cas de pénurie de trucs à sucer pendant les vacances ?
Une mante religieuse.
J'ai déjà fait perdre la tête à quelques personnes en effet.
Des conseils de petites choses à regarder seule ou à plusieurs. 
Le mini-album de la comtesse...
qui est en fait l'instant culture et révisions.
My...stère.



The End.

P.S. : Passez de bonnes fesses de fin d'année. 
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Lu ailleurs #32


  • Les 10 chiffres clefs de l'enquête sur la bisexualité réalisée par l'Ined : Bon, l'apocalypse n'est pas pour demain, nous ne serions que 0,9 % de femmes et 0,6 % à être bis. À compléter par un article sur Slate : Les femmes bisexuelles ont plus de partenaires masculins que les hétérosexuelles.
  • Pourquoi certaines soumises crient « Cornichon » : Je n'ai convenu d'un safeword avec un partenaire que lors de ma toute première séance avec lui et toute première séance tout court pour moi. Par la suite, il a été convenu que si je disais "stop", ça voulait vraiment dire "stop". À noter que je ne dis jamais "non", tout simplement parce que je parle peu. C'est sans doute aussi parce qu'on ne m'impose rien que je n'ai plus ou moins vu venir et que j'aurais eu tout loisir d'écarter en amont de la séance si vraiment ça posait problème. Même la douche froide qui m'a été si désagréable. Et je vais aller dans le sens de ces "inconscients" qui sont pointés du doigt dans l'article, mon partenaire actuel avec qui je pratique depuis quelques années a appris à me lire avec le temps, et il sait lire ce qui n'est pas mentionné dans l'article : le changement d'intonation de ma voix. Dans la mesure où nous ne jouons ni avec les limites, ni avec le perpétuel dépassement de soi, ni avec un public, nous considérons actuellement qu'un simple "stop" nous suffit. Je n'exclus cependant pas totalement l'usage d'un mot d'arrêt de nos jeux, mais il faudrait que les circonstances s'y prêtent un peu plus.
  • Insurrection Bêta : rêve érotique sanglant ?
    Pourquoi celles qui assimilent la galanterie à du « chauvinisme mâle » préfèrent-elles sortir avec des hommes plus âgés et plus riches ? Pourquoi aiment-elles regarder Pretty Woman ou lire 50 nuances de Grey alors qu'elles crachent sur la phallocratie ? Les mâles bêta dénoncent ces contradictions comme autant de preuves que les femmes ne méritent aucune pitié.
    Pourquoi les mâles bêta continuent-ils de déverser leur bile aigre parce qu'ils ne sont pas des alphas, donc des Christian Grey, plutôt que de réinventer les codes pour enfin avoir une vie épanouissante ?
  • Polyamorie : Des définitions et nuances que je n'utilise pas vraiment, mais j'ai vu le film par contre. 
  • Pas de sexe sur les réseaux sociaux : c'est officiel, les censeurs de Facebook ont pété un boulon : Après Tumblr, Facebook durcit la censure. Le monde ne remerciera jamais assez les lois SESTA et FOSTA. Surtout que là, il ne s'agit pas de simplement lutter contre le trafic sexuel des humains.
    Du contenu qui offre ou demande d’autres activités pour adultes telles que :
    - De la pornographie à des fins commerciales
    - Des partenaires qui partagent des intérêts fétichistes ou sexuels
    Quid du flou autour de la définition même de la pornographie... de la recherche de modèles pour des photos dénudées ou tendancieuses dans un but purement artistique voire militant... de l'organisation d'atelier de shibari...
    Il serait un peu facile de simplement dire : "Facebook, si on ne l'aime pas, on le quitte" ou "Mais il y a des lieux dédiés pour ça". (Ce qui, avec SESTA et FOSTA, est déjà moins vrai, les lieux dédiés sont emmerdés aussi.) Il n'en est pas seulement du devenir du côté organisationnel des activités entre adultes consentants, mais aussi de l'image du monde tel que des décisions comme celle de jeter un voile de pudeur sur la sexualité et les corps impliquent sur la perception de la réalité. Facebook, c'est 2,27 milliards d'utilisateurs actifs chaque mois et 1,49 milliard d'utilisateurs actifs chaque jour dans le monde. Trop de gens ne sont plus dans une démarche active de regarder le monde autrement que par les filtres de Facebook. Facebook, c'est facile, tout arrive sur son fil sans rien faire. Sauf que Facebook n'est pas neutre, l'est de moins en moins et touche beaucoup beaucoup de monde ; il fait désormais partie de nos vies. Donc, ce que censure ou favorise virtuellement Facebook pose un problème bien réel qui a des conséquences bien réelles aussi.
    C'était également le sujet d'un Instant M cette semaine : Peut-on confier le nu et le sexe à Facebook ? qui fait suite à la tribune de Romy Alizée dans Libération.
  • Un peu de légèreté avec deux conseils podcast. 
    Entre nos lèvres : des témoignages de femmes et d'hommes qui parlent de leur rapport à la sexualité, de leur enfance à maintenant, avec les galères, les accidents de parcours, les drames, les rires, les larmes et moult anecdotes. C'est frais, ça fait du bien.
    - Le Verrou : des extraits de livres, des passages chauds bouillants en quelques minutes. Et ça marche.
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Fragments d'un discours polyamoureux de Magali Croset-Calisto



Présentation de l'éditeur : Comment déjouer les échecs de la vie conjugale ? Comment faire de la vie de couple une relation harmonieuse et durable ? Un témoignage qui propose une nouvelle façon de vivre les échanges amoureux.

Face à l'échec du mariage, il est temps de réfléchir à de nouvelles façons de vivre le couple. 
En plein essor en France et en Europe, le polyamour peut être une solution. 
Le polyamour n'est ni libertinage, ni aventure d'un soir : c'est l'art d'aimer plusieurs personnes à la fois, de manière libre, respectueuse et assumée. 

Comment sait-on que l'on est polyamoureux ? 
Quand et comment le devient-on ? 
Comment fait-on pour gérer la jalousie entre les partenaires ? 
Autant de questions que la sexologue Magali Croset-Calisto aborde à travers un témoignage de vie moderne et audacieux construit tant à partir de son vécu de femme que de son expertise en cabinet de consultations. Car quoi de mieux que l'expérience personnelle et l'approche professionnelle d'une sexologue pour évoquer en toute intimité les différents enjeux de l'amour et de la sexualité dans notre société ?



L'ouvrage porte assez bien son titre, il faut le reconnaitre. Il ne s'agit pas à proprement parler d'un essai sur le sujet du polyamour, mais effectivement plutôt de fragments de pensée noyés dans tout un tas d'autres considérations. Et c'est sans doute là que réside le problème principal de ce livre. Magali Croset-Calisto est sexologue et polyamoureuse, elle a donc accès à la fois la théorie et à la pratique intime pour étayer son propos. Autant dire qu'elle maîtrise son sujet et que certains passages sont percutants de lucidité. Le hic, c'est qu'elle ne savait visiblement pas trop comment présenter les choses. Elle s'est donc embarquée dans la confection hasardeuse d'une soupe à base d'échanges avec ses amants, avec son rédacteur en chef, avec une journaliste, avec des patients dont elle dit ne pas pouvoir s'inspirer pour des raisons éthiques, mais qui sont tout de même présents pour d'autres raisons, et d'une mise en abyme maladroite sur l'écriture même du livre. Planant sur tout ça, il y a en plus un sentiment d'urgence à écrire motivé par le besoin d'être une des premières à en parler et par la mission confiée par l'un de ces amants dominant qui lui impose un silence radio total tant que le livre n'est pas achevé. Broderie et répétitions deviennent rapidement les signes évidents de cette urgence. Son ouvrage sur le bondage, sorti la même année, ne souffre pas des mêmes problèmes, sans doute parce qu'il n'a pas été l'objet d'un quelconque défi ou d'une course contre la montre.

Une fois le tri fait, il reste quand même un peu de matière à réflexion : des choses bien vues et bien dites, des pensées de la sexologue, des pensées de philosophes et des réalités sur la vie de couple qui mériteraient d'être énoncées au journal de 20 h de TF1. Finalement, l'essentiel est dit dans l'avant-propos qui semble avoir été conçu après coup en repiquant les meilleures phrases du livre. Les passages sur les différentes structures du couple et sur Eros et Philia sont très intéressants aussi. Pour le reste, c'est un peu trop léger pour en faire un ouvrage de référence sur le polyamour. Le sujet méritait un peu plus de sérieux dans l'approche et dans le traitement.



Car le polyamour, c'est cela : la faculté de pouvoir aimer et désirer plusieurs personnes en même temps, sans que cela n'ôte quoi que ce soit à chacune des relations vécues. Fondé sur la réciprocité des échanges, le polyamour engage la conscience que le bonheur, la joie et les plaisirs vécus sans nous, ne nous enlèvent rien à nous. Au contraire. Cela témoigne de la force de confiance qui se joue entre deux êtres. La sexualité n'est pas un gage exclusif de fidélité.
Fragments d'un discours polyamoureux est une invitation au voyage pour les créateurs et les questionneurs de l'amour. Une invitation au voyage humaniste et poétique. En tant que transport amoureux, transport philosophique et transport psychique proposant une autre culture de l'art d'aimer. Car toujours, le polyamour honore et cultive la rencontre d'exception. Une exception telle qu'elle ne peut s'ignorer. De la rareté d'une rencontre. De la possibilité aussi de cumuler les raretés lorsqu'elles adviennent de manière concomitante. Voilà en quoi le polyamour est exigeant, altruiste et éclairé. La disponibilité du polyamoureux est une prédisposition non pas à la facilité mais à l'exception. Aux ravissements qui scandent et définissent une vie. Aux rencontres qui créent une poésie.
Il faut accepter le plaisir sans se cacher : la plupart des gens s'interdisent le plaisir dès qu'il est permis. Il est plus facile de prendre du plaisir dans la transgression, c'est-à-dire de voler son plaisir en se cachant derrière quelqu'un représentant l'interdit, que de s'autoriser cette ouverture, cette suspension pour profiter des moments où l'on est ensemble sans se réfugier contre quelqu'un supposé l'interdire.
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200

Photo libre de droits

Ceci est le 200e post de ce blog.

Bientôt 5 ans de libertinage, de polyamour, de BDSM, et 5 ans d'écrits.
Un gentil petit travail de fourmi débuté le 3 mars 2014. Je ne pensais honnêtement pas atteindre un tel nombre.

Ce blog est à mon image, il semble partir dans plein de directions différentes, surtout si on arrive en cours de route, mais il forme un tout très cohérent, de mon point de vue en tout cas.

Les textes érotiques du début ont été progressivement remplacés par le regard que j'ai posé sur les différents milieux que je fréquente de près ou de loin. Et puis est venue une montée en abstraction sur mon propre parcours, mes choix, mes envies, alimentée par mes lectures, mes visionnages, mes rencontres. Beaucoup de choses ont changé en 5 ans et ce blog me sert à pleinement les mesurer. Le but premier était donc de consigner au fur et mesure pour moi, pour garder un œil sur mon passé et mon cheminement.

Mais, dans beaucoup de mes démarches, il y a aussi une forte notion de partage, même si ça ne mène pas forcément toujours à l'échange. Ce partage a été très érotique au début et ciblait surtout mes partenaires pour qui j'écrivais et pour qui j'écris encore de temps en temps. Puis, j'ai voulu partager mes pensées et mes convictions, non pas par prosélytisme ou en tant que détentrice d'une vérité, mais plus dans l'idée d'éveiller la curiosité, de soulever des questions, de permettre la pensée. C'est d'ailleurs ce que je recherche aussi en priorité dans mes lectures. À l'heure actuelle, il me parait essentiel de faire l'effort de penser, d'analyser, de remettre en question et ne pas foncer tête baissée dans les filets de l'émotionnalité. Ce blog est donc aussi ma modeste contribution à cette cause qui me tient à cœur.

Joyeux 200e post, petit blog. Et à bientôt pour de nouvelles aventures !
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Le Manoir d'Emma Cavalier



Présentation de l'éditeur : Le Manoir est le récit de Pauline, jeune archiviste chargée de mettre de l’ordre dans les documents accumulés dans une demeure consacrée depuis un siècle à des pratiques et des rencontres sadomasochistes. Totalement ignorante de cet univers, Pauline découvre un monde étonnant de fantasmes. À cette découverte troublante que nous suivons pas à pas au gré des documents classés par Pauline, se mêle une expérience bien réelle avec son employeur, Julien, qui lui impose des règles en fonction de ses caprices. Aux prises avec cet homme qui associe allégrement la souffrance avec le plaisir, la complicité avec la brutalité, Pauline se retrouve face à elle-même, à ses propres désirs et à ses propres choix. Nous suivons alors son apprentissage, celui de la douleur accepté, du plaisir, de l’amour et de l’acceptation de soi.




Commençons par le positif. Malgré quelques soucis de correction évidents, je reste sous le charme de l'écriture d'Emma Cavalier dont j'avais déjà apprécié la série des Trois talents. Je la trouve toujours aussi plaisante, simple, fluide, travaillée mais pas trop. L'autrice a apporté un soin particulier au travail de son héroïne en allant jusqu'à reproduire ce qu'aurait pu être le résultat de ses recherches. Un vrai plus. J'ai également beaucoup aimé certaines scènes de sexe et/ou de BDSM correspondant plus ou moins à mes pratiques et dans lesquelles il m'a donc été plus facile de me projeter.

Pour le reste, le charme du Manoir n'a pas du tout agi sur moi. J'ai été rebutée dès les premières pages par la façon dont s'installe la relation BDSM entre les deux protagonistes, c'est à dire sans choix éclairé. Pauline doit dire oui à tout ce que pourrait avoir envie de lui faire subir le maître des lieux si elle veut travailler là, ou elle dégage. Et elle dit donc oui sans savoir dans quoi elle s'engage, mais avec un vague frisson dans la culotte. C'est un peu mince.

En fait, je crois que ce manoir représente une certaine vision du BDSM que je n'aime déjà pas dans la vie réelle : les dogmes, les postures, le côté secte et le maître à qui toutes les soumises du monde veulent se mesurer. Le summum étant atteint avec la règle qui consiste à forcer tout futur maître à être soumis avant de pouvoir dominer. Et je dis bien "forcer". On sent bien là, encore plus que dans le reste de l'ouvrage, l'influence des Infortunes de la Belle au bois dormant d'Anne Rice. Sauf que là où cette dernière prenait de grandes libertés avec un conte qu'elle pervertissait à outrance, ici, dans un contexte plus actuel, la pilule passe moins bien. C'est sans doute trop réaliste pour me permettre de faire abstraction des débordements et j'ai aussi certainement dépassé les fantasmes de mon adolescence depuis un moment. On entre donc, pour moi, dans le domaine de la coercition et plus de la soumission volontaire. L'usage un peu trop abondant du mot "battre" et le rapprochement immédiat avec "femmes battues" en ont rajouté une couche. On peut fesser, fouetter, flageller, mais battre a une connotation autrement plus violente qui ne peut être associée dans mon esprit au plaisir et au sexe. La cerise sur le gâteau qui me fera toujours sortir d'une scène de sexe, aussi bien écrite soit-elle, c'est l'absence de préservatifs. Ça baise, ça s'échange, ça change de trous dans le mauvais ordre et tout ce que je vois, c'est une flopée de MST et d'IST qui circulent, sans parler des risques de grossesse accrus. Non seulement ça ne coûte rien de mentionner la contraception, mais à l'heure actuelle, c'est presque un devoir de salubrité publique que de l'utiliser dans la fiction pour faire passer le message. 

L'héroïne (Pauline, comme l'autrice d'Histoire d'O, et ce n'est pas du tout un hasard) finit par trouver sa place dans cet univers, elle semble même véhiculer l'idée qu'on peut faire plier le BDSM pour en faire ce que l'on veut dans une relation à deux, sauf que l'idée est en fait exposée de manière très furtive, juste un paragraphe, alors qu'elle semblait plutôt logique connaissant le tempérament de Pauline. Du coup, la situation finale me laisse franchement dubitative, parce que, jusqu'au bout, les options mises sur la table ne me semblent pas être les bonnes. Mais, sans doute, manqué-je de romantisme...
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Sextoys, masturbation, pénétration

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Dans la longue liste de podcasts auxquels je suis abonnée, il y a celui de Cheek Magazine, Flux, qui se veut jeune et féministe. C'est encore un peu trop neuf pour donner un avis construit, mais j'aime bien le ton des nanas, même si je n'étais pas en accord avec tout ce qui s'est dit dans l'épisode 2 sur Consentement, masculinité, culture du viol: la séduction à l'ère post-#MeToo. Je ne lis par contre jamais les articles sur leur site ; je suis hors de leur cœur de cible pour diverses raisons. 

Le troisième numéro s'intéresse à la masturbation féminine, avec pour invitée Julia Pietri qui sortira un livre sur le sujet en 2019. C'est elle qui avait lancé un grand questionnaire il y a quelques mois pour étayer son livre d'éléments statistiques et de témoignages. J'y avais participé avec plaisir.

Le ton de Flux est très libre, convivial et léger tout en abordant des sujets sérieux. Pourtant, j'ai été plutôt surprise par leur approche des sextoys autour de la 38e minute. J'ai tenté de retranscrire le passage, en espérant avoir correctement identifié les voix des quatre participantes. Je me suis permis de rajouter quelques négations et faire sauter des "moi, je" pour rendre la conversation moins orale et plus lisible.

Margot : Je voudrais revenir sur cette question de sextoys, parce qu'apparemment, dans Sex and the City, c'est très libéré, on en parle facilement. Est-ce que dans cette salle, on a des sextoys ? Pourquoi on en a, pourquoi on n'en a pas ?
Faustine : Moi, je n'en ai pas, mais c'est peut-être parce que je n'ai jamais regardé Sex and the City.
Julia : Tu n'as jamais regardé Sex and the City ?
Faustine : Non. Enfin, j'ai regardé à la télé, trois épisodes par-ci. Non, je n'en ai pas. Pourquoi je n'en ai pas ? Je ne sais pas, je n'ai jamais eu envie d'investir là-dedans. J'ai toujours eu l'impression que j'y arrivais très bien toute seule avec mon doigt et que je n'avais besoin de rien. Non, je ne sais pas, vraiment, ça ne m'a jamais traversé l'esprit. Puis, pour moi, je pense que ça reste un truc un peu interdit. Enfin, voilà, je ne sais pas, ce n'est pas pour moi. Vraiment.
Margot : Ok. Toi, Julia ?
Julia : Alors moi, je n'en ai pas non plus. Mais, en fait, je crois que, pour moi, longtemps, ça a eu un petit côté ringard, donc c'est pour ça que je n'en ai pas acheté. Ces derniers temps, il y a plein de choses qui se font. Je n'y connais pas grand-chose, mais j'ai l'impression qu'il y a plein de nouveautés. La vie est courte, donc j'aimerais bien tester ça un jour.
Faustine : Pour expérimenter.
Julia : Voilà. Juste pour expérimenter la sensation. J'ai envie d'essayer, mais je pense que ce qui m'arrête, c'est vraiment d'aller dans une boutique pour acheter ça ; je ne me sens pas trop de faire ça.
Faustine : Internet
Julia : Oui, voilà. J'ai l'impression qu'il y en a beaucoup... J'écoutais un podcast l'autre jour et il y avait une nana qui disait qu'elle l'avait acheté sur internet et, effectivement, ça peut être une solution. Mais ce n'est pas donné non plus en fait.
Margot : Ça dépend des modèles, non ?
Faustine : Je pense que justement, internet a dû faire exploser les ventes puisque tu n'as plus cette barrière d'aller dans le magasin, d'aller au Sexodrome à Pigalle.
Julia : Le côté old school. Je pense qu'il y a plein de nanas que ça ne dérange pas du tout d'aller au Passage du désir acheter des jolis sextoys.
Margot : Je pense qu'il n'y en a pas plein. Tu penses qu'il y en a plein ?
Julia : J'ai l'impression qu'il y a quand même plein de nanas qui ont un sextoys sur leur table de nuit. J'ai l'impression que je fais un peu exception.
Margot : Et dans les témoignages que tu as reçus, toi, Julia ? Qu'est-ce que les femmes en disent ?
Julia P. : Pour rebondir, je voudrais parler de ce qu'avait dit Axelle Jah Njiké. Lors de notre talk au Silencio, on avait parlé sexualité, masturbation. Elle avait dit un truc assez juste, enfin en tout cas que, moi, je trouve très juste, c'est que, les sextoys, ça met quelque chose entre nous et notre sexe et je pense, comme elle, et c'est pour ça que j'ai appelé ce livre Au bout des doigts, qu'il faut garder ce contact avec son corps, cette connexion et je pense que le meilleur moyen, c'est avec nos mains. Et, en plus, comme elle disait à juste titre, les sextoys, c'est aussi la commercialisation de notre plaisir et qu'on peut se questionner en se disant : en fait, on a de l'or au bout des doigts, on n'a pas besoin de ça. Et, après, il y a une deuxième chose qui est assez intéressante par rapport à ce qu'on soulignait, c'est à dire travailler son clitoris pour essayer de travailler ses zones de stimulation, etc. À ce moment-là, un sextoy qui va nous permettre de nous pénétrer, quand on est toute seule, etc., ça peut aussi nous permettre de travailler.
Faustine : Oui, ça, c'est intéressant effectivement.
Julia : C'est plus ça qui m'intéresse. Ce que je voulais dire c'est qu'avec les doigts, tu es un poil limité, tu peux faire énormément de choses, mais il y a des trucs que tu ne peux pas faire, donc que tu pourrais expérimenter via des objets.
Julia P. : Voilà et là, du coup, je suis un peu plus modérée. Je me dis : "Voilà, tu devrais peut-être aussi." Parce que je suis comme vous, je n'ai jamais été sextoys puisque je me masturbais avec mes mains, mais pour progresser dans l'acte partagé, etc., c'est peut-être aussi un apprentissage, un truc à faire, pour arriver à connaitre son corps vraiment, bien à l'intérieur et pas que forcément avec l'autre puisque c'est toujours plus compliqué avec l'autre. Donc, ça peut être un super outil.
Julia : Et toi Margot, tu utilises des sextoys ?
Margot : Non, mais je suis un peu comme toi, je me dis que ça me tenterait bien de m'y mettre.
All : On va sortir toutes ensemble.
Faustine : Non ou sur internet, n'oublie pas qu'on a honte de rentrer dans un magasin.
Margot : Franchement, rentrer dans un magasin de sextoys, ça ne me dérangerait pas, je pense.
Faustine : Je crois que ça ne me gênerait pas non plus. Ils sont là pour ça, ils en voient d'autres.
Margot : En plus, je pense que ce n'est pas forcément très glauque, tu dois vraiment avoir plein de magasins très différents avec des ambiances... enfin, je me dis, s'ils veulent s'adapter un peu à la clientèle, ils doivent se douter qu'il ne faut pas faire forcément que des ambiances très cul à mort, cuir, tout ça.
Julia : Y a plusieurs boutiques dans paris...
Faustine : Insoupçonnables.
Julia :  Enfin, insoupçonnables, quand tu rentres dans la boutique, ça semble assez clair, mais du coup, je me vois mal avec mon petit sac en sortant de là.
Margot : Sur ton petit vélo avec ton petit godemiché sous le bras...
Faustine : Non, moi je trouve que c'est un lieu dédié. J'ai une anecdote où j'ai vraiment eu la plus grosse honte de ma vie. C'est quand j'étais enceinte, je pratiquais des exercices du périnée avec un appareil qui s'appelle Epi-no, et en fait, pour pouvoir bien utiliser cet appareil, il faut mettre une capote et du lubrifiant. Enceinte de vraiment 7 ou 8 mois, donc vraiment avec mon gros ventre, je vais au Monoprix acheter un paquet de préservatifs et du lubrifiant et je vais donc à la caisse libre-service pour ne pas passer devant une caissière, et, évidemment, le truc bug, "mip mip mip", devient rouge et tout et là, il y a un mec qui arrive avec sa carte pour me débugguer la caisse et c'était horrible. Lui-même n'arrivait pas à tenir le paquet de capotes, il tremblait, moi aussi, enfin voilà. Quand c'est dans un contexte pas du tout assumé, c'est horrible, mais je me dis en magasin de cul, quand même, ils doivent te mettre à l'aise.
Margot : Eux, ils sont à l'aise a priori. 


Je vais me permettre de commenter plusieurs points qui m'ont vraiment étonnée (et j'insiste, juste étonnée, il n'y a pas de jugement derrière), surtout venant de femmes entre 24 et 37 ans, féministes et se souciant de l'épanouissement sexuel des autres femmes ; d'où ce podcast dédié à la masturbation féminine où il se dit plein de choses intéressantes par ailleurs.

- Sur le côté ringard ou glauque des magasins genre Sexodrome. Pour avoir eu l'occasion de fréquenter le 88, rue Saint Denis qui donne accès au Love Hotel de Paris, effectivement, il y a un petit côté old school qui ne fait pas forcément rêver au premier abord. Mais, si on prend le temps de regarder d'un peu plus près, on se rend vite compte qu'il y a un peu tout ce qui se trouve sur le marché, aussi bien les merdes à ne surtout pas mettre en contact avec une muqueuse que les derniers produits de chez Fun Factory. C'est juste le décorum qui pèche et c'est bien ce qu'ont compris les créateurs du Passage du désir. À ce titre, j'ai vraiment envie de leur conseiller la lecture d'Amour, accessoires de Fleur Breteau, histoire qu'elles découvrent un peu l'envers du décor du Passage du désir justement. Ça démystifiera sans doute un peu les choses. Les créateurs ont vraiment misé, à raison, sur le glamour, sur le feutré et sur une meilleure sélection de sextoys. Je fais partie de ces nanas qui y passent de temps en temps sans se cacher, mais je ne crois pas y avoir acheté autre chose que du lubrifiant en fait. Pour une raison simple : j'ai besoin de lire des avis sur les sextoys avant d'acheter parce que ça représente un investissement et que beaucoup n'auront aucun effet sur moi. La boutique me permet surtout de me rendre compte de la taille réelle des objets, je lis ensuite des tests et j'achète effectivement en ligne, plus pour les prix que pour la discrétion. Je repars plus souvent avec des achats en sortant de chez Démonia ou Metamorph'Ose par exemple.

- Mon anecdote marrante : je commande donc principalement mes sextoys en ligne, sur des sites spécialisés comme Love Honey ou Néoplaisir ou sur des sites généralistes comme Amazon. Bien sûr, le paquet qui devait se perdre un jour est celui d'Amazon. Bien sûr, il contient un joli plug anal. Et, bien sûr, je ne compte pas m'asseoir dessus donc je contacte un humain via le chat pour connaître la procédure à suivre. Après quelques recherches, il me confirme que le paquet est bien perdu et qu'il relance une commande à l'identique, en prenant soin de ne jamais mentionner le contenu du paquet ne serait-ce que pour s'assurer qu'on parle bien du même. J'ai sans doute été la plus amusée de nous deux par la situation, surtout en imaginant un probable rosissement de ses joues à quelques milliers de kilomètres de là en découvrant la teneur de ma commande.

- Je n'ai pas toujours dit ça, mais aujourd'hui, la moindre personne qui me ferait une remarque sur le fait que j'achète des préservatifs ou du lubrifiant aurait probablement droit à un regard blasé lui indiquant clairement qu'il est hors de question que j'éprouve de la honte à avoir une vie sexuelle active. Après tout, rien n'indique avec qui ou quoi je compte les utiliser. Pour moi, c'est comme le PQ.

J'ai bien sûr enchainé dans la foulée sur le podcast au Silencio mentionné par Julia Pietri : Cheek Club #9 : Jouissons ! On y retrouve les mêmes intervenantes, plus quelques autres. J'en retiendrai avant tout une statistique : selon le sondage qu'elle a effectué et qui se base sur les témoignages de plus de 6000 femmes, il semblerait qu'il n'y ait que 18 % d'entre elles qui arrivent à jouir par pénétration seule, c'est à dire sans stimulation du gland du clitoris en parallèle, mais uniquement par stimulation de la partie interne du clitoris. J'en étais restée à 30 %, il semblerait que ce soit moins. De quoi foutre un énorme coup de pied au cul à l'acte de pénétration.

Chose également intéressante dans ce second podcast enregistré en public : à la question "Qui utilise des sextoys ?", les mains n'ont pas eu l'air d'être nombreuses à se lever. Une supposition qui n'engage que moi : il y a encore une grande pudeur à dire qu'on utilise un sextoy, une pudeur actuellement encore plus grande que celle entourant la masturbation ou les règles. Une pudeur ou une forme d'interdit qui empêchent de sauter le pas de la curiosité et de l'acte d'achat. Y compris chez des chroniqueuses averties puisque Faustine le mentionne comme frein personnel.

Ce second podcast apporte également un éclairage important sur la vision un peu négative des sextoys d'Axelle Jah Njiké relayée par Julia Piétri. En l'occurrence, elle parle essentiellement de sextoys pénétrants en forme de phallus auxquels elle reproche, d'une part, de l'avoir déconnectée de ses partenaires à cause de leur efficacité non reproductible par un homme (ce qui l'a amenée à réapprendre à se resservir de ses doigts et à laisser tomber les sextoys) et, d'autre part, d'engraisser des "marchands du temple" qui capitalisent sur le plaisir des femmes. J'entends parfaitement ces deux points, mais j'ai envie de les discuter un peu.

J'en ai déjà parlé ailleurs sur ce blog, mais non seulement, je ne jouis pas par pénétration, mais en plus je ne peux pas jouir si un homme est entre mes cuisses vu que je fais partie des 30 % de femmes qui ne jouissent que les jambes serrées. Rien ne sert donc que je me serve de mes petits doigts en parallèle de la pénétration, c'est globalement sans effet, quel que soit le partenaire et quelle que soit la fougue du moment. C'est ainsi. J'ai, comme pas mal de femmes, mis un certain temps à apprivoiser vraiment mon corps et mon plaisir. Ce sont deux choses qui demandent du temps et ce temps est variable d'une personne à l'autre. Et c'est valable pour les hommes aussi car leur plaisir n'est pas aussi binaire qu'on pourrait l'imaginer.

J'ai donc découvert les orgasmes avec mes petits doigts, puis j'ai testé des sextoys sans vraiment savoir ce qui me ferait quoi comme effet. Je ne vais pas faire une liste de tout ce que j'ai pu tester en 15 ans, mais ce sont parfois les choses les plus simples qui sont les plus efficaces. Prenez par exemple les bullets vibrantes. C'est tout bête, c'est tout petit et ça vibre. Placée sur le gland du clitoris, c'est d'une grande efficacité. Le hic, c'est que ça bouffe des piles, beaucoup de piles. Puis il y a eu les wands à l'efficacité encore plus grande, mais avec la fâcheuse tendance à anesthésier un peu trop la zone à la longue. La mode du moment est aux stimulateurs clitoridiens sans contact par aspiration, type Womanizer, Lelo et Satisfyer (mon préféré). Là, je pense qu'on touche du doigt le summum du top du meilleur sans les doigts justement. À condition de ne pas avoir un clitoris ultra-sensible cependant. Pour moi, en tout cas, il n'y a pas de comparaison possible, sans ce type de sextoys, je n'aurais jamais pu découvrir autrement la puissance et la multiplicité de mes orgasmes. Et comme je suis partageuse, je n'hésite pas à les confier à mes partenaires et à me laisser faire.

Remarquez qu'aucun de mes trois favoris n'est pénétrant. Réalités statistiques et anatomiques mènent bien entendu à une remise en question profonde de la pénétration, notamment dans son aspect obligatoire, central et déterminant ultime du statut de virginité d'une femme. Je suis de celles qui militent pour l'égalité au pieu, y compris en termes de plaisir et d'orgasmes, mais j'entends bien cette très grande majorité de femmes qui n'ont pas la main sur leur plaisir et pour qui le rapport s'arrête quand l'homme a joui. La pénétration peut effectivement devenir hautement symbolique à l'heure où les femmes cherchent à se faire entendre et à s'affirmer. Ce qui tendrait à pointer un doigt accusateur en direction des vibros phalliques et autres olisbos et à pratiquer le sexe sans pénétration. Pourquoi pas, après tout. Chacun son truc tant qu'il y a du plaisir à la clé.

Pour ma part, j'ai parfois du mal à m'en passer dans mes rapports avec les hommes, même si, forcément, c'est déconnecté de mes orgasmes. Ça ne l'est jamais de mon plaisir par contre. Je n'ignore pas les besoins de frictions intérieures de mon bas ventre quand les choses s'échauffent. J'ai besoin de ce corps à corps qui dépasse les limites de nos corps dans un sens. M'en passer systématiquement reviendrait vraiment à me priver de quelque chose. Ce qui n'empêche pas qu'il y a des jours où je n'en ai pas envie ; le sexe se pratique alors autrement. Et il y a aussi des jours où j'ai envie de frictions, mais pas d'un homme au bout ; j'ai aussi ce qu'il faut dans mon bric-à-brac. Bref, j'aime la pénétration et ça n'a rien à voir avec un conditionnement patriarcal dominant/dominée quelconque. À ce titre, je rappelle d'ailleurs que je suis aussi équipée pour pénétrer et que mon seul mot d'ordre est : que du plaisir !

Retour au second podcast. J'ai particulièrement aimé le discours de fin en réponse à une question dans l'auditoire où la femme s'interrogeait sur sa façon bien à elle de se masturber qui lui semble compliquée à expliquer à ses partenaires puisqu'il s'agit principalement de frottements sur un coussin, un meuble, un matelas (Je suis désolée, mais humping, ça me fera toujours penser à Y a-t-il enfin un pilote dans l'avion). Le rapport Shere Hite a également fait, en son temps, un état des lieux sur la sexualité des femmes et montre bien qu'il existe de multiples façons de se masturber, qu'il n'y a pas deux femmes qui vont jouir exactement de la même façon et qu'il n'y a donc pas à se forcer à faire exactement comme la voisine si ça ne marche pas pour soi. Mieux vaut apprendre à se connaître et à s'explorer. En passant, c'est pour ça que je me méfie de l'idée reçue qu'il serait plus facile de se faire jouir entre femmes. Il n'y a aucune raison que je sache plus qu'un homme comment ma partenaire aime jouir. Malgré ma bonne volonté, je suis tout à fait susceptible d'échouer si elle ne me guide pas un minimum.

Et c'est là que je réintroduis les sextoys. J'ai fini par comprendre au fil des ans que mon plaisir et mes orgasmes ne sont pas figés. Ils sont encore aujourd'hui en train d'évoluer et ça ne cesse de m'étonner. Je ne considère pas qu'utiliser les sextoys est une forme de triche ou induit forcément une déconnexion vis-à vis de mon corps ; au contraire, même. Avec les sextoys, j'ai découvert et optimisé ma sexualité pour qu'elle soit encore plus forte et m'emporte encore plus loin en appuyant exactement aux bons endroits. Tout ça sans même aller chercher des sextoys de dingue qui vibrent toujours plus fort. Ils me permettent aussi de partager plus facilement ce plaisir avec mes partenaires qui ne se sentent aucunement diminués par mes jouets, mais y voient plutôt une opportunité de participer autrement à mon plaisir en s'adaptant à mes particularités.

Pour conclure et parce qu'il est toujours bon d'en parler, je vous invite vraiment à regarder cette story Instagram du Gang du Clito avec Julia Pietri où elle explique vite et bien comment tout ça fonctionne.

P.S. : Je ne range pas mes sextoys SUR la table de nuit, sinon, je n'aurais plus de place pour le réveil et la lampe :)
P.P.S. : J'ai testé cette nouvelle génération de sextoys à basses fréquences. Malheureusement, ils sont aussi anesthésiants qu'inefficaces sur moi, à moins de les utiliser rapidement au bon moment. Point de miracles donc, l'aspirateur à clito reste le must.


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Lu ailleurs #31



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Quand il est temps de partir

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C'est un vieux brouillon que je fais remonter aujourd'hui. Les quelques idées que j'y avais jetées n'avaient jamais pris forme jusque-là. Deux petites choses m'ont pourtant incitée à faire de l'archéologie. La première, c'est un ensemble de discussions étalées sur plusieurs mois avec un ami libertin sur lesquelles je reviendrai amplement dans la deuxième partie de ce post. La seconde, c'est ce billet sur Gleeden publié sur le blog Le Fil du rasoir. J'ai immédiatement fait suivre l'article à l'ami libertin susmentionné qui m'a tout de suite répondu : "J'aurais pu l'écrire celui-là." Tu m'étonnes, John !

Petit retour en arrière. 

J'ai tiré une croix sur les sites de rencontre libertins en février 2018. Je n'y trouvais plus vraiment mon bonheur ; il était temps de partir. J'y ai eu une présence assidue pendant 4 ans et il se sera écoulé huit mois entre la dernière rencontre en demi-teinte et le moment de la suppression définitive de mon compte. Mon excuse pour rester, c'était que je voulais garder contact avec quelques personnes ; je continuais également à cultiver le mince espoir de tomber sur quelqu'un qui me ferait sortir de ma léthargie libidinale sur ce site. Plus officieusement et pour être tout à fait honnête, bien sûr que j'étais à l'affût de ma boite de réception, de la liste des favoris en ligne et du petit dwuling annonçant un message sur le chat. Et encore plus officieusement, il planait sur moi une dernière injonction : si je n'étais plus inscrite, si je ne rencontrais plus, alors je n'étais plus libertine. J'avais résolu mon dilemme dans ce post ; aujourd'hui, je ne remets plus en question le fait que j'ai toujours été une libertine dans l'âme, avant même de savoir ce que c'était, et que je vais le rester encore longtemps, à moins de rentrer dans les ordres sur un coup de tête. Au final, ce furent huit longs mois à supporter les "CC ça va" et les accroches sans recherche. J'ai fini par comprendre et accepter que ce fonctionnement ne me convenait plus, surtout dans la mesure où j'avais déjà un petit cercle libertin mobilisable selon les envies de chacun et un amant top notch. La nature ayant horreur du vide, j'ai vite trouvé des activités de substitution et je n'ai jamais regretté mon départ. Les gens qui comptent ont mon adresse mail de toute façon. Si un jour, certaines envies refont surface dans mon bas ventre et dans ma tête, ce site ou d'autres seront toujours là. Reste à savoir ce qui j'y redécouvrirai, mais la question ne se pose pas pour le moment.

Il y a trois ans, j'avais moi-même essayé de dresser un portrait des femmes présentes sur les sites de rencontre libertins, d'une part en me basant sur les retours de mes contacts masculins, d'autre part grâce à ma propre expérience de recherche de femme seule. Ce n'était pas toujours glorieux et j'avais déjà bien conscience que le comportement des uns n'était que trop souvent une réaction au comportement des autres. J'ai retrouvé un certain nombre de ces constats dans l'article sur Gleeden plus haut. Comme quoi, il y a des choses qui ne changent pas quelque soit le lieu virtuel de rencontre.

Durant tout ce temps passé en ligne à discuter avec les uns et les autres, j'ai croisé tout un tas de profils d'hommes très différents pour qui le libertinage était ou devenait un poids pour diverses raisons. Mon intention n'est pas de dresser une liste exhaustive, ce sont juste quelques exemples parmi ceux qui me reviennent à l'esprit quand j'y repense.

Il y avait donc ceux qui comprenaient assez vite qu'ils n'avaient pas leur place sur ces sites et qui ne restaient pas, soit parce que la concurrence était trop rude, soit parce que leur confiance en eux n'était pas bonne ou était mise à mal, soit parce que les premières désillusions arrivaient très vite. Toutes ces femmes, toutes ces fiches aguichantes, tous ces messages lus sans réponse. S'inscrire et payer pour accéder à du sexe facile, c'était tentant ; au pire, ils pourraient toujours se contenter d'un peu de chaleur humaine, d'un fantasme, de virtuel. Dans les faits, ils découvraient vite que ces sites étaient des miroirs aux alouettes avec un modèle économique bien pensé et que tout le monde ne trouve pas chaussure à son pied. Ils avaient une réaction radicale mais finalement salutaire : supprimer ou abandonner leur fiche.

L'impression reste encore aujourd'hui étrange, mais je sais que j'ai été la source de désillusion pour quelques-uns. Des gens avec qui j'ai sympathisé, avec qui les conversations étaient intéressantes, j'ai même parfois pris des cafés juste pour le plaisir de les voir en vrai. J'ai alors éprouvé toute la difficulté de discuter simplement sur un site libertin. Dans la mesure où je m'efforçais de ne pas être ambiguë dans mes intentions, mais que je ne pouvais pas non plus être tenue responsable des projections des autres, j'ai fini par m'habituer au silence radio du jour au lendemain et j'ai fait en sorte de ne jamais me laisser trop atteindre par la déception de mes interlocuteurs.

À l'opposé, il y avait les entêtés qui ont l'irritabilité des gens accros, sont impatients et qui en ont marre mais qui persistent. Certains avaient éclusé des dizaines et des dizaines de sites et ne comprenaient pas comment, en déboursant parfois jusqu'à 90 € par mois, ça ne fonctionnait toujours pas pour eux, alors qu'ils ne faisaient que trimballer leur aigreur et leur frustration avec eux. Un en particulier m'a particulièrement marquée, je pense même l'avoir déjà évoqué ailleurs sur ce blog. Il y avait tant de colère, tant de sentiments négatifs macérés qu'il était évident qu'il ne trouverait jamais. Son état d'esprit n'était plus à la rencontre, mais à la revendication des injustices qu'il vivait au quotidien sur ces sites. Je ne lui ai même pas suggéré l'idée de passer à autre chose, il était décidé à démontrer au monde entier qu'il avait raison. J'ai fait en sorte de couper court rapidement.

J'aime bien dire que c'est quand on ne cherche pas qu'on trouve. Autrement dit : c'est quand on s'y attend le moins que ça nous tombe dessus. Conseil un peu facile, je vous l'accorde. Le hic, c'est que, sur un site de rencontre, il faut savoir faire preuve de patience, avoir du temps, compter parfois sur un gros coup de bol et consentir à un investissement financier parfois non négligeable qui potentiellement n'aboutira à rien. C'est d'ailleurs ce que semble avoir bien intégré l'auteur du Fil du rasoir. Il va et vient au gré des envies sans trop attendre du lieu, mais tout en sachant ce qu'il peut y trouver aussi.

J'ai heureusement aussi croisé des personnes comme lui qui ont toujours su garder la distance nécessaire ou su faire des pauses quand ils sentaient qu'ils en avaient besoin ou tout simplement quand ils n'avaient pas envie de rencontrer. J'étais souvent amusé d'en voir certains disparaitre pendant trois mois, repointer le bout de leur nez et venir me donner des nouvelles comme si de rien n'était et redisparaitre dans la foulée. Que la légèreté est plaisante quand elle n'est pas feinte :) Ce sont finalement des gens de cette catégorie avec lesquels je suis restée en contact hors site.

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Aujourd'hui. 

J'ai bien conscience que le début de ce post n'est pas très vendeur, il est même suffisamment négatif pour être décourageant. Pour contrebalancer, je sais, avec le recul, que, sans cette expérience, je n'en serais pas là où j'en suis aujourd'hui, c'est à dire particulièrement épanouie. Mon retour est donc plus que positif et, finalement, j'ai su partir à temps (Bon, OK, avec un petit temps de retard quand même.) Je sais qu'homme comme femme, nous sommes un certain nombre à y trouver notre bonheur.

Il est difficile pour moi de savoir comment le microcosme des sites de rencontre libertins (ou pas) a évolué en quelques mois puisque je n'y suis plus. Les échos que j'en ai sont contradictoires : pour les uns, les choses ne changent pas, pour les autres, les comportements irrespectueux empirent. J'essaye de ne pas oublier que ces impressions dépendent beaucoup de l'état d'esprit de la personne à qui je parle, du temps qu'elle passe sur ces sites, de sa longévité dans le milieu et surtout de ce qu'elle recherche vraiment. J'ai néanmoins la sensation que plus on y reste dans l'optique de trouver quelque chose de très précis, plus on y consacre du temps sans prendre le temps de s'aérer l'esprit, plus on s'abîme.

Revenons maintenant à John, mon ami libertin mentionné plus haut, car il illustre bien mon propos.

John est en fait le premier libertin que j'ai rencontré il y a presque cinq ans. Nous avons navigué ensemble pendant presque six mois et nous n'avons jamais perdu contact même quand nous avons cessé de coucher ensemble. Nous avons continué à nous tenir mutuellement au courant de nos évolutions respectives dans le libertinage, et dans le polyamour pour ma part. Au fil des derniers mois, j'ai néanmoins senti qu'il y avait de plus en plus de petites ombres qui s'imposaient dans son libertinage. Ce qui, le concernant, était plutôt étonnant. Il accumulait les lapins, les vents, les ghostings, les déconvenues, etc., et, ce, quelque soit le site de rencontre fréquenté (il jongle avec au moins trois différents, libertins ou classiques). La tendance était donc générale. Là, il est bon de préciser que c'est quelqu'un qui d'ordinaire n'a pas trop de problèmes à engager la conversation et à attirer l'attention de potentielles partenaires. Il fait d'ailleurs partie de ces hommes seuls qui peuvent aller en club et ne pas repartir brocouille (comme on dit dans le Bouchonnois). Il se passait visiblement quelque chose que je n'arrivais pas vraiment à définir. Cela venait-il de lui, des autres, d'autre chose ou de tout en même temps ?

Puis arriva la goutte d'eau. Suite à la disparition du jour au lendemain de la fiche d'une de ses futures potentielles rencontres (que je soupçonne d'avoir flippé ou de s'être fait pincer), il a fini par lâcher un : "En tout cas, je suis écœuré une fois de plus. Je les accumule depuis le début de l'année". Tout ce que j'ai trouvé à lui dire, c'est que je n'avais pas envie de le voir se transformer en libertin aigri comme j'en avais croisé trop souvent par le passé et qu'il devenait vraiment nécessaire, cette fois, de faire une pause à durée indéterminée pour prendre du recul et y voir plus clair avant d'être totalement dégouté ou blasé. Il a reconnu qu'il sentait effectivement l'aigreur s'installer. Mais j'ai bien compris aussi qu'il ne bougerait pas, pas encore en tout cas. Il sait qu'il est accro à ces sites et qu'il est pris au piège. Je ne peux pas y faire grand-chose à part me répéter, même si ça me touche forcément plus dans son cas. Voilà néanmoins comment j'analyse la situation.

Pendant des années (sept ou huit), John a navigué d'un site à un autre et séduisait toujours quelques femmes ou couples au passage. Bref, il avait du succès. Mais, comme assez souvent finalement dans le parcours libertin, il en est venu à espérer une relation suivie avec le ou la partenaire qui ferait un bout de chemin avec lui pour explorer des choses que le solo ou la rencontre sans lendemain ne permettent pas. Je ne parle même pas de relations amoureuses, mais juste d'atomes crochus très fort. Je peux en témoigner, trouver des partenaires particuliers change la donne et ça a un impact direct sur la façon dont on envisage les nouvelles rencontres ensuite, surtout si on s'attache à la tête plus qu'au corps. Pour moi, ça a signé l'arrêt de mort de mon profil coquin. J'ai enchainé trop de belles rencontres qui m'ont rendue plus exigeante avec le temps et, surtout, mon énergie est devenue soudain encore plus précieuse. Cette énergie a toute son importance ici.

Pour John, je n'étais pas la première ni la dernière, mais ma rencontre avec lui fait partie de celles qui lui ont fait miroiter ce que peut être une relation suivie construite dans la durée. Sauf qu'à chaque fois, ça n'a pas marché (y compris avec moi) et qu'il lui a fallu recommencer encore et encore. Et surtout y croire à chaque fois parce qu'il faut bien s'investir un minimum pour que ça fonctionne. Forcément, il y a un moment où se crée une spirale descendante. L'envie forte de LA rencontre est très présente, à la limite de l'obsession car le reste n'a plus beaucoup de saveur, mais l'énergie qu'on peut encore consacrer à sa recherche s'amenuise, car on garde toujours dans un coin de la tête que ce sera vraisemblablement un nouvel échec, et la réalité vient rappeler que l'on n'est plus tout à fait dans le bon état d'esprit, mais on force quand même les choses. Y croire en boucle devient coûteux en énergie et source de déception. Si l'on rajoute à cela le consumérisme sexuel de plus en plus prégnant alentour et le fait que les gens sont incapables de se comporter sur le net comme ils se comporteraient dans la vraie vie, et voilà comment un site de rencontre où l'on venait prendre du bon temps peut finir par avoir un impact négatif sur les plus aguerris des libertins.

Il est fort probable qu'à la longue, il s'installe en plus une forme de lassitude. Une fois qu'on a compris comment tout ça fonctionne, qui est la population présente, et que l'on a contacté toutes les personnes avec qui ça aurait pu coller, que reste-t-il ? À part l'espoir de voir apparaitre la perle rare parmi les nouvelles inscriptions ? C'est ce qui retient John pour le moment, il refuse de tirer un trait sur tout ça et d'affronter le vide que cela laissera dans sa vie pendant un temps. Pourtant, ce n'est pas faute de lui avoir conseillé de prendre un livre, faire du tricot, s'entrainer pour le marathon de Paris, voir des amis, faire du yoga, s'inscrire sur On va sortir, etc. Ce n'est pas ça qui le rendra moins libertin d'un coup. Au contraire, c'est cet arrêt qui lui permettre sans doute de retrouver la légèreté qui rend le libertinage si plaisant.

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Lu ailleurs #30


  • Les femmes doivent apprendre à draguer, et les hommes à se laisser draguer : Fiona Schmidt semble bien en phase avec les écrits de Belinda Cannone. Je dis juste : "Pas mieux !"
  • Clergé catholique : le bien et le mâle : Un podcast des Couilles sur la table qui m'a fait tomber de ma chaise tant j'ai été bousculée par des évidences qui étaient pourtant sous mon nez. D'un autre côté, je ne m'étais jamais vraiment posé de questions à ce sujet. Je recommande néanmoins un film qui n'est pas cité dans ce podcast, mais qui m'a profondément marquée lors de sa sortie : Priest d'Antonia Bird.
  • "La nouvelle actrice, c'est le fioul du porno" : Des fois qu'on ne saurait pas déjà que "Jacquie et Michel", c'est de la merde.
  • Prélèvement spermatique, tampax et dogme catholique : Sur le grand écart entre religion et société qui finira bien par avoir raison des premiers qui croient encore qu'ils peuvent régir nos vies. 
  • Idéaliser les seins ronds n'est qu'une question de reproduction : une analyse intéressante de la représentation des seins dans l'art.
  • What it really means to be in a dominant/submissive relationship : Quand je dis qu'il y a un amalgame pas forcément bienvenu entre sub et bottom, et dom et top.
  • Polyparents : Les Pieds sur Terre s'intéresse à des parents qui ne sont pas juste un papa et une maman, mais deux mamans et deux papas ou encore deux papas et une maman. Et ça fonctionne et c'est beau.  
  • Rencontre avec Anouk Perry, la podcasteuse qui parle de sexe sans filtre : Encore elle, en interview sur le Tag Parfait cette fois.
  • Une grosse parenthèse au sujet du blog Sur le fil du rasoir. J'ai découvert le lieu grâce à la revue de presse de Maïa Mazaurette et j'ai tout épluché d'un bout à l'autre en partant du début. J'ai particulièrement aimé les mots contraints où l'auteur s'amuse à prendre de majestueux contre-pieds, comme ici et . J'ai aimé l'humour absurdement génial de ce billet-ci. Je pourrais aussi parler de la chute de celui-là ou de celui-ci. Je me suis donc abonnée.
    Au fil de ma lecture, le paragraphe suivant a retenu tout particulièrement mon attention :
    Je suis un sensoriel, donc.
    Et je pense que nous le sommes tous.
    Fermons les yeux un instant et souvenons-nous :
    Je peux associer la plupart des moments importants au souvenir de l'un de mes sens.
    Le bruit que faisaient les voitures en passant sur les rails qui traversaient la rue de mon enfance.
    L'odeur inoubliable du pâté en croute que faisait ma grand-mère, pour chaque fête de Pâques (il s'appelait le pâté de Pâques - absolument ^^).
    Aujourd'hui je me concentre sur les gens.
    Non, je reprends : aujourd'hui je me concentre sur les femmes qui me font l'indicible honneur de passer dans ma vie.
    Aujourd'hui je me concentre sur les femmes de ma vie, n'ayons pas peur des mots.
    Chacune a une signature unique, composée de sensations tactiles, d'un goût, d'un timbre de voix, d'une émotivité et d'une personnalité propre.
    Je ne privilégie pas, je refuse l'exclusivité (à tout moins je le tente parce rien n'est aussi simple) ; chacune forme une entité totalement unique et incomparable.
    Ces deux dernières phrases sont ce qui, à mon sens, rend le polyamour concevable, ce qui permet de défricher la jalousie aussi, et qui est parfois ce qu'il y a de plus difficile à comprendre, faire comprendre et intégrer. Comme il le dit, rien n'est aussi simple, mais c'est joliment formulé ici en tout cas.
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C'est samedi, c'est ravioli

https://www.instagram.com/stephanie_sarley/

Après le post sur le sperme, j'aurais pu continuer à parler fluides corporels. Vous dire que, comme la moitié de la population mondiale (ou presque), j'ai mes règles très régulièrement (je suis naturellement un vrai coucou suisse), qu'elles durent sept jours, que mon humeur est "fluctuante" quatre ou cinq jours avant le début, jamais pendant, et que je me fais encore systématiquement avoir au point de devoir m'excuser penaudement auprès de mes partenaires et amants à qui je pourris la vie ce jour-là, que j'ai envie de péter les dents de tous ceux qui parlent de corps impur, que j'ai mal au bide le premier jour puis plus après (vive les anti-inflammatoires), que mes seins (surtout le gauche) doublent de volume et sont trop douloureux pour porter autre chose que des brassières de sport (so sexy), que je fais de la rétention d'eau, que j'ai les traits tirés, que je ne supporte pas les coupes menstruelles que j'ai d'ailleurs arrêté d'utiliser pile quand c'est devenu la grande mode parce qu'elles appuient trop sur mes intestins hypersensibles à ce moment-là, que j'ai investi dans les culottes à règles récemment et que c'est vraiment top, que l'odeur de fleur des serviettes Always m'écœure et que je ne comprends pas comment ça peut être un argument de vente, que je ne comprends pas non plus pourquoi les tampons ont un applicateur en plastique aujourd'hui alors qu'il était en carton dans ma jeunesse, que faire l'amour pendant mes règles ne me dérangerait pas si : 1) je n'étais pas HS avec une libido en berne, 2) mon col descendu pour l'occasion supportait qu'on lui tape dessus, 3) si j'arrivais à avoir ne serait-ce qu'un petit orgasme, mais ça n'est pas le cas ; mes muscles dédiés refusent de se contracter comme il faut, comme s'ils étaient en période réfractaire ; j'ai un leitmotiv ces jours-là : "Mais j'ai toujours une bouche par contre... et une éponge". 

Bref, j'aurais pu parler un peu de mes règles histoire d'ajouter mon témoignage à tous les autres, mais je vais surtout vous inviter à regarder ce court documentaire de 31 minutes sur le sujet qui fait un petit topo sympa, visible de tous et surtout à le partager.  

 

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Folle semence


Des fois, il y a des questions qui me viennent à l'esprit à des moments saugrenus. Comme pendant le visionnage d'une énième scène de gang bang se terminant par le traditionnel remplissage d'une bouche par trois ou quatre mecs, si ce n'est plus. Là, par exemple, je me suis demandé combien d'hommes ont déjà eu la curiosité de goûter leur propre sperme. Non parce que, personnellement, je sais quel goût ont mes sécrétions vaginales et j'avoue que j'aime bien mon odeur intime en plus. J'ai bien sûr eu également l'occasion de croiser la trajectoire de quelques spermes au fil des années. Donc pourquoi les hommes ne s'intéresseraient-ils pas eux aussi à leur goût et à leur odeur ? Hein ?

Ce que vous savez sans doute, surtout si vous souffrez d'anosmie : sans odorat, pas vraiment de goût. 
Ce que vous ne pouvez pas savoir : je suis très sensible aux odeurs.

Là, normalement, tout le monde me voit venir. Le sujet du jour, c'est l'odeur et le goût du sperme. Pour tout dire, je suis comme un certain nombre de femmes, je trouve l'odeur du sperme particulièrement âcre. Il paraît qu'il y a un rapprochement à faire avec l'odeur de la javel ; j'avoue n'avoir jamais fait attention. Je trouve juste l'odeur âcre. Trop âcre. Ça a un impact direct sur ma perception de son goût et sur mon envie de l'avoir en bouche. Autant dire que je n'aurais jamais pu faire carrière dans le porno, surtout à l'heure actuelle où tout est très ritualisé.

Cette odeur, c'est une constante chez tous les partenaires dont j'ai eu l'occasion de sentir le sperme, à défaut de le goûter. Il faut dire que j'avale peu. Je crois même n'avoir avalé qu'avec trois partenaires dans l'ensemble. Avec certains, la question ne s'est pas posée, avec d'autres, ça aurait été de toute façon hors de question, pas assez d'intimité entre nous. Comme je ne suis pas une grande séminophage dans l'âme, je ne réclame jamais ma dose, mais il arrive parfois que ça se produise dans le feu de l'action, toujours parce que j'indique que je suis disposée à le faire, jamais parce qu'on me le demande. 

Sur les trois partenaires en question, l'un avait un goût tellement salé que ça m'a décapé la bouche. Je n'y suis jamais revenue. Pour les deux autres, je leur ai dit que leur goût était plutôt agréable, surtout en comparaison avec M. Salé, ce qui est vrai et ce qui, pendant un temps, m'a permis d'avaler assez régulièrement. Mais, il y a un mais. J'y reviens vite.

En parallèle, j'aime qu'on m'éjacule dessus, généralement sur le ventre, la poitrine, le dos ou les fesses, et de manière très occasionnelle sur le visage. C'est dans ces pratiques que la confrontation avec l'odeur se produit. Vient aussi se rajouter à cela l'aspect visqueux, grumeleux parfois, non homogène que je n'affectionne par particulièrement pour je ne sais trop quelle raison ; c'est ainsi. Odeur et texture suffisent donc à me faire grimacer intérieurement ; hors de question de lécher tout ça, même en me le demandant très gentiment. Mais tout ça me gêne néanmoins beaucoup moins quand ça se déroule à l'extérieur de mon corps (ou sur le corps de mon partenaire d'ailleurs) ; le plaisir partagé du moment court-circuite le froncement de nez assez facilement. Un mouchoir, une  douche, un mars et ça repart. Alors que lorsqu'il s'agit d'accueillir le produit de la jouissance dans ma bouche, les choses sont tout de suite moins simples pour moi. Il y a certainement des éléments communs avec l'expérience sur le dégoût de Rozin et Fallon qui, dans un premier temps, consiste simplement à demander à quelqu'un d'avaler sa salive, puis, dans un second temps, de cracher dans un verre et d'en avaler ensuite le contenu. Faites-le à la maison si vous avez deux minutes. Lors de la deuxième partie de l'expérience, il y a fort à parier que vous aurez un petit réflexe de dégoût et rechignerez sans doute de vider le verre. Pourtant, il s'agit toujours de votre salive, mais elle a eu un parcours hors de votre corps qui l'a rendue étrangère à vous. C'est pour ça que les baisers mouillés passent souvent mieux que le crachat dans la bouche de l'autre. Et c'est un peu ça avec le sperme dans la bouche en ce qui me concerne.  

L'éjaculation au moment où je pratique une fellation provoque généralement un haut-le-cœur réflexe que j'ai dû mal à réfréner. Même en anticipant, je n'arrive pas à faire abstraction de l'odeur et de la texture associées à une forme de dégoût bien ancré dans un coin de ma tête alors que, pour le contrer, j'ai justement pris l'habitude de fermer les écoutilles avec le nez pour canaliser l'odeur et de noyer ma bouche de salive pour diluer au maximum la texture du sperme. Ce qui me permet d'ailleurs de l'avaler plus facilement d'un coup. Cette astuce m'évite ainsi les deux choses que je n'aime pas. Ça me permet aussi de vraiment finir le travail et de ne pas en laisser une goutte tout en donnant un dernier coup de langue chaude sur le gland sensible de mon partenaire. Ce qui rend les choses plutôt agréables pour les deux participants finalement. 

Pourquoi avaler, me demanderez-vous, si c'est si désagréable que ça pour moi ? Encore une fois, parce que, parfois, le moment et/ou le plaisir de mon partenaire m'en donnent l'envie. Je ne m'étonne donc pas non plus d'avoir eu celle d'ouvrir ma bouche en grand et de sentir le jet atterrir sur ma langue. C'est toujours une question de moment et de personne.
Pourquoi alors ne pas recracher plutôt ? Parce que vous ne m'avez jamais vu essayer de recracher du vin lors d'une dégustation. C'est une boucherie sans nom dont je préfère épargner la vision à mon entourage.

Entre parenthèse et pour conclure, le truc auquel je ne m'attendais vraiment pas et que j'ai trouvé étonnamment hot, c'est lorsqu'un de mes partenaires m'a embrassée directement après que j'eus avalé. Une surprenante cerise sur le gâteau. Maintenant que j'y repense, je me demande s'il serait capable de snowballer avec moi sous le coup d'une pulsion partagée... Au fait, cette odeur âcre est due à la spermine, sécrétée par la prostate. Et ci-dessous, il s'agit de la photo d'un adorable petit spermophile, mais je crois qu'il ne suce pas :)

The Lilac Breasted Roller
CC BY 2.0

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