L'Art de la fessée de Jean-Pierre Enard et Milo Manara


Fesser, ce n'est pas frapper. C'est caresser et violer en même temps. Je ne connais rien de plus merveilleux que des fesses qui se cabrent sous la main, se roidissent, puis se tendent en appelant le coup suivant. Elles se révoltent et s'offrent dans le même mouvement... Fesser un cul de femme, c'est mieux que le baiser. C'est lui faire l'amour tout en observant les effets...
Tout commence par une rencontre dans un train entre un homme et une femme qui vont se livrer à un jeu de séduction aussi chaud qu'un four à pizza, ce qui tombe bien puisque tout le monde se rend en Italie. L'homme a rédigé au fil du temps un livre initiatique sur l'art de la fessée. Il va faire en sorte que sa compagne de voyage plonge dans cette lecture dans le but apparent d'échauffer son esprit pour qu'elle se jette d'elle-même en travers de ses genoux. Par le biais d'une astucieuse mise en abyme, l'objet servira donc à faire passer quelques messages et images très suggestives à la fois à la lectrice dans le livre qu'aux lecteurs hors du livre. Malheureusement, force est de constater que la lectrice dans le livre s'est montrée bien plus réceptive que la lectrice hors du livre ; le style et l'imaginaire d'Enard n'étant pas tout à fait à mon goût. Je n'ai pas particulièrement aimé la finalité de l'histoire ni les déchainements de débauche où il est évident que quelqu'un dans l'affaire va repartir avec une mycose, voire pire.

Je resterai donc une fidèle de la plume et de la tendresse de Jacques Serguine dans son Éloge de la fessée qui correspond sans doute plus à ma sensibilité en matière de tapes sur l'arrière-train. Pour ce qui est du travail de Manara, là, par contre, rien à dire. Comme à son habitude, c'est beau, efficace, suggestif, très dynamique et collant parfaitement au texte qu'il met vraiment en valeur (et rattrape même par endroits).

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