Les Trois talents 3 : Le Guérisseur d'Emma Cavalier


Quand l'amour nous rend plus forts... Élisabeth part pour New York pour retrouver ce père biologique qu'elle ne connait pas. Lex refuse de la laisser affronter seule cette épreuve et l'accompagne. À leur arrivée à New York, ils retrouvent Eviva et les autres amis que Lex avait laissés derrière lui. Tandis que Dom se défile, évitant la rencontre avec sa fille, Beth et Lex se laissent emporter, plus que jamais, par les plaisirs qui les rapprochent. Pourtant, ils refusent toujours de s'assumer comme un couple. Petit à petit, ce voyage crée entre eux des liens plus forts : Lex accepte enfin de s'ouvrir et de parler à Beth de son passé. Saura-t-elle l'aider à retrouver le chemin de l'amour ?

Le Guérisseur est le troisième et dernier tome de la trilogie Les Trois talents. Emma Cavalier clôt ici une jolie histoire que je ne m'attendais pas à autant apprécier et dont je retiendrai surtout le chemin individuel parcouru par les personnages qui va bien au-delà d'une banale romance. L'auteur a choisi de construire des personnages psychologiquement complexes avant tout et pas juste un couple où chacun serait le seul et unique sauveur de l'autre. Il y a un moment où c'est à chacun de panser ses blessures pour ne pas être un poids pour l'autre et surtout pour s'offrir plus sereinement à l'autre, l'autre étant là pour tenir la main au besoin. C'est le sujet de ce tome. Une finalité qui change beaucoup de choses et qui sort des sentiers battus de la romance qui joue bien trop souvent sur le besoin viscéral de dépendance à l'être aimé. Il y a une simplicité et des évidences dans cette série qui ont continué de me séduire là où l'histoire d'amour m'indifférait assez. La lecture est toujours aussi rapide et fluide et les ellipses temporelles permettent de laisser aux personnages le temps de faire leur chemin sans tours de passe-passe ridicules, ce qui renforce la crédibilité de l'ensemble. Se reconstruire prend du temps, même si ce temps parait toujours bien trop long. Il aura ainsi fallu attendre le tome 3 pour connaître enfin le passé de Lex et assister à la rencontre entre Beth et son père, dont on sait qu'elle se produit dès le tome 1. Des moments qui ne pouvaient être constructifs que si l'un et l'autre étaient prêts à se confier, entendre et comprendre.

La fluidité n'est d'ailleurs pas que dans la lecture, elle est aussi très présente au sein de la tribu new-yorkaise d'adoption de Lex et Beth. Comment ne pas se sentir bien et l'esprit libre dans cette petite famille bis où tout est possible, mais rien n'est obligatoire, avec une absence totale de jugement ? C'est un état d'esprit qui m'est plutôt familier et que j'ai aimé voir mis en valeur sans aucun grain de sable pour venir gripper les rouages de la machine. J'ai également aimé les scènes érotiques BDSM que j'ai trouvées très réussies, toujours de bon goût et encore une fois très réalistes et crédibles. Il ne s'agit pas ici d'un auteur qui fantasme le BDSM à grand renfort de clichés, mais bien de quelqu'un qui sait de quoi elle parle et qui défend une certaine façon de pratiquer beaucoup moins codifiée et plus libre. Là encore, c'était terriblement familier donc très plaisant pour moi. Cerise sur le gâteau, ça m'a donné des envies de retour aux cordes. Et de me mettre plus sérieusement aux assouplissements. Pas mal comme second effet Kiss Cool, non ?

(Mes avis sur le tome 1 et le tome 2 sont ici et .)

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