Les Joies d'en bas de Nina Brochmann et Ellen Støkken Dahl



Je lui ai tourné autour pendant des mois. Je l'ai touché, feuilleté, j'ai hésité, l'ai reposé. Est-ce que j'étais vraiment le public pour ce livre ou étais-je déjà une utilisatrice trop avancée pour y apprendre quelque chose ? Et pourquoi ce chat ressemble-t-il autant à un lapin d'abord ? J'ai écouté ses auteurs faire la tournée des popotes à la radio et j'adorais leur discours et leurs intentions. J'ai fini par craquer. Je l'ai dévoré en trois jours. 

Bien que le livre puisse également intéresser les hommes, il est évident qu'il s'adresse avant tout aux femmes, quels que soient leur âge, leur orientation sexuelle, leur expérience et leurs connaissances préalables. Les intentions des auteurs sont assez claires. D'une part, permettre aux femmes d'avoir une meilleure connaissance de leur corps, qu'il soit sain, malade ou habité. Beaucoup de situations sont dédramatisées et expliquées pour éviter de rester seule avec la fatalité, les idées reçues et sa souffrance et de faire l'autruche par peur de l'anormalité ou de la mauvaise nouvelle. Pour cela, le livre se découpe en cinq chapitres : l'appareil génital ; les sécrétions vaginales, règles et autres glaires ; le sexe ; la contraception et du rififi dans le bas-ventre. D'autre part, il s'agit ici de lutter contre les théories du complot et les défiances diverses vis-à-vis de la médecine qui sont assez contre-productives actuellement. Même s'il peut être fait le reproche à la médecine de ne pas s'être assez intéressée au sexe féminin, au fonctionnement du clitoris, au plaisir, au microbiote, etc., cet ouvrage peut d'ores et déjà se poser comme ouvrage de référence sur le sujet. C'est une mine de connaissances qui cherche à établir ou rétablir quelques vérités en attendant que la science avance et qu'il devienne nécessaire de le mettre à jour. Ce qui serait une très bonne nouvelle. 

À titre personnel, c'est surtout dans les parties contraception et rififi que j'ai appris et compris le plus de choses. Les auteurs savent expliquer et exprimer des idées de manières très accessibles, ce qui permet d'aborder des sujets plus complexes de manière un peu plus approfondie en créant du lien entre les chapitres et ce qui a déjà été lu. Si vous arrivez à tout mémoriser, vous deviendrez aussi incollables sur le fonctionnement des différentes générations de pilules que sur l'effet protecteur de certaines d'entre elles contre le cancer de l'endomètre ou des ovaires. Pour aller plus loin, pour les plus scientifiques d'entre nous, il y a en plus 50 pages de références à la fin de l'ouvrage : études, articles, livres. Il y a de quoi faire.

À mettre entre toutes les mains donc. Scientia potentia est comme dirait l'autre.

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