Akira Naka & Gorgone

Combien de cordes pour te posséder ? Sous ce joli titre se cachent en fait un portrait d'Akira Naka et la promotion d'un film sur lui qui sera diffusé au Festival du Film de Fesses samedi 30 juin : Le Murmure de la pivoine. J'avais déjà vu le nom d'Akira Naka mentionné sur l'instagram de Gorgone, mais je n'avais pas suivi le fil à l'époque. Bien sûr, maintenant qu'il a enfin retenu mon attention, je le vois partout. Je dois avouer que c'est vraiment cruel de mettre dans la lumière un documentaire qui n'est trouvable ni en DVD ni en VOD. À défaut, je me suis rabattue sur cette captation d'une prestation datant d'il y a quelques années. Un grand instant de grâce qui prend aux tripes, qui remue, qui émeut, et que je vous conseille vraiment de regarder d'un bout à l'autre sans zapper. 

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Un regard sur l'humiliation

C'est de saison.

S'il y a une question que je ne m'étais jamais posée avant, c'est bien celle de la place de l'humiliation dans mes pratiques BDSM. Est-elle présente ? Est-elle ressentie ? Est-elle recherchée par moi et/ou par mes partenaires ? Et surtout que m'apporte-t-elle éventuellement ? Après une grosse tempête sous mon crâne pour creuser les définitions, les implications et tenter de comprendre, force est de constater que les réponses sont non, non, non et rien. Chou blanc donc, mais il en ressort quand même pas mal de réflexions personnelles sur le sujet que j'avais envie de coucher sur le papier.

Humilier : Faire apparaître quelqu'un (dans tel ou tel de ses aspects) comme inférieur, méprisable, par des paroles ou des actes qui sont interprétés comme abaissant sa dignité. (Définition CNRTL)
L’humiliation érotique est une pratique consensuelle de l'humiliation psychologique dans un contexte sexuel, durant laquelle une personne éprouve un plaisir érotique provenant de sentiments d'humiliation et de soumission. (Définition Wikipédia)
Transgresser : 1) Ne pas respecter une obligation, une loi, un ordre, des règles. 2) Aller au-delà d'une limite. (Définition CNRTL)

Déjà, il me faut préciser ma vision de l'humiliation au sens large. Dans quelques unes de ses formes les plus détestables, il s'agit du sport favori de ceux qui pratiquent le bizutage crasse. C'est aussi l'intention de ceux qui mettent en ligne des photos de femmes nues, qu'elles soient des actrices, des ex, des inconnues qui n'ont rien demandé dans le seul but de les traiter de tous les noms et de les rendre honteuses d'elles-mêmes. Entre autres. La liste est tellement longue. Dans l'humiliation, il y a une volonté de destruction et de rabaissement qui m'insupporte et je n'ai absolument aucun respect pour les cons qui se croient supérieurs et en droit de pourrir la vie des autres. Voilà, ça, c'est dit.

Je considère donc que s'il y a une volonté évidente de m'humilier, alors il s'agit de l'œuvre de quelqu'un de généralement malintentionné qui cherche à se mettre en valeur par contraste ou me remettre à ma supposée place. Mon estime de moi étant plutôt bonne dans son ensemble, je ne vois pas pourquoi elle devrait devenir la cible d'une quelconque agression et, au fil du temps, j'ai mis en place quelques mécanismes de défense contre les personnes qui voudraient me rabaisser volontairement, ou pas (ça arrive). En l'occurrence, soit je dis clairement le fond de ma pensée pour recadrer la personne (ou je garde au chaud pour régler ça en tête-à-tête plus tard), soit je laisse pisser car la personne m'est suffisamment étrangère pour que son opinion m'indiffère profondément et que ça n'ait pas d'impact sur moi. Je croise les doigts pour ne jamais avoir à trouver d'autres parades. Tout cela, c'est bien entendu dans le cadre de la vie quotidienne et j'imagine que nous devons être nombreux à penser pareil.

Sauf qu'il en va aussi de même dans mon BDSM. Plus je me recentre sur mes pratiques en faisant abstraction de celles des autres, plus je personnalise mes expériences en m'extrayant des "il faut" et des "tu dois" et plus je me ressens en rupture avec certains concepts intimement liés à la pratique du BDSM. L'humiliation, en particulier, m'est totalement étrangère, alors qu'elle semble être un levier assez couramment utilisé par les dom' pour faire progresser leur soumise dans leurs pratiques et/ou leur vision d'elle-même. Pour ma part, une volonté trop prononcée de m'humilier (c'est-à-dire que je ressentirais vraiment l'humiliation recherchée) serait interprétée comme une agression et aurait des conséquences négatives sur la relation. Je crois qu'on peut tout à fait parler ici de hard limit.

Pour l'anecdote, il y a quelques années, lors d'un rendez-vous avec un ancien dom', les étoiles étaient particulièrement mal alignées. Du retard d'un côté, un manque de patience de l'autre, un état d'esprit contre-productif au possible chez moi. Un jour sans. Ça arrive. Je l'ai déjà mentionné dans ce post, mais, vraiment, ce jour-là, j'ai supporté la douleur juste pour prouver à tout le monde dans la chambre que je pouvais la supporter. Il n'y a eu strictement aucun plaisir associé. Je peux être une vraie tête de mule parfois. L'accumulation de l'énervement larvé et de l'absence totale de volonté de lâcher prise a poussé ce dom' à faire ce qu'il m'avait fait miroiter une fois et que j'ai senti venir au moment même où il a ouvert la porte de la salle de bain. Traînée par les cheveux jusque dans la cabine de douche, j'ai eu droit à une alternance eau froide/eau chaude pour me forcer à craquer physiquement et mentalement. Entre deux tremblements dus au froid, j'ai fini par dire stop. Jetée sur le lit, il m'a recouvert le haut du corps d'une serviette, y compris la tête, et s'est éloigné. J'ai enfin lâché prise dans le chaud cocon de coton. J'ai sangloté pendant... 2 minutes (?) Peut-être moins. Guère plus. J'ai la sensation d'avoir repris pied très vite, trop vite à son goût. Cette expérience m'a fait réaliser que, psychologiquement, j'avais de bons réflexes, des automatismes. Ça m'a rassurée dans un sens. Lui était, semble-t-il, un peu plus déçu. Il aurait souhaité que le lâcher-prise associé aux larmes se prolonge pour que je fasse enfin le vide et que je me sente mieux. Et peut-être autre chose de non identifié. Mais l'aspect surprenant est venu d'ailleurs. En l'interrogeant pour les besoins de ce post, il m'a confié que c'était la seule fois où il avait eu la volonté de m'humilier. Je ne l'ai pas du tout vécu ainsi une seule seconde. Pour moi, il s'agissait d'une expérience parmi tant d'autres qui m'aident habituellement à me focaliser sur mon corps et mes sensations et court-circuitent mon cerveau. Je ne comprends toujours pas ce qui aurait dû être humiliant. Pas plus qu'une fessée, un crochet anal, des pompes à tétons, me faire traiter de pute ou de chienne durant une levrette, me balader en robe sans culotte avec un plug dans un lieu public, être trainée par les cheveux ou écartelée sur un lit. Inutile de préciser que tout ceci est réservé à des happy few qui se comptent sur le doigt d'une main, je suis encore capable de pudeur :)

Ça fait plus d'une semaine que je me remue les méninges sur le sujet et j'ai fini par réaliser que je ne m'étais jamais retrouvée dans une situation que je jugeais humiliante ; c'est le regard extérieur avec ses propres critères qui pourrait éventuellement la juger comme telle, qu'il s'agisse de l'initiateur ou du public éventuel. Je suppute que, comme j'ai un bon rapport avec mon corps, ma sexualité, mes envies et mes fantasmes, il est plus difficile de jouer sur un quelconque sentiment d'humiliation avec moi, notamment à travers la transgression. Grâce à ma consommation de porno (où j'ai l'habitude de ne pas censurer mon esprit), mes lectures et le temps, j'ai fait le tri entre les oui, non, peut-être et j'ai surtout admis que je pouvais librement fantasmer sur des pratiques que je n'ai pas envie ou que je ne suis pas en mesure de mettre en œuvre dans la réalité, notamment parce que mon corps et ma santé ont leurs limites et qu'il ne s'agit pas de limites qui peuvent être dépassées. Pour le reste, il n'y a que oui, peut-être, envies, motivation et mises en œuvre si les conditions optimales sont réunies. Tout ce qui compte à mes yeux et à ceux de mon partenaire dominant, c'est le plaisir que nous en retirons et l'état de bien-être qui suit. À partir du moment où je consens à me soumettre à mon partenaire, je n'ai pas de problèmes particuliers avec l'image que je vais lui renvoyer dans nos pratiques. Nous ne nous intéressons même plus aux histoires de limites à dépasser et du toujours plus dans la transgression. Les sensations, le plaisir, la plénitude et les shoots d'hormones nous suffisent. Je réalise d'ailleurs, en tapant ces mots, que l'humiliation appartient au domaine de l'intellect, car il faut être en mesure de garder un regard sur soi pour se sentir humilié, et décrocher dans un deuxième temps. Alors que je viens précisément de mettre l'accent sur toute une série de sensations purement physiques. Là est peut-être une piste...

Qu'en est-il des autres ? C'est en lisant ou écoutant les expériences que je mesure le plus les inégalités entre les gens à ce sujet. Ce qui peut paraître anodin pour certains sera le comble de l'humiliation pour d'autres. Il faudrait pouvoir creuser dans la psychologie des dominés pour établir des liens, mais j'imagine qu'intervient ici la déconnexion entre ce que l'on est, ce que l'on voudrait être et l'image que l'on donne à voir aux autres dans les moments de contrôle et les moments de lâcher-prise. J'ai lu çà et là que l'humiliation pouvait être utilisée pour s'apprivoiser soi-même ou apprivoiser ses "peurs". Il s'agit alors de cibler un physique mal assumé ou mal aimé ou d'amener sur le terrain de pratiques jugées comme trop transgressives par le/la dominé(e), mais pourtant désirées.

Pour jouer ainsi avec l'humiliation, il faut, à mon avis, deux choses distinctes. D'un côté, quelqu'un qui ait la volonté d'humilier dans un but précis (une perte de contrôle, le lâcher-prise, une progression, une reconnexion intérieure...) et de l'autre quelqu'un qui y soit réceptif. Au milieu, il s'effectue un transfert de pouvoir. Tu m'humilies parce que je le veux bien et que je te fais confiance pour que ça m'apporte quelque chose. Autant dire que dans le cadre de l'humiliation érotique, le choix du partenaire et le contexte y sont pour beaucoup, car le but est quand même de repartir avec des sensations positives. Si c'est pour rentrer chez soi en se sentant la dernière des merdes, avoir des idées noires et se détester profondément pour ce qu'on vient de faire ou de laisser faire, alors, pour moi, c'est une séance sacrément ratée ou qu'il y a un problème plus profond qui n'est pas du ressors du BDSM.




En complément, voici une longue liste repiquée à Wikipédia sur la page consacrée à l'humiliation érotique

Les aspects verbaux peuvent inclure :
  • Aspect cartoonesque d'un jeu de rôle sexuel entre le soumis masculin et sa maîtresse.
  • Rabaissement en tant que marchandise humaine (prostitué) ou animal (chien), humiliant ainsi l'individu, le forçant à manger de la nourriture pour les animaux et de boire dans une gamelle d'eau.
  • Rabaissement verbal, tel que « esclave », « gamin », « fillette », « jouet ».
  • Insultes et abus verbaux, tels que « gros », « moche », « stupide », « bon à rien ».
  • Références dégradantes, telles que « pute », « salope »…
  • Moquerie des parties du corps ou de l'état psychologique, comme le rabaissement verbal des seins, de l'apparence physique, des organes génitaux, du derrière ou de la façon de marcher, de se tenir.
  • Obtenir la permission des activités quotidiennes telles que dépenser son argent, aller aux toilettes ou manger.
  • Humiliation des seins « trop petits », durant laquelle le physique des seins est rabaissé.
  • Humiliation du pénis « trop petit », durant laquelle le physique du pénis est rabaissé.
  • Répétition forcée, durant laquelle le partenaire dominé est forcé de répéter les gestes que lui ordonne son partenaire dominant.
  • Flatterie forcée, durant laquelle le partenaire dominé est forcé de flatter tout ce que le partenaire dominant décide. Dans ce type d'humiliation, le dominé doit également flatter le physique et la personnalité du dominant.
  • Moquerie, dérision et ridiculisation.
  • Être traité comme un enfant.

Les aspects physiques et tangibles peuvent inclure :

  • Éjaculation faciale, pet, défécation, crachat, gifles ou ondinisme sur le corps du dominé, spécialement sur le visage.
  • Exécution des tâches ingrates ou abusives, telles que nettoyer le sol avec une brosse à dents.
  • Exécution fréquente de services sexuels passifs-agressifs pour le partenaire dominant, tels que le massage érotique, le cunnilingus, l'anulingus, ou la fellation.
  • Contrôle détaillé de tâches ingrates (micromanagement) à exécuter, directions précisées sur la manière de faire son travail ainsi que du comportement.
  • Des rituels spécifiques et d'affection à adopter. Cela inclut un comportement de servitude tel qu'allumer une cigarette, marcher à quatre pattes derrière le dominant, parler une fois l'ordre reçu, obéir et se prosterner devant le dominant lorsque les ordres sont donnés, manger les restes (parfois à même le sol), baisser la tête, ainsi que d'autres variétés de servitude telles que baiser/lécher les pieds, les bottes, l'anus, etc., du dominant pour exprimer la reconnaissance, l'obséquiosité, la honte, ou des émotions positives comme le bonheur ou l'excitation.
  • Liberté de circulation abolie. Cela inclut une suppression totale de liberté de quitter la salle dans laquelle le dominant est présent sans permission, et peut également être interdit de quitter la maison, ou la salle, en général durant le temps d'esclavage ou de servitude.
  • Punitions pour une variété d'« infractions » ou désobéissances, telles que l'ordre d'aller au coin, la flagellation, les coups de fouet, rations réduites ou exercices forcés.
  • Passer au statut inférieur, comme les animaux (chien ou cheval) ou les bébés/enfants en bas âge.
  • Donner la fessée, fouetter, punir et autres activités sadomasochistes telles que le « bondage des testicules et torture du pénis »
  • Prohibitions ou restrictions des vêtements, également en public. Un exemple commun pour les femmes est d'être mandatées sur ce qu'elles portent incluant les bikinis ou la lingerie. Pour les hommes, un sens de l'humiliation particulièrement puissant serait d'être forcé de se femelliser ou de se travestir. Les deux sexes peuvent s'attendre à être complètement nus, portant des objets décoratifs comme les colliers, menottes, etc.
  • L'utilisation de ceintures de chasteté ou autre accessoire restrictifs.
  • Porter des signes externes d'« appartenance », comme un collier.
  • Être assisté des membres de famille, d'amis ou d'étrangers pour assister au mauvais traitement du soumis (humiliation publique).
  • Objectification érotique, dans laquelle le partenaire soumis incarne le rôle d'un objet, tel un trépied.
  • Embarras.
  • Exhibitionnisme du partenaire masculin soumis par sa dominatrice.
  • Pénétration anale forcée du mâle dominé.
  • Cuckolding, incluant un troisième partenaire.
  • Demander la permission d'un orgasme pendant une relation sexuelle ou une masturbation.
  • Forcer le port d'un bâillon et/ou certaines restrictions du corps.
  • Domination financière, dans laquelle habituellement le partenaire soumis (ou « esclave monétaire ») offre des cadeaux ou de l'argent à son dominant. La relation peut également être accompagnée d'autres actes sadomasochistes, mais cela doit être fictif et non intime entre les individus.
  • Masturbation forcée d'une manière humiliante.
  • Les sensations d'humiliation sont habituelles chez les personnes attirées par la clystérophilie.
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Lime-triques

Le Miracle - Roland Topor

En avril dernier, dans ma revue de presse, j'avais pointé vers un article des 400 culs sur les limericks, des poèmes grivois en cinq lignes. Aujourd'hui, je suis tombée par hasard sur toute une série signée Roland Topor. L'envie de les partager était trop forte. Surtout un dimanche.  

Une habitante de Berlin
Aimait baiser avec un nain
Il pénétrait entre ses cuisses
Et circulait dans les coulisses
Depuis le soir jusqu'au matin

A Varsovie une concièrge
Faute de vit usait d'un cièrge
A force de fourbir son suif
Elle se mettait les lèvres à vif
Et rougissait comme une vierge

Une geisha née à Tokyo
Appréciait les amants brutaux
Elle défaillait de jouissance
Lorsqu'ils répandaient leur semence
Sur son corps taillé en morceaux

Une native de Hong-Kong
Etait imbattable au ma-jong
"La fin justifie les moyens"
Disait-elle en offrant ses reins
Polis et lisses comme un gong

Une sportive d'Ottawa
Avait tenté l'étrange exploit
De branler successivement
Tous les soldats d'un régiment
En n'utilisant que deux doigts

Une fillette de Strasbourg
Avait appris à faire l'amour
Sur une table de billard
Elle en gardait les yeux hagards
Et un peu de bleu tout autour

Une putain de Las Vegas
Qui habitait dans un palace
Avait recourt à une astuce
Pour apprivoiser les phallus
Elle illuminait sa conasse

A Brest, tout près de l'arsenal
Vivait une femme bancale
Lorsqu'elle se faisait enculer
Elle basculait sur le côté
Et parfois se faisait très mal

Une habitante d'Amsterdam
Avait un faible pour les dames
Il lui suffisait d'une motte
Pour décharger dans sa culotte
Tant elle avait de vague à l'âme

Une infirmière de Moscou
Se farcissait le con de clous
Puis grâce à quelques embrassades
Elle séduisait un beau malade
Et l'envoyait droit dans le trou

Dans sa cabine du Carlton
La préposée au téléphone
D'un doigt aérien se masturbe
Puisqu'elle a mis "Do not disturb"
Elle se fout qu'on la sonne

Une bourgeoise de Genève
Avait toujours le même rêve
Tandis que son mari dormait
La table de nuit s'animait
Et lui faisait l'amour sans trêve

Une institutrice d'Harvard
Avait du goût pour l'avant garde
Elle avait orné ses muqueuses
De miniatures scandaleuses
Où dominait le vert-moutarde
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Lu ailleurs #26


  • Masculins, est-ce ainsi que les hommes se vivent. Encore une très bonne série documentaire sur France Culture. Quatre épisodes qui reviennent sur les définitions, les constructions et déconstructions, l'éducation et l'être masculin. L'occasion aussi pour moi de copier-coller ici les paroles de la chanson Kid d'Eddy de Pretto que je trouve toujours aussi intelligentes et rafraichissantes. Le chanteur est d'ailleurs interviewé dans le premier podcast et a plein de choses intéressantes à raconter. Dommage que je n'accroche pas à sa musique.
    Tu seras viril mon kid
    Je ne veux voir aucune larme glisser sur cette gueule héroïque
    Et ce corps tout sculpté pour atteindre des sommets fantastiques
    Que seul une rêverie pourrait surpasser
    Tu seras viril mon kid
    Je ne veux voir aucune once féminine
    Ni des airs, ni des gestes qui veulent dire
    Et dieu sait, si ce sont tout de même les pires à venir
    Te castrer pour quelques vocalises
    Tu seras viril mon kid
    Loin de toi ces finesses tactiques
    Toutes ces femmes origines qui féminisent vos guises
    Sous prétexte d'être le messie fidèle de ce cher modèle archaïque
    Tu seras viril mon kid
    Tu tiendras, dans tes mains, l'héritage iconique d'Apollon
    Et comme tous les garçons, tu courras de ballons en champion
    Et deviendras mon petit héro historique
    Virilité abusive
    Virilité abusive
    Tu seras viril mon kid
    Je veux voir ton teint pâle se noircir de bagarres et forger ton mental
    Pour qu’aucune de ces dames te dirige vers de contrées roses
    L'efface, pour de glorieux gaillards
    Tu seras viril mon kid
    Tu hisseras ta puissance masculine
    Pour gonfler cette essence sensible que ta mère
    Nous balance en famille, elle fatigue ton invulnérable Achille
    Tu seras viril mon kid
    Tu compteras tes billets d'abondance
    Qui fleurissent sous tes pieds que tu ne croiseras jamais
    Tu cracheras sans manière dans tous sens
    Des pieds à la terre et dopé de chairs et de nerfs protéinés
    Tu seras viril mon kid
    Tu brilleras par ta force physique, ton allure dominante, ta posture de caïd
    Et ton sexe triomphant pour mépriser les faibles
    Tu jouiras de ta vue d'étincelles
    Virilité abusive
    Virilité abusive
    Virilité abusive
    Virilité abusive
    Mais moi, mais moi, je joue avec les filles
    Mais moi, mais moi, je ne prône pas mon chibre
    Mais moi, mais moi, j’accélérerai tes rides
    Pour que tes propos cessent et disparaissent
    Mais moi, mais moi, je joue avec les filles
    Mais moi, mais moi, je ne prône pas mon chibre
    Mais moi, mais moi, j’accélérerai tes rides
    Pour que tes propos cessent et disparaissent

    Paroliers : Eddy De Pretto / Cédric Janin
  • « Le Journal du Hard », toujours (c)anal : Je suis sûre que ça m'intéresserait beaucoup plus aujourd'hui qu'à l'époque de Vandel, manque de bol, je n'ai pas Canal + et le Tag Parfait est arrivé entre temps.
  • Mon sexe et moi : La chirurgie du sexe pour le pire et pour le meilleur. Avec, pour une fois, une forme de sentiment de justice : à trop accepter d'être sujet aux injonctions, on finit par s'y perdre. 
  • Faut-il réhabiliter le missionnaire du samedi soir ? Sujet un peu vaste pour 40 minutes, mais les remous de la Place des cordes y sont mentionnés par Gala Fur au détour d'une phrase. Elle aurait pu, par contre, s'abstenir de parler de "pratique bisounours" à partir du moment où l'on choisit de pratiquer le shibari habillé dans le cadre d'un atelier sans connotation de soumission, de douleur et sans nudité totale ou partielle. 

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Sensations BDSM

Sensations BDSM


Dans un post intitulé "Vous reprendrez bien une fessée, belle libertine", j'avais abordé les profils des maîtres et dominants que j'avais eu l'occasion de croiser sur les sites de rencontre libertins. J'y distinguais les aguerris souhaitant prendre de la distance avec un milieu parfois trop dogmatique, les débutants essayant de se donner une contenance, les manipulateurs et les chasseurs d'oies blanches. Pour la plupart, ils nourrissaient sans doute l'espoir de trouver une femme curieuse et aventureuse qui pourrait être guidée vers ce type de relations un peu plus facilement qu'une femme expérimentée, plus exigeante et précise dans ses attentes.

En replongeant dans mes brouillons, je suis tombée sur un échange très bref datant de mi-2016 et qui s'était tenu sur un site de rencontre non orienté BDSM. J'avais dû le mettre de côté à l'époque, car il illustrait parfaitement mon propos, mais il arrivait malheureusement plusieurs mois après la publication du post susmentionné.

À LA RECHERCHE DE...

Lui : Je suis à la recherche d'une coquine joueuse souhaitant découvrir les jeux de soumission soft ou plus, mais qui dit femme soumise ne dit pas forcément docile (eh oui, qui dit soumise ne veut pas forcément dire docile), novice de préférence ou déjà initiée. Afin de la guider pas à pas, puis l'aider à franchir les différents paliers pour découvrir les limites sexuelles, cérébrales et physiques... Le but est de lui faire découvrir le plaisir autrement et une tout autre façon de jouir à travers ces fantasmes les plus sombres (si je puis dire), à travers divers scénarios qu'elle n'aurait jamais osé faire pour diverses raisons... Et, dans tous les cas, la recherche perpétuelle de l’épanouissement. Ce que je pratique ? Je ne pense pas agir différemment des autres personnes qui pratiquent. J'aime la cérébralité avec un brin de perversion, j'aime les pratiques sexuelles diverses et variées, j'aime l'obéissance, j'aime l'éducation, l'humiliation avec subtilité, voir ma soumise en d'autres mains, je pratique la dilatation vaginale et anale, les jeux de bougies avec de la cire chaude, la fessée, la cravache, l'exhib, etc. Et j'oublie sans doute pas mal de choses... Par contre, je ne fais pas dans le scato, les aiguilles, le sang. À savoir que je ne suis le maître que d'une seule soumise en appartenance afin de pouvoir me consacrer à 100 % à cette relation, mon expérience du passé m'a montré qu'en avoir plusieurs était une façon de s'éparpiller totalement et surtout de ne plus être totalement capable de mener dans de bonnes conditions la progression de la soumise. Je fais attention à la santé de ma soumise, je ne risque pas sa vie, je l'aide à progresser dans sa soumission sans griller les étapes, ne monte d'une marche que lorsque je la sentirai prête à franchir certaines limites, je ne franchis également jamais la ligne rouge de ses limites totalement interdites. De plus, elle est en droit d'utiliser et d'user à sa guise du code couleur (vert, orange, rouge) ainsi que du safe word.

Moi : C'est le guide du parfait petit maître pour la parfaite petite soumise que vous me décrivez là. Si votre expérience vous fait dire que vous ne pensez pas agir différemment des autres personnes qui pratiquent, il vous manque encore beaucoup beaucoup de nuances dans votre approche. Comme je n'ai jamais 100 % de mon temps à consacrer à une relation, quelle qu'elle soit, ce n'est donc pas ici que vous trouverez votre bonheur. Bonne continuation à vous :)
J'étais visiblement déjà en phase de rébellion contre le protocole.

Ce message a dû être copié-collé des dizaines de fois et envoyé à autant de femmes, mais il a cependant le mérite d'avoir été travaillé (nonobstant les fautes que je vous épargne) et d'énoncer clairement l'offre, en espérant répondre à une demande pas toujours aussi bien formulée et souvent encore de l'ordre du fantasme. De l'importance de tenter sa chance sur un site où il y aura plus de néophytes en la matière que sur un lieu de rencontre BDSM.

Sauf que c'est l'exemple parfait de textes que, personnellement, j'ai croisés de trop nombreuses fois au fil des mois et qui me paraît d'une incroyable banalité et sans personnalité. Surtout quand son auteur dit qu'il ne pense pas agir différemment des autres personnes qui pratiquent (!!!). Ou comment s'inclure dans une soi-disant norme et continuer à la véhiculer par la même occasion en quelques mots tout en comptant sur une vague connaissance de la norme par l'interlocutrice. D'où ma réponse qui vient souligner l'absence totale de nuances dans sa démarche tant c'est propre, totalement impersonnel et sans aspérités sur le papier. Là où l'homme se veut sans doute rassurant en jouant cartes sur table (Je propose quelque chose de subversif, mais je sais ce que je fais, tu seras entre de bonnes mains avec moi, poulette.), il me donne surtout l'impression de vendre une Wonderbox découverte BDSM que j'aurais pu "acheter" auprès d'une bonne dizaine de maîtres passés dans ma boite mail avant lui et qui ne se sont pas plus souciés de lire mon annonce pour trouver une accroche personnalisée. Et si je lis entre les lignes, j'irais même jusqu'à dire que cette proposition est si cadrée qu'elle sert aussi à rassurer son auteur.

Le fait qu'il n'ait pas du tout répondu (même pas un "de même") semble en dire long aussi. Déjà sur le fait qu'il a effectivement dû envoyer son message à beaucoup de femmes en même temps et qu'il s'est uniquement concentré sur les ouvertures possibles. Ensuite, qu'il a peut-être botté en touche me concernant, sentant que les choses ne seraient pas simples. Là-dessus, il a eu du flair. En tout cas, il n'a pas dû trouver son bonheur puisqu'il a supprimé sa fiche assez rapidement. C'est ça de ne pas dire bonjour aussi... 
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Plusieurs possibilités - Les Photographies de John Willie



Moi et ma mémoire des noms... John Willie était pourtant cité dans Bondage. Théorie érotique des cordes et de l'attachement de Magali Croset-Calisto, lu très récemment. Il "était" également dans The Notorious Betty Page sous les traits de Jared Harris, vu il y a plus longtemps, lui, par contre. La preuve :


Même si vous n'avez pas retenu son nom, mais que vous vous intéressez à l'imagerie du bondage à travers le temps, il y a fort à parier que vous avez déjà croisé le travail de John Willie.

De son vrai nom John Alexander Scott Coutts, il officia comme photographe, illustrateur, éditeur, dessinateur et fétichiste au milieu du XXe siècle. Je ne vais pas vous retaper sa bio, Wikipédia fait ça très bien. 

Récemment, un beau projet de crowdfunding s'est posé sous mes yeux et j'ai eu un gros coup de cœur. Au même moment, des connexions se sont effectuées. Le vintage, les tailles de guêpe, les cordes, les contraintes, les talons hauts, les gants très longs, les damsels in distress, les bas, Betty Page, Crepax, Stephane Ory... tout un univers visuel un peu épars qui s'est consolidé tout à coup autour d'une personne. Le pied ! Si je puis dire.

L'ouvrage Plusieurs possibilités regroupe justement plusieurs séries de photographies de femmes habillées, en sous-vêtements ou plus court-vêtues, mais toujours avec des talons très hauts et toutes dans des positions de prisonnières, parfois assez inconfortables : ligotées à un poteau, à une chaise, entravées, les yeux bandés, bâillonnées, suspendues. C'est très esthétique et esthétisé et le travail de composition de Willie derrière chacune d'entre elles saute littéralement aux yeux. Il y a le choix des vêtements et des chaussures que l'on retrouve d'une photo à une autre sur des modèles différents, un même modèle qui ne subira pas les mêmes outrages d'une série à l'autre, les indications que l'on entend presque données sur l'émotion à transmettre à travers le regard (peur, séduction, inquiétude...). Différentes possibilités donc, et une paire de chaussures fétiches.


    


Une dernière parenthèse, car Crepax est tellement fondateur chez moi qu'il me fallait faire un lien, même s'il ne tient qu'à un fil.



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