Paroles de danseuse


Marie-Claude Pietragalla par Pascal Elliott

Extrait de Chambre d'ado du 5 août 2018. 

Christine Gonzalez : Les douleurs ?
Marie-Claude Pietragalla : Les douleurs, oui, c'est au quotidien. Les douleurs, ça vous accompagne tout le temps. Hier, maintenant et certainement après. Et encore plus après. Mais il y a quelque chose qui est au-delà de ça et, si vous trouvez cet état-là, sur scène, de plaisir extrême, de jouissance, de rapport avec le spectateur, de plénitude dans ce que vous êtes en train de raconter, d'osmose avec le personnage que vous incarnez, la technique, l'esthétique, les sentiments, le geste juste, le geste avec du sens qui raconte quelque chose, tout d'un coup, la douleur, elle part. Vous la récupérez après en rentrant dans les coulisses. Mais sur scène, il y a quelque chose, il y a une adrénaline, il y a quelque chose de magique.
[...]
Christine Gonzalez : Mais vous avez intégré la douleur dans votre vie ?
Marie-Claude Pietragalla : Oui, la douleur elle s'intègre, elle s'apprivoise. Alors, il y a des douleurs, il y en a qui sont plus supportables que d'autres.
Intéressante association de mots, je trouve. Sur le moment, ça m'a fait soulever un sourcil en tout cas.
J'avais déjà évoqué la danseuse au sens large il y a deux ans par ici. J'y disais d'ailleurs, parlant de ma propre expérience en la matière : 
Sans parler du rapport à la douleur et à son acceptation. À partir du moment où on monte sur des pointes, on apprend à tolérer la douleur et à sourire les pieds parfois en sang.
Je n'ai par contre jamais éprouvé ni le plaisir extrême ni la jouissance. Faute de réelle implication certainement. 
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L'érotisme exige-t-il du sérieux ?


C'est mon petit plaisir de l'été : naviguer vers d'autres horizons et parfaire mes connaissances en lisant le numéro sexe des Inrockuptibles. J'y découvre toujours plein de trucs. À noter que cette année, il semblerait que le BDSM se glisse un peu partout. Mais passons. J'ai surtout été agréablement surprise d'entrée de jeu. Le magazine s'ouvre sur une série d'interviews courtes de gens que je ne connais pour la plupart même pas de nom (désolée), mais dont certaines réponses auront retenu mon attention. Notamment celles à la question : L'érotisme exige-t-il du sérieux ?

C'est de la pudeur, de la gêne.
J'ai des copains qui en parlent de manière pas sérieuse et ça me sort de ma zone de protection... Il y a une notion de gravité dans le sexe.

Flavien Berger, Les Inrockuptibles, n° 1182.

Flavien Berger met en mots le ressenti que j'ai assez souvent en compagnie d'amis ou de membres de la famille avec qui je ne peux bien sûr pas parler de ma situation assez particulière. (Je rappelle pour les nouveaux lecteurs que mon partenaire de vie préfère que nos arrangements restent discrets.) Je l'ai glissé dans les lignes de ce blog, mais pour moi, le sexe devrait être désacralisé mais pas banalisé. Le graveleux qui se veut décomplexé, surtout sur les réseaux sociaux, et semble dire : "J'ai une vie sexuelle de ouf et j'ai tellement envie de m'en vanter avec subtilité. Le cul, c'est trop de la balle et je suis tellement chaude que je pourrais me faire payer pour tester des sextoys ! *Clin d'œil entendu*", il n'y a rien à faire, ça me braque, ça me bloque, ça me refroidit, je me retiens de lever les yeux au ciel. Résultat : je ne dis rien, je ne réagis pas, je ne like pas, voire je fais en sorte qu'on m'oublie, et je passe sans doute pour la dernière des prudes. Je finis toujours par laisser pisser, parce qu'après tout, ce sont souvent ceux qui en parlent le plus qui en font le moins *Clin d'œil entendu*. Plus sérieusement, je sens juste que nous ne vivons pas les choses de la même façon et que seul ce que je vis compte vraiment. Le sexe, c'est une belle chose et il y a bien plus à en tirer qu'un truc fun qui fait un bon hobby du samedi soir et sert à faire des allusions sans la moindre finesse aux copains et aux copines. 

J'aime l'idée d'un érotisme mutin, mais il faut être très proche et très complice de son partenaire pour espérer avoir ce type de rapports. Encore une fois, on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui !

Clara Luciani, Les Inrockuptibles, n° 1182.

Que dire ? Bien sûr ! Oui, oui, oui, mille fois oui. C'est ça le top pour moi et c'est bien ce qui rend les nouvelles rencontres si compliquées maintenant. Établir la base de cet état d'esprit entre deux (ou plus) personnes prend du temps. J'adore être chipie, faire des blagues sous la ceinture au quinzième degré pour titiller l'esprit de mon partenaire, être tellement en phase avec quelqu'un qu'un seul regard résume quinze phrases hautement cochonnes. En plus, avec un peu de chance, ça déstabilise et ça fait rougir l'autre. Alors oui à l'érotisme mutin et sérieux ! :)

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Lu ailleurs #27


AKIRA NAKA PERFORMANCE @ Madrid 2014 COMPLETE PERFORMANCE from Zor Neurobashing Films on Vimeo.

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